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Les Roses n’ont pas oublié la glissade de l’an dernier

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LAVAL – On allait parler d’un dérapage. Marinette Pichon nous devance en utilisant le terme « capoter ». L’idée est la même des deux côtés : la saison dernière, les Roses ont commencé à voir leur saison leur glisser entre les doigts dans la deuxième portion du calendrier.

La première mouture de l’équipe montréalaise de la Super Ligue du Nord (SLN) était sortie de terre de manière impressionnante. Au 1er août, elle n’avait perdu que trois de ses douze premiers matchs. Mais dans les trois mois suivants, elle s’était enlisée avec un dossier de 4-6-3. Elle avait été la dernière équipe qualifiée pour les éliminatoires et en avait été expulsée en perdant 6-1 contre Toronto au total de deux matchs.

À l’entraînement mercredi matin, ces souvenirs se sont naturellement invités dans les conversations. Invitées à dresser le bilan de leur première moitié de saison, tant Noémi Paquin que Hailey Whitaker, des Roses de la première heure, ont fait allusion à la pente glissante sur laquelle elles avaient perdu leur équilibre il y a un an.

Pour elles, il n’y a pas de comparaison à faire entre la toile qui a été peinte en 2025 et ce qui est sur le chevalet à mi-parcours en 2026.

« L’an passé on était bonnes, mais je pense que des fois c’était un peu de la chance aussi, estime Paquin avec le recul. Des fois on souffrait en fin de match tandis que cette année, c’est un peu différent. Je trouve qu’on est vraiment solides, on contrôle le jeu et on peut aussi avoir les résultats. »

À la veille de leur affrontement contre l’AFC Toronto au Stade Boréale (RDS, 19h), les Roses occupent le deuxième rang du classement de la SLN. Avec encore 13 matchs à jouer, elles n’ont besoin que de trois victoires pour égaler leur total de l’an dernier.

L’attaque marche à un train d’enfer. Elle a déjà produit 24 buts, une marque qu’elle n’a atteint que le 13 septembre la saison dernière. Elle n’a aussi accordé que 11 buts, le point de référence à l’échelle de la ligue.

Ça ne veut pas dire que tout a été parfait. Entre le 30 mai et le 25 juin, l’équipe de l’entraîneur Robert Rositoiu n’a récolté que deux points sur une possibilité de douze. Mais depuis, elle a signé trois gains consécutifs par un pointage cumulatif de 8-1.

« Ça me dit qu’on voit déjà des améliorations comparativement à l’année passée », interprète Whitaker.

« Quand on commence un nouveau projet avec de nouvelles personnes, tu as malheureusement besoin de ces moments-là, note Rositoiu en faisant référence au dégonflement de 2025. Tu peux aussi ne pas les connaître, mais éventuellement tu les connaîtras. Et je pense que quand tu les vis, il ne faut pas trop paniquer. »

« Je me rappelle très bien que l’année dernière, il y avait des moments où on ne gagnait pas et on jouait mal, mais il y avait des moments on ne gagnait pas et on jouait bien. Il y a des moments où Il fallait changer des choses, mais d’autres moments où il fallait ne rien changer et rester très forts. Et c’est très difficile à faire dans ce sport parce que naturellement on est influencés par les résultats. Mais c’est ce que j’ai appris : parfois, il faut rester forts. »

Un recrutement qui rapporte gros

À l’entraînement, Whitaker remarque une assiduité et une minutie qui faisaient peut-être défaut au sein du groupe par le passé.

« Par exemple, il y a des moments dans le tiers offensif où nos passes manquent de précision ou la qualité de nos touches fait défaut. Alors on met vraiment l’accent sur ces aspects quand c’est le temps de les travailler plutôt que de se dire : ‘Oh, la prochaine fois ça sera mieux, la prochaine fois ça sera mieux’. »

Il y a une corrélation directe à faire entre ce que nous appellerons la professionnalisation du groupe et l’arrivée importante de renforts depuis le mercato hivernal. Au bilan de fin de saison, l’automne dernier, la directrice sportive avait baissé les attentes en soulignant la faible marge de manœuvre dont elle bénéficiait pour améliorer son effectif.

Le virage qu’elle a su effectuer dans ces circonstances est spectaculaire. Les arrivées d’Elyse Bennett, Lisa Pechersky, Evelyn Badu et plus récemment Mimi Alidou ont donné de l’éclat au groupe de titulaires et muni l’équipe d’une impressionnante profondeur.

« Ça a été beaucoup de discussions, beaucoup d’écoute auprès de joueuses qui devaient avoir un gros impact sur le club et qui finalement n’en avaient pas pour des raisons vraiment spécifiques, explique Marinette Pichon. L’important dans tout ça, c’est de rester la plus ouverte possible et d’avoir cette transparence avec les joueuses quant à ce qui est le mieux pour elles, mais aussi pour l’intérêt sportif du club aussi, parce que j’ai des objectifs à atteindre. »

Aujourd’hui, Pichon constate que la « rigueur et la détermination » de son équipe d’architectes rapporte.

« Les nouvelles joueuses qui sont arrivées ont vraiment élevé le niveau de compétition à l’interne, approuve Whitaker. Dans certaines équipes, ça pourrait être vu comme quelque chose de négatif, mais ici, ça a fait en sorte que tout le monde a atteint un autre niveau. Tu travailles plus fort à l’entraînement et dans les matchs parce que tu veux le bien de l’équipe, bien sûr, mais aussi parce que tu ne veux pas perdre ta place. »

« L’an dernier, les équipes n’étaient pas nécessairement construites encore. Je pense qu’on a eu de la misère, mais cette année avec les nouvelles acquisitions, on a juste augmenté le niveau de jeu et je pense que ça se voit sur le terrain, ajoute Paquin, dont les minutes sont directement menacées par l’arrivée d’Alidou. On a dit qu’on allait jouer ensemble et ça va super bien. »

Il y a bientôt un an, les Roses avaient aussi été secouées par le départ inattendu de l’attaquante Latifah Abdu. Whitaker, une amie proche de la dissidente, admet que sans avoir été la cause principale des problèmes de l’équipe, la saga avait été une distraction. « Ça a pris plus longtemps que ça aurait dû avant que ça ne nous affecte plus et une fois qu’on est passées à autre chose, il était un peu trop tard. »

C’est un rappel que l’harmonie peut être fragile au sein d’une équipe et que les succès d’aujourd’hui ne doivent jamais être tenus pour acquis.

« C’est de bon augure, mais tout reste à faire, se méfie Rositoiu. On sait que tout peut aller très vite dans cette ligue. »