Lauréate samedi à Wimbledon de son premier titre du Grand Chelem à 21 ans, la Tchèque Linda Noskova est une joueuse au service redouté sur le circuit, soucieuse de cultiver d’autres types d’engagements en dehors du tennis.
Contrairement à d’autres joueuses plongées dès leur plus tendre enfance dans l’univers de la petite balle jaune, la droitière née près de la frontière slovaque le 17 novembre 2004 s’est mise en douceur au tennis.
« Mes parents ont commencé à y jouer pour le plaisir », racontait-elle vendredi après sa victoire en demi-finales contre l’Ukrainienne Marta Kostyuk (13e).
« Quand ils s’y sont mis, je courais dans tous les sens sur le terrain et j’essayais simplement de copier ce que mes parents faisaient. Puis le tennis est devenu un passe-temps. J’imagine que c’est comme ça que j’en suis arrivée là », souriait Noskova deux jours avant sa première finale en Grand Chelem.
Natation, cyclisme, athlétisme : « J’avais beaucoup de passe-temps. J’ai bien fait de choisir le tennis », a ajouté cette joueuse dont l’apparente timidité cache un humour malicieux.
Un exemple de ses intérêts variés : à la fin de la saison 2025, la Tchèque au nez orné d’un piercing a fait une semaine de bénévolat dans une école de Zanzibar (Tanzanie), « un rêve de longue date ».
« Amoureuse de la nature »
« Ce voyage m’a rappelé combien nous sommes fortunées », a insisté Noskova, qui avait amassé avant Wimbledon près de 6 millions de dollars de gains en tournoi depuis ses débuts professionnels en 2019 (soit 5,25 millions d’euros).
La future no 7 mondiale aimerait d’ailleurs refaire « dans les prochains mois ou les prochaines années » du bénévolat « en lien avec la nature ».
« J’ai grandi dans un petit village, tout près d’une forêt. Je suis une amoureuse de la nature (...) et quand j’aurai fini ma carrière, je suis sûre de vouloir m’impliquer dans une activité liée à l’environnement », a précisé Noskova, qui était montée sur un autre front en janvier, en dénonçant sur Instagram les « imbéciles » qui harcèlent les joueuses en ligne après une défaite.
Mais dans le temple du tennis, ses multiples engagements ont moins marqué les esprits que son engagement tout court.
« Elle a servi à un niveau insensé », l’encensait jeudi Marta Kostyuk après sa défaite 6-4, 6-4. « Je suis une bonne relanceuse mais je n’ai pas pu faire grand-chose. »
« J’ai tout essayé. Mais elle servait vraiment bien », concédait deux jours plus tôt la Belge Elise Mertens (27e), éliminée 6-3, 7-5 en quarts de finale.
Vaincue 6-4, 7-6 (7/2) par Noskova en huitièmes, l’Américaine Madison Keys (22e) reconnaissait d’autres atouts à la Tchèque.
« Elle est très bonne au filet, elle a de la variété (dans ses frappes, NDLR), j’ai trouvé certaines de ses amorties particulièrement réussies... Elle sait un peu tout faire, ce qui la rend très dangereuse, en particulier sur cette surface » propice à la créativité, détaillait la gagnante des Internationaux d’Australie 2025.
Son service, « l’outil le plus puissant »
Lauréate de son premier titre sur dur, à Monterrey (Mexique) en 2024, Noskova a effectivement pris une autre dimension sur gazon, où elle a remporté en juin le tournoi de Berlin avant de triompher à l’All England Club.
« Je travaille mon service depuis plusieurs années et il m’a beaucoup aidé dernièrement, a affirmé Noskova à Wimbledon. Sur gazon ou sur dur, le service est l’outil le plus puissant qui soit », puisque « ce qui se passe sur mes jeux de retour n’est pas toujours contrôlable », théorise-t-elle.
Durant l’enfance, « tous les tournois me semblaient identiques, je n’avais aucune idée du caractère unique » de Wimbledon, a reconnu la troisième lauréate tchèque en quatre ans à Londres.
Mais en 2024, à 19 ans seulement, Noskova a perdu sa mère juste avant le début du tournoi.
Un drame sur lequel la Tchèque ne s’est guère exprimée durant la quinzaine, alors qu’elle se dit elle-même « pas la plus à l’aise » dans de grandes assemblées.
Le monde du tennis « attend de nous que nous répondions à des obligations, que nous nous montrions en société, que l’on rencontre des sponsors... Je ne veux pas me laisser absorber par tout cela », tranche Noskova.





