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L’Italie rejette l’idée de remplacer l’Iran

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Les responsables sportifs italiens affirment que l’Italie, quadruple championne de la Coupe du monde, n’est pas intéressée par l’idée de remplacer l’Iran lors de la prochaine édition du prestigieux tournoi de soccer masculin, suite à une suggestion en ce sens formulée par un responsable de l’administration Trump.

L’Iran ne s’est pas retiré de la Coupe du monde — l’équipe se prépare actuellement à jouer aux États-Unis, malgré la guerre au Moyen-Orient — et la FIFA a insisté pour que ses matchs de la phase de groupes se déroulent comme prévu en juin en banlieue de Los Angeles et à Seattle.

Le ‘Financial Times’ a rapporté que Paolo Zampolli, l’envoyé spécial américain pour les partenariats mondiaux, avait suggéré cet échange au président Donald Trump et au président de la FIFA, Gianni Infantino.

«Tout d’abord, ce n’est pas possible. Ensuite, ce n’est pas une bonne idée», a déclaré jeudi le ministre italien des Sports, Andrea Abodi.

Alors que l’Iran figurait parmi les premières équipes à se qualifier pour la Coupe du monde, l’Italie a manqué le rendez-vous pour la troisième édition consécutive, ce qui a entraîné la démission de son sélectionneur et du président de la fédération nationale de soccer.

Luciano Buonfiglio, président du Comité olympique italien, qui chapeaute tous les sports en Italie, a également rejeté l’idée de prendre la place de l’Iran.

«Je me sentirais offensé, a mentionné Buonfiglio. Il faut mériter d’aller à la Coupe du monde».

Le ministre italien des Finances, Giancarlo Giorgetti, a qualifié cette idée de «honteuse».

Zampolli fait depuis longtemps partie de l’entourage de la famille Trump, ayant présenté Melania Knauss, alors jeune femme, à Donald Trump lors d’une soirée de la semaine de la mode de New York, en 1998. Il publie régulièrement sur les réseaux sociaux des messages sur ses rencontres avec Infantino, qu’il surnomme le «roi du soccer». L’année dernière, Trump l’a nommé envoyé spécial pour les partenariats mondiaux.

«Je suis d’origine italienne et ce serait un rêve de voir les ‘Azzurri’ participer à un tournoi organisé par les États-Unis. Avec quatre titres à leur actif, ils ont le palmarès nécessaire pour justifier leur inclusion», a déclaré Zampolli au FT.

En mars, le ‘New York Times’ avait rapporté que Zampolli avait contacté un haut responsable de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’informant que la mère de son enfant se trouvait illégalement dans le pays, alors que les deux étaient en conflit pour la garde de celui-ci. Elle a finalement été expulsée.

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. Son groupe de travail sur la Coupe du monde, rattaché au département de la Sécurité intérieure, a déclaré n’avoir aucun commentaire à faire. La FIFA n’a pas non plus souhaité s’exprimer.

L’ambassade d’Iran à Rome a dénoncé les propos de Zampolli dans un message publié sur X.

«Le soccer appartient au peuple, pas aux politiciens, a écrit l’ambassade. L’Italie a acquis ses lettres de noblesse sur le terrain, et non grâce à des manœuvres politiques. La tentative d’exclure l’Iran de la Coupe du monde ne fait que montrer la ‘faillite morale’ des États-Unis, qui craignent même la présence de 11 jeunes Iraniens sur le terrain.»

Le statut de l’Iran à la Coupe du monde, qui commencera en juin, est source de débats et d’inquiétudes depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des attaques militaires contre le pays en février.

En mars, Trump a dissuadé l’Iran de participer au tournoi, invoquant des raisons de sécurité.

La FIFA a toujours affirmé que l’Iran respecterait le calendrier de la Coupe du monde décidé en décembre dernier, et a refusé de négocier toute proposition visant à déplacer les matchs de l’équipe au Mexique, coorganisateur de l’événement.

Un porte-parole du gouvernement iranien a déclaré mercredi que l’équipe nationale masculine se préparait à une «participation fière et triomphale» à la Coupe du monde de 2026.

L’Iran a obtenu l’une des huit places garanties attribuées à la Confédération asiatique de soccer pour la Coupe du monde. Si l’Iran se retirait, en théorie, son remplaçant devrait être les Émirats arabes unis, l’équipe asiatique la mieux classée qui ne s’est pas qualifiée.

Un élément d’incertitude réside dans la formulation du règlement de la Coupe du monde.

La FIFA a indiqué qu’elle pouvait décider de remplacer une équipe «par une autre fédération», sans toutefois préciser si la formation remplaçante devait provenir de la même confédération continentale.

Andrew Dampf et Graham Dunbar, The Associated Press