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Un ancien premier ministre espagnol est critiqué pour avoir déclaré que l’équipe de France participant à la Coupe du monde « ne compte aucun joueur français », une remarque que les dirigeants français et espagnols ont qualifiée de raciste.
Mariano Rajoy, membre du Parti populaire, un parti conservateur espagnol, a tenu ces propos dans une tribune publiée dans le journal espagnol El Debate quelques jours avant la demi-finale de la Coupe du monde qui opposera mardi les deux voisins européens.
« Ils ont remporté tous les matchs qu’ils ont disputés lors de cette Coupe du monde et occupent actuellement la première place du classement de la FIFA. Ils disposent également d’un effectif exceptionnellement solide. Cela dit, s’il y a bien une chose qui leur manque, ce sont des joueurs français », a écrit M. Rajoy le 10 juillet.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré lundi à la chaîne française BFMTV qu’il s’agissait de « propos pathétiques ».
« Une bonne fois pour toutes, la France n’a pas de couleur de peau, a-t-il soutenu. Toute affirmation contraire relève de la bêtise, du racisme ou d’une combinaison des deux. »
La veille, le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, avait écrit sur X que les propos de M. Rajoy comportaient « des relents de racisme intolérables », ajoutant qu’ils soulevaient des questions sur « le détestable climat qui génère de tels remugles ».
« Nos joueurs n’ont aucun certificat de nationalité à recevoir d’un ancien premier ministre espagnol. L’équipe de France est l’équipe de la France », a-t-il tranché.
Le gouvernement socialiste espagnol au pouvoir a rapidement condamné les propos de M. Rajoy, qui a occupé le poste de premier ministre de 2011 à 2018.
Dimanche, le premier ministre Pedro Sánchez a fait référence à ces propos sans nommer son prédécesseur, en écrivant sur X : « Il y a ceux qui mesurent encore l’appartenance à une nation par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau. D’autres la mesurent à nos racines dans un pays et à notre volonté d’y contribuer. En jouant au soccer. En prenant soin de nos aînés. Ou en créant des entreprises. La France, rendez-vous en demi-finales. Que le meilleur gagne et que le racisme perde. »
La France affrontera l’Espagne, mardi, à Dallas (15 h sur RDS).
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s’est également exprimé lundi, affirmant que le chef du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, devait se distancier de ces propos.
Ce n’est pas la première fois que l’équipe de France est confrontée au racisme lors de cette Coupe du monde.
Celeste Amarilla, sénatrice du Parti libéral radical authentique du Paraguay, avait publié une série de commentaires sur X se moquant des origines, de l’éducation, de la formation et de l’apparence du joueur français.





