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ATLANTA, États-Unis - Il y aura un drôle de match sur le banc dimanche en finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ : l’Espagnol Luis de la Fuente (65 ans) défie un de ses anciens élèves, l’Argentin Lionel Scaloni (48 ans) qui, comme lui, a balayé le scepticisme initial et réveillé un géant endormi.
Les deux sélectionneurs partagent une histoire commune, un parcours similaire, certains traits de caractère aussi, et les voilà opposés sur la plus grande scène mondiale, dimanche au MetLife Stadium.
Leur premier point de rencontre, c’est l’Espagne.
Scaloni y a joué une dizaine d’années (Deportivo, Santander, Majorque) et il habite encore là-bas avec son épouse, l’Espagnole Elisa Montero, et leurs enfants. Et c’est dans ce pays, aussi, qu’il a passé ses diplômes d’entraîneur, avec Luis de la Fuente parmi ses formateurs, en 2017.
« En plus de l’avoir eu comme professeur lors de mon cursus d’entraîneur, j’entretenais avec Luis une relation particulière parce que, franchement, j’apprécie sa proximité et sa façon d’être. Le destin a voulu que, aujourd’hui, nous nous retrouvions en finale », en a souri l’Argentin, mercredi après la demi-finale renversante contre l’Angleterre (2-1).
Le tacle de Maradona
Malgré son maigre CV d’entraîneur, l’ex-défenseur a su transformer une équipe d’Argentine au moral abîmé, abonnée aux finales perdues, en une machine à gagner (Mondial 2022, Copa America 2021 et 2024).
À son arrivée en 2018, l’ancien adjoint de Jorge Sampaoli n’a aucune expérience d’entraîneur principal en club et sa nomination, en intérim, fait lever quelques sourcils. « Un super gars mais il ne peut même pas diriger la circulation », lâche même l’icône nationale, Diego Maradona.
« Au départ, il a été assez critiqué, parce qu’il arrivait aussi avec peu de bagage, disaient certains, mais il a eu “la mauvaise fortune” d’être champion d’Amérique et du monde avec l’Argentine », s’en amusait De la Fuente durant l’Euro 2024. « C’est un grand entraîneur, une belle personne et un excellent gestionnaire de groupe. »
Comme Scaloni, l’Espagnol a dû lutter pour dissiper les doutes entourant sa nomination à la tête de la Roja, après le Mondial 2022 et le départ de Luis Enrique.
« Dimanche, désolé... »
S’il était relativement méconnu du grand public, la fédération espagnole (RFEF) le connaissait en revanche par coeur.
Car cet homme au caractère affable, dont la seule expérience comme entraîneur principal a duré onze matches (en D2 à Alaves en 2011), a en effet intégré dès 2013 les structures de la RFEF après avoir entraîné les équipes de jeunes du Séville FC et la réserve de l’Athletic Bilbao.
Les dirigeants ont eu le nez creux. Luis de la Fuente a remporté l’Euro avec les U19 en 2015, puis avec les Espoirs en 2019. De nombreux finalistes du Mondial figuraient d’ailleurs dans cette dernière équipe, à l’instar de Fabian Ruiz, Dani Olmo, Mikel Oyarzabal ou encore Mikel Merino. Et tous ces joueurs étaient de l’aventure durant l’Euro 2024, remporté en finale contre l’Angleterre.
Il est donc celui qui a mis fin à une longue disette pour la Roja, sevrée de trophées depuis la génération dorée de l’incroyable triptyque Euro 2008-Mondial 2010-Euro 2012.
L’Espagnol, également vainqueur de la Ligue des nations en 2023, va affronter Scaloni pour la première fois, dimanche. Les deux hommes auraient dû se faire face durant la « Finalissima », en mars à Doha, mais la rencontre a été annulée à cause de la guerre au Moyen-Orient.
« Il a dirigé sa sélection de manière remarquable, cela me fait vraiment plaisir pour lui », a déclaré mercredi l’Argentin, déjà tourné vers la finale. « Tout le monde sait que je vis en Espagne et que j’ai de la famille espagnole. Mais dimanche, désolé, nous allons tout faire pour les battre! »





