On l'attendait depuis longtemps, cette première semaine d'activité dans la Ligue de Football Universitaire du Québec (LFUQ). Et même s'il est beaucoup trop tôt pour essayer de tirer quelque conclusion qui soit, on peut déjà affirmer que certaines choses ne changent pas. Il y a des équipes qui savent gagner et d'autres pour qui c'est pas mal plus difficile.

Ainsi, le Rouge et Or de l'Université Laval, les Carabins de l'Université de Montréal et les Stingers de l'Université Concordia ont tous remporté leur premier duel. Ces trois formations-là sont les seules à avoir atteint la finale de la Coupe Dunsmore, au cours des sept dernières années.
Ça n'a pas été facile pour les Carabins, jeudi soir. Le Vert & Or a même pris les devants pour la première fois du match avec moins de cinq minutes à faire au match. Et au Coulter Field, les Stingers ne faisaient absolument rien, en début de rencontre. En face d'eux, des Gaiters de Bishop's qu'on disait plus expérimentés que jamais.

Au final, l'UdeM et Concordia ont tout de même trouvé le moyen de gagner. Tout comme le Rouge et Or. Mais ça, c'est autre chose.

Retour sur une première fin de semaine intéressante, qui laisse présager une saison 2010 plutôt relevée. Que bueno, no?

Carabins 33 / Vert & Or 29 - jeudi 2 septembre 19h, CEPSUM

C'était la toute première rencontre de la saison, et il y avait de l'ambiance. C'est le moins que l'on puisse dire. Le Vert & Or voulait absolument profiter de son tout premier match pour conjurer la malédiction qui s'abat sur l'équipe depuis 2008. En remportant un match à l'étranger dès le début de la saison, la troupe d'André Bolduc aurait pu tourner la page sur l'horrible fiche d'une seule victoire contre huit revers amassée sur les terrains adverses, depuis 2008. Au contraire, lorsque le porteur Vincent Pelletier-Bouchard a inscrit le touché décisif pour les Carabins, avec un peu plus de deux minutes à faire au cadran, le ciel a semblé tomber sur la tête des joueurs du Vert & Or.

«Pas encore…»

Mais les Verts n'ont personne d'autre qu'eux à blâmer pour leur échec. S'ils avaient commencé à jouer dès le début du match, ils n'auraient pas eu à combler un écart de 21 points aussi tôt dans la rencontre. Comme le reste de son équipe, le quart-arrière de cinquième année Jean-Philippe Shoiry n'a pas connu une grande première demie, lançant deux interceptions dont une dans la zone des buts. Sur le jeu, il faut donner le crédit au vétéran demi de coin Jean-Gardy Clermont qui a été chercher le ballon au point le plus haut, malgré ses cinq pieds et huit pouces, contre un receveur décidément plus grand que lui.

Shoiry a terminé la rencontre avec des gains de 285 verges et deux passes de touché. De l'autre côté, c'était le début de l'ère Alexandre Nadeau-Piuze, chez les Carabins. L'ancien quart vedette du Phénix d'André-Grasset n'a certes pas été éblouissant, mais les fans des Carabins peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Avec un porteur de ballon étoile pour l'épauler en la personne de Rotrand Sené, avec Frank Bruno comme receveur de premier plan à qui lancer le ballon et avec une ligne offensive qui est en mesure de le protéger, Nadeau-Piuze n'a qu'à exécuter correctement ce qu'on lui demande de faire, et surtout minimiser les erreurs. Ça n'a pas été parfait, mais il a affiché une belle présence sur le terrain. On a l'impression que les joueurs autour de lui sont en confiance, quand il est dans le caucus. Et ça, c'est important.

Plusieurs journalistes ont parlé de cette victoire comme d'une surprise, alors qu'à mon sens la logique a plutôt été respectée. Avec un nombre impressionnant de blessures, notamment parmi les secondeurs et les joueurs de ligne offensive, les Carabins ont prouvé qu'ils pouvaient compter sur beaucoup de profondeur. Et malgré le départ de plusieurs gros noms en défensive, l'unité a démontré beaucoup de caractère. Voilà des signes encourageants pour Marc Santerre et son équipe d'entraîneurs.

Stingers 17 / Gaiters 14 - samedi 4 septembre 19h, Coulter Field

On disait de cette rencontre qu'elle mettait aux prises des Gaiters plus expérimentés que jamais, et des Stingers très jeunes, voire en reconstruction. Ce qu'on retenait surtout, c'est la confrontation entre deux quarts de cinquième année, soit Jesse Andrews pour Bishop's et Robert Mackay pour Concordia. Et il suffit d'analyser la performance des deux passeurs pour comprendre l'allure du match.

L'homme habillé en mauve a amassé de meilleures statistiques. Mais celui de bourgogne vêtu a commis moins d'erreurs, et s'est surtout sauvé avec la victoire. Robert Mackay a complété moins de 50% de ses passes pour les Stingers, il a amassé moins de 200 verges de gain et il s'est fait rabattre au sol cinq fois avant d'avoir pu se départir du ballon. Mais il n'a lancé aucune interception. De son côté, Jesse Andrews a connu un bon match avec ses 21 passes complétées sur 35 tentatives et 263 verges de gain. Mais il a lancé deux interceptions, dont celle qui a été fatale, au début du troisième quart.

Les Mauves se trouvaient en bien mauvaise position, et le secondeur central des Stingers Max Caron a d'abord fait dévier la passe d'Andrews, avant d'attraper le ballon alors qu'il était déjà dans la zone des buts adverse. Ce «retour» d'interception sur 0 verge pour le touché portait la marque à 17-7 en faveur des Stingers. Une avance qu'ils auront réussi à garder jusqu'à la fin du match.

La rencontre était la toute première de Benoit Groulx dans son nouveau rôle de coordonnateur offensif à Bishop's. L'ancien quart vedette du Rouge et Or aurait certes préféré une victoire, mais on a déjà senti la touche de Cool Ben, au sein de cette attaque qui risque d'être divertissante, cette saison. Ce n'est pas tant au niveau des points marqués ou des verges gagnées qu'on a vu une différence. Mais samedi soir, Jesse Andrews a complété au moins une passe à pas moins de neuf receveurs différents. Cette manie de distribuer le ballon était l'une des marques de commerce du numéro 8, à Laval, et si Andrews peut continuer d'apprendre de son nouveau mentor, le quart de cinquième année devrait connaître une saison fort intéressante.

Pour les Stingers, on retient surtout que la défensive a réussi à ne pas flancher au quatrième quart. Avec un pointage de 17-14 et quinze minutes à jouer, il aurait été facile de s'écraser dans les derniers instants de la rencontre. Mais non. Et réussir à conserver une faible avance à l'étranger ce n'est jamais une tâche facile. Mais l'équipe concordienne a réussi, et elle commence donc sa saison par une belle victoire.

Rouge et Or 50 / Redmen 9 - dimanche 5 septembre 14h, PEPS

Bon, à première vue une victoire à sens aussi unique du Rouge et Or contre les Redmen n'est pas une très grande surprise. Mais dans une rencontre comme celle-ci où l'issue était déjà écrite dans le ciel, il ne faut pas s'attarder au pointage. Ce dont il faut se rappeler, c'est qu'au moment où les deux équipes ont retraité au vestiaire pour la demie, la marque n'était que de 10-2 en faveur des septuples champions en titre. Surtout, les hommes en rouge ne semblaient pas avoir de complexe face au Rouge et Or et à ses 13 000 bruyants spectateurs. Menés par un jeune quart-arrière qui jouait avec l'aplomb d'un vétéran, les Redmen étaient dans le match.

Jusqu'au moment où le ciel leur est tombé sur la tête. À la suite d'une vilaine collision avec l'ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon, le quart Jonathan Collin est resté étendu au sol pendant plusieurs minutes. On a appris quelques jours plus tard que la recrue par excellence au Québec en 2009 a subi une déchirure ligamentaire au genou gauche et que sa saison était fort probablement terminée. C'est dommage. Pour le principal intéressé, d'abord. Dommage pour les Redmen qui voient leur leader tomber au combat aussi tôt dans la saison. Dommage pour la ligue, également. Lorsqu'il a dû embarquer sur le terrain en remplacement de Collin, Ryne Bondy avait plus l'air d'un gamin qui cherchait sa maman que d'un quart prêt à faire gagner son équipe. Pas très encourageant pour le reste de la saison…

Du côté du Rouge et Or, les vétérans ont pris les choses en main. Le quart-arrière Bruno Prud'homme a été somme toute convaincant lui qui en était à son premier départ à vie comme passeur au niveau universitaire. Il faut dire que l'ancien des Élans de F.X. Garneau est très bien épaulé. Le receveur Julian Feoli-Gudino (7 catchs, 85 verges, un touché) et le porteur Sébastien Lévesque (20 courses, 147 verges, deux touchés) ont semblé en grande forme, ce qui n'est pas bon signe pour les autres équipes. En défensive, on a beaucoup aimé l'énergie amenée par le nouveau venu Arnaud Gascon-Nadon. Avec un sack et trois plaqués pour pertes, le numéro 45 a donné raison à son entraîneur-chef Glen Constantin qui l'a encensé durant le camp d'entraînement. Sinon, ils n'ont pas amassé de statistiques particulièrement impressionnantes, mais le secondeur Samael Lavaud et le demi de sûreté Jonathan Laliberté ont été dominants tout au long de la rencontre.

En bref

Gardez un œil sur l'ailier défensif Élie Ngoyi des Gaiters de Bishop's. L'ancienne vedette des Cougars de Champlain-Lennoxville a amassé 2,5 sacks du quart, et il devrait terroriser les passeurs adverses tout au long de la saison. Le colosse qui est listé à six pieds deux pouces et 255 livres allie une rare combinaison de vitesse, de puissance et de grosseur. Un animal, qu'ils disent.

Le receveur Alexandre Poirier, du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke semble prêt pour une grosse saison. Avec ses 11 catchs, 153 verges de gain et un touché, il semble réellement être devenu le receveur de prédilection du quart-arrière Jean-Philippe Shoiry. Comme dans ses belles années avec les Vulkins de Victoriaville, le numéro 77 a démontré une belle facilité à trouver le trou dans la défensive des Carabins, en plus d'être une menace constante lorsqu'il a le ballon dans les mains. Probablement le meilleur receveur sherbrookois depuis un certain Samuel Giguère.

On a beau dire que le début de rencontre a été plus serré que prévu entre les Redmen et le Rouge et Or. Reste néanmoins qu'au niveau des verges totales, Laval a eu le dessus 573 à 181. Plus ça change plus c'est pareil…