Tenant du titre à New York, le no 3 mondial Carlos Alcaraz a dû s’employer vendredi contre le Chinois Wu Yibing (113e) mais s’est malgré tout hissé en huitièmes de finale des Internationaux des États-Unis.
Vainqueur 6-3, 6-4, 6-1, le septuple lauréat de tournois majeurs n’a que trop rarement fait ressentir sur le court l’écart de classement avec son adversaire, très solide de fond de court.
L’Espagnol de 23 ans, qui dispute à New York son premier tournoi depuis une blessure au poignet droit contractée en avril, a laissé échapper un bris d’avance dans chacune des deux premières manches, alternant tout au long du match entre cris de soulagement et rugissements de dépit.
Dans le troisième set, l’ex-no 1 mondial a encore concédé deux balles de bris dès le premier jeu. Après avoir sauvé sa mise en jeu, le Murcien a pris le service de Wu pour mener 3-1 et filer vers la victoire.
Auteur de fautes directes inhabituelles chez lui, notamment en coup droit, Alcaraz a malgré tout réussi à gagner en trois sets, contrairement au tour précédent où il avait concédé la première manche au Portugais Jaime Faria (72e).
Après avoir affronté trois adversaires classés hors du top 70, le huitième de finale programmé dimanche contre l’Américain Tommy Paul (21e) aura valeur de test pour la deuxième tête de série du tournoi, dans un US Open sans favori évident.
Vainqueur du dernier US Open, des Internationaux d’Australie en janvier avant de manquer Roland-Garros et Wimbledon à cause de sa blessure, Alcaraz a aligné vendredi une 17e victoire d’affilée en Grand Chelem, la meilleure série de sa carrière même s’il reste loin du record de Novak Djokovic (30 victoires de suite entre Wimbledon 2015 et 2016).
Tsitsipas élimine Lehecka et accède à une 1re ronde des 16 à N.Y.
Le Grec Stefanos Tsitsipas a disposé d’une tête de série en la personne du Tchèque Jiri Lehecka (no 18), 2-6, 6-1, 7-6 (7/3), 6-1, et poursuit jusqu’en huitième de finale son beau parcours new-yorkais, une première.
Tombé au-delà de la cinquantième place mondiale (53e), l’ancien n°3 mondial atteint ce stade en Grand Chelem pour la première fois depuis plus de deux ans (Roland-Garros 2024).
Les débats avaient plutôt mal démarré pour Tsitsipas, breaké deux fois d’entrée et sous le joug du service puissant du Tchèque.
Il laissait filer rapidement la première manche, mais se reprenait tout de suite derrière, comme métamorphosé.
Après un deuxième tour en dents de scie, Tsitsipas retrouvait le fil du jeu qui lui a permis de créer la surprise en ouverture face au Français Arthur Fils, lundi.
Solide sur son service mais aussi en retour, le double finaliste en Grand Chelem a semblé maîtriser son sujet.
Il a multiplié les longs échanges avec Lehecka, soudain moins à l’aise dans ce registre. Parfois dominateur, le Grec n’a commis que huit fautes directes sur les deuxième et quatrième sets, quasiment devenus des formalités.
Au milieu s’est glissée une manche plus disputée, lors de laquelle chacun s’est rangé derrière son service.
Mais là encore, au bris d’égalité, Tsitsipas a fait dans le chirurgical, montant à 6-1, pour s’octroyer la manche sur un retour de Lehecka dans le filet, sous les vivas du public.
« Je n’ai jamais eu droit à ces encouragements à New York, les gars, s’est enthousiasmé l’intéressé lors d’une interview sur le terrain. Vous êtes phénoménaux. Quelle belle soirée électrique. »
Le Grec a salué l’apport récent de l’entraîneur Patrick Mouratoglou, qui a rejoint son équipe en remplacement de son père Apostolos, son coach historique dont il s’est séparé en juin.
Thomas Perrin, membre de la structure de Mouratoglou, suit à présent Tsitsipas au quotidien.
« Nous sommes en train de créer une magnifique atmosphère », s’est félicité Tsitsipas.
Medvedev également en ronde des 16
Le Russe Daniil Medvedev (7e) a éliminé le Français Arthur Rinderknech (29e), 6-4, 6-4, 6-4, et s’est lui aussi qualifié pour les huitièmes de finale, un stade qu’il n’a pas encore dépassé cette saison en Grand Chelem.
Au prochain tour, il affrontera Frances Tiafoe, tombeur de Valentin Vacherot, 6-4, 6-2 et 6-4.
Tiafoe, 11e tête de série, a récolté sa 40e victoire depuis le début de l’année. Il a signé les quatre bris du match et s’est imposé en deux heures contre Vacherot, 23e à l’ATP. Tiafoe s’est rendu deux fois en demi-finale à Flushing Meadows.
Rinderknech a pourtant bien abordé la rencontre, en brisant au sixième jeu du premier set, pour partie grâce à quatre fautes directes de Medvedev.
L’ancien joueur du circuit universitaire américain a pratiqué un tennis volontaire, se présentant régulièrement au filet et cherchant à bouger le Russe.
« Ça a été un début difficile », a reconnu Medvedev après son succès.
Mais d’un seul coup, la belle mécanique a semblé se gripper. À 4-2 après son bris, Rinderknech a immédiatement perdu sa mise en jeu.
Son tennis légèrement déréglé, le Français s’est montré moins dangereux à la volée et sa recherche des lignes s’est soldée plus souvent par des balles dehors.
Sans étinceller, Medvedev a su tenir les échanges pour empocher les quatre derniers jeux du set (6-4).
« J’avais l’impression d’être tout le temps là où il fallait, a raconté le Russe. Je me déplaçais bien. Je retournais bien. J’ai été bon dans un moment important. »
La suite a ressemblé à cette fin de première manche. Rinderknech est resté actif, avec pas moins de 35 montées au filet sur le match (23 points).
Mais la finition a fait suffisamment souvent défaut (41 fautes directes au total) pour que le finaliste du Masters 1000 de Shanghaï 2025 perde le contrôle de la partie.
Capable de conserver ses engagements malgré un service en délicatesse (53% de premières balles passées), Medvedev a été chercher un bris dans chacun des deux derniers sets pour faire la décision.
L’ancien numéro un mondial a évoqué le rôle du vent, qui soufflait fort sur le court. « Ça nous a gêné tous les deux sur certains coups, a-t-il expliqué, mais je crois que lui a eu un peu plus de mal que moi parce que son jeu est plus en puissance. »





