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Le message politique des joueurs argentins a fait beaucoup de bruit

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Le président argentin Javier Milei a dit jeudi comprendre les joueurs de l’équipe nationale qui ont déployé une banderole revendiquant l’appartenance des Malouines à l’Argentine après la demi-finale contre l’Angleterre, mais a renouvelé un appel à ne pas mélanger football et politique.

Le ressenti sur les îles Malouines, archipel britannique de l’Atlantique sud revendiqué par l’Argentine, « est un sentiment qui habite tous les Argentins, et il est parfaitement licite et valide qu’ils (les joueurs) veuillent l’exprimer », a déclaré le chef de l’État sur la radio El Observador.

En 1982, l’archipel avait été envahi par l’armée argentine, puis repris par les Britanniques après 74 jours de conflit armé qui avait fait 649 morts côté argentin et 255 côté britannique.

« Pour autant, je ne crois pas que cela doive donner lieu à de mauvaises interprétations, ou mal comprendre certaines questions. Un match de soccer est un match de soccer. C’est ainsi que l’a compris l’entraîneur (Lionel Scaloni), c’est ainsi que l’ont compris les anciens combattants », a-t-il souligné en référence aux déclarations d’apaisement des derniers jours qui cherchaient à dissocier le match du contentieux territorial.

« Effectivement, les Malouines sont argentines, et nous allons les récupérer, a assuré Javier Milei, mais nous allons le faire sur le plan diplomatique avec de l’intelligence dans notre action. »

Il a souligné les « avancées énormes » réalisées pas sa diplomatie si bien que « l’ONU oblige l’Angleterre à venir s’asseoir pour discuter avec nous ».

Mercredi, à l’issue de la demi-finale remportée contre l’Angleterre (2-1), des joueurs argentins avaient déployé une banderole proclamant « les Malouines sont argentines ».

La banderole, portée par plusieurs joueurs de l’Albilceleste puis posée sur la pelouse, semble contrevenir au règlement de la FIFA, qui interdit toute manifestation politique dans une enceinte lors des tournois qu’elle organise.

Selon des médias argentins, la banderole était une improvisation, le jour du match, de part d’un groupe de supporteurs argentins présents à Atlanta, a partir d’un drap de leur hôtel.

Selon le témoignage, sous couvert d’anonymat, d’un membre du groupe au média en ligne Infobae, ils ont déployé la banderole en tribune. Puis dans les dernières minutes du match, alors qu’elle avait été repérée par un agent de sécurité, ils s’en sont débarrassés en la lançant sur la pelouse. C’est là que des joueurs l’ont récupérée, après le coup de sifflet final.

« Ne mélangeons pas »

Le gouvernement britannique a demandé une enquête de la FIFA sur le déploiement de la banderole. Le ministre britannique des Entreprises et du Commerce, Peter Kyle, a estimé qu’il s’agissait d’une « violation flagrante » du règlement.

« Peut-être la Coupe du monde n’est pas à nous, mais les îles le sont définitivement », a lancé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.

Javier Milei, dans une interview peu après le match, avait paru prendre ses distances avec action des joueurs.

« Ne mélangeons pas les choses. Les Malouines se récupèrent avec une diplomatie avisée et non avec des gestes de patriotisme bon marché », avait-il déclaré sur Radio Mitre, sans se référer spécifiquement au geste des joueurs.

En Argentine, le centre des ex-combattants des îles Malouines de la ville de La Plata (est) a salué la victoire : « Merci aux joueurs, au staff technique et aux collaborateurs. Les Malouines sont argentines, comme vous ».

« Le sport ne change jamais l’histoire, mais il aide parfois à apaiser des émotions qui restent très vives », a écrit l’ancien combattant Omar De Felippe.

La Fifa enquête

La Fifa a annoncé jeudi être en train de se pencher sur l’affaire du déploiement sur le terrain par des footballeurs argentins d’une banderole proclamant que « les Malouines sont argentines », le Royaume-Uni exigeant une enquête approfondie et le président argentin disant pour sa part comprendre ses joueurs.

Archipel britannique situé à 600 km des côtes argentines, les Malouines, appelées Falkland en anglais, demeurent un sujet sensible dans les relations entre Londres et Buenos Aires, qui continuent de se disputer leur souveraineté.

En 1982, une guerre avait éclaté entre les deux pays à la suite de l’invasion argentine de l’archipel. Les forces britanniques avaient repris les Malouines après 74 jours de combats qui avaient fait 649 morts côté argentin et 255 morts côté britannique.

Mercredi, après leur victoire 2-1 face à l’Angleterre à Atlanta, aux États-Unis, des joueurs argentins avaient déployé sur la pelouse une banderole proclamant que “les Malouines sont argentines”, en violation apparente du règlement de la Fédération internationale de football (Fifa) qui interdit toute manifestation politique dans une enceinte lors des tournois qu’elle organise.

« Conformément à la procédure habituelle, la Commission de discipline indépendante de la Fifa examine actuellement les rapports de match et évalue les circonstances pertinentes avant de se prononcer sur d’éventuelles mesures supplémentaires, conformément au code disciplinaire », a réagi l’organisme jeudi.

« L’un des principes fondamentaux de la Coupe du monde est que la politique n’a pas sa place dans le football. Cette question relève désormais de la Fifa. J’attends de la Fifa qu’elle mène une enquête minutieuse », avait auparavant déclaré le ministre britannique des Entreprises et du Commerce, Peter Kyle.