C’est 116 jours après le tirage au sort de la Coupe du Monde que les Canadiens ont connu l’identité du dernier pays à les rejoindre dans le groupe B.
Au grand dam des supporters italiens, c’est la Bosnie-Herzégovine plutôt que la Squadra Azzurra qui affrontera l’Unifolié le 12 juin à Toronto. La tâche sera-t-elle plus facile pour les hommes de Jesse Marsch? Oui et non.
Mobiliser la nation
Sportivement, les Bosniens poseront un sérieux casse-tête au Canada. On n’élimine pas le Pays de Galles et l’Italie dans la même semaine par accident.
Si l’avantage n’est pas net sur le terrain, il le sera beaucoup plus dans les estrades.
Ce n’est pas par hasard que Jesse Marsch a pris la peine d’envoyer un message aux italo-canadiens le weekend dernier. Son appel à déchirer et brûler les maillots bleus pour inonder le BMO Field de rouge trahissait une certaine appréhension.
La seule chose qui est pire que ne pas avoir l’avantage du terrain est de ne pas avoir l’avantage du terrain chez-soi. Marsch était bien conscient qu’un match face aux Italiens était potentiellement un cadeau empoisonné. Un peu comme la visite de Messi au Stade Saputo, on risquait d’avoir un nombre important de supporters « adverses » pour diluer le support local.
L’influence de la foule est un facteur non négligeable pour un pays hôte. Ce n’est donc pas une mauvaise nouvelle d’affronter la Bosnie-Herzégovine plutôt que l’Italie. Il sera plus facile de mobiliser la nation dans le but d’atteindre la ronde éliminatoire pour la première fois de son histoire.
Mobiliser le groupe
En attendant l’annonce des listes finales en vue de la Coupe du Monde à la fin mai, les internationaux sont rentrés dans leurs clubs respectifs au cours des derniers jours.
L’action reprend cette fin de semaine aux quatre coins de la MLS. Le CF Montréal jouera le dernier d’une séquence de six duels sur la route avant son match d’ouverture au Stade Saputo le 11 avril.
N’ayant récolté que trois points sur une possibilité de quinze, le XI Montréalais a lui aussi un travail de mobilisation à faire. Ivan Jaime et Samuel Piette en sont les deux morceaux les plus importants.
Il y a moins de deux mois, Jaime se disait 1000% certain que le club exercerait son option d’achat cet été. Il a peut-être perdu quelques points de pourcentage en se voyant remplacé avant l’heure de jeu lors du dernier match. Un match où les Montréalais se sont écroulés en fin de rencontre, malgré l’avantage d’un homme.
Au risque de me répéter, à moins de contre-performance ou de pépin physique majeur, le seul joueur désigné du club doit occuper un rôle central dans les plans du coach et passer un maximum de temps sur le terrain.
Dans le cas de Piette, c’est la première fois en 9 ans qu’il est laissé de côté du XI partant quatre fois de suite alors qu’il est en santé. Si Donadel croit véritablement que l’équipe est meilleure sans le Québécois de 31 ans, les résultats devront rapidement appuyer sa théorie. Si tel est le cas, il y aura un vide de leadership à combler, car la parole de Piette n’aura plus la même portée si son temps de jeu est à ce point limité.
Pour l’heure, les prétendants à ce rôle de leader sont peu nombreux à Montréal.
L’épreuve du temps
Le temps passe, mais les questions subsistent. Au cours des deux dernières semaines, on m’a questionné sur le marquage man to man de Donadel au téléphone, à RDS et à BPM Sports. On m’en a aussi parlé à quelques reprises à l’événement Patrice Bernier et ses amis. En toute honnêteté, j’ai peu de réponses.
L’urgence commence à se faire sentir pour démontrer que cette approche peut mener à quelque chose. Pour l’heure, beaucoup d’inconvénients et de trop rares avantages.
Sur papier, une telle philosophie défensive peut fonctionner. Dans les faits, j’ai l’impression qu’on déploie plus d’énergie à empêcher l’adversaire de jouer, qu’à jouer soi-même. De l’extérieur, j’ai aussi l’impression qu’on envoie un message au groupe qu’on ne croit pas véritablement en sa capacité à compétitionner.
Nous verrons samedi si les deux dernières semaines ont permis d’apporter certains ajustements.






