Les adieux en Grand Chelem attendront: le vétéran français Gaël Monfils a célébré ses 40 ans mardi en se qualifiant pour le deuxième tour des Internationaux des États-Unis grâce à sa victoire contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo (60e), de 18 ans son cadet.
L’ancienne 6e raquette mondiale, aujourd’hui 311e, s’est imposé 2-6, 6-1, 6-2 et 6-0 pour devenir le troisième quadragénaire à remporter un match à New York dans le tableau masculin après l’Australien Ken Rosewall (42 ans en 1977) et l’Américain Jimmy Connors (40 ans en 1992).
A quelques semaines de sa retraite après le Masters 1000 de Paris, les New-Yorkais se sont pressés pour assister aux dernières heures du showman dans sa deuxième ville de coeur.
L’histoire d’amour entre « La Monf » et le public du Queens ne date pas d’hier: il y a eu son parcours sans perdre un set jusqu’en demi-finales en 2016, battu par le Serbe Novak Djokovic.
Ou encore ce match épique en 2014, lorsqu’il mène deux sets à rien contre le Suisse Roger Federer, se procure deux balles de match dans le quatrième set avant de céder finalement dans le cinquième en 3 h 20 minutes.
Dans le stade Louis-Armstrong, le deuxième dans la hiérarchie à Flushing-Meadows, le Parisien est entré comme une rockstar, sous les cris des spectateurs, dont le vacarme n’a pas cessé du match.
Il n’était pas rare de voir des drapeaux tricolores, des pancartes à l’effigie du joueur, dont une sur laquelle était inscrite une revisite de la célèbre citation du boxeur Mohamed Ali « Vole comme le papillon, pique comme Monfils » (Float like a Butterfly, sting like a Monfils).
Absent puis intouchable
« Je pense avoir beaucoup travaillé sur le court et en dehors pour être le meilleur possible mardi. Je ne veux pas bien jouer, mais très bien jouer », avait promis Monfils avant le tournoi.
Pourtant, le lauréat de 13 titres individuels sur le circuit a complètement manqué son début de match, passif au retour et trop imprécis sur ses coups, sans doute pris par l’enjeu.
Il a finalement cédé la manche en un peu plus de 35 minutes sur un coup droit trop appuyé. Mais « La Monf » a rectifié le tir dès la deuxième manche, au cours de laquelle il a été bien plus entreprenant et en réussite, à l’image de ce revers foudroyant long de ligne qui a ravi le public du Queens.
Mené 5 jeux à rien, Vallejo a complètement disparu, lui aussi spectateur des coups gagnants de son adversaire qui haranguait la foule, la main sur les oreilles pour réclamer encore plus de bruit.
Le scénario s’est répété dans les deux manches suivantes. Monfils a brisé vite et s’est montré bien plus efficace sur ses jeux de service que le Paraguayen (79% de points gagnés en première contre 57%).
Le Parisien n’a même pas laissé une miette à Vallejo dans le dernier set, conclu par un beignet, un jeu blanc et un as, la totale.
En guise de remerciements, le stade lui a souhaité un joyeux anniversaire, en chanson. « Vous êtes vraiment un public incroyable, vous rendez l’atmosphère électrique à chaque fois. On en garde pour le tour suivant », s’est réjoui Monfils après le match.
New York aura donc droit à une date supplémentaire du vétéran français, contre l’Américain Learner Tien (15e), pour faire durer encore un peu le plaisir de son baroud d’honneur en Grand Chelem.




