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« Il faut se rappeler de mon nom » - Tatiana Aholou

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Tatiana Aholou

La spécialiste du 100 m haies Tatiana Aholou a heurté la toute première haie des qualifications jeudi, aux Jeux du Commonwealth de Glasgow. Blessée à un genou, la Québécoise n’a pas abandonné, si bien qu’elle s’est qualifiée pour la finale et s’est classée sixième en soirée.

Aholou a franchi la ligne d’arrivée de cette finale avec un chrono de 12,86 s pour conclure une journée remplie de défis à ses premiers grands Jeux.

Tout a commencé avec cette première haie qu’elle a accrochée de sa jambe droite en qualification, avant d’en frapper une autre, la sixième, un peu plus loin.

« Ça ne m’arrive jamais, j’ai un très bon départ habituellement, a assuré Tatiana Aholou, en entrevue avec Sportcom. J’ai essayé de ne pas tomber en mode panique pour me rattraper. Même si je n’allais pas gagner ma vague, je voulais vraiment me qualifier. »

La Lavalloise de 25 ans était soulagée lorsqu’elle a vu la lettre Q inscrite en minuscule à côté de son nom, indiquant qu’elle accédait à la finale malgré tout. Elle allait toutefois devoir soigner son genou droit qui saignait à l’arrivée.

« Je suis allée voir le médecin tout de suite pour traiter le tout. J’ai travaillé avec l’équipe d’Athlétisme Canada pour bien gérer ça, désinfecter, mettre de la glace et des bottes de compression. Ça m’agaçait un peu en arrivant en finale. C’est quand même difficile, tu te sens bien le matin, tu frappes une haie et tu as une grosse bosse sur le genou. Il faut tenir le coup et bien courir quand ça compte. »

La championne canadienne se sentait en confiance en se dirigeant vers le couloir numéro 1, en préparation pour la finale. Elle avait la conviction qu’elle avait sa place aux côtés de certaines des filles les plus rapides au monde, dont la Nigérienne Tobi Amusan, championne en titre des Jeux du Commonwealth et détentrice du record du monde, ainsi que la Jamaïcaine Megan Simmonds, médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo. Ou encore Devynne Charlton, des Bahamas, triple médaillée d’or au 60 m haies des Championnats du monde intérieurs.

Le mercure indiquait 10 degrés Celsius à Glasgow et Tatiana Aholou n’avait jamais participé à une compétition dans des conditions aussi froides. Dans ces circonstances, elle est satisfaite de sa performance.

« Je voulais me battre pour un top-5, je pense que j’en ai un peu plus en moi. Je suis un peu déçue de mon temps, mais personne n’a été vite et en termes de performance, d’expérience acquise, je suis vraiment contente. »

Devynne Charlton l’a emporté en 12,33 s, suivie de la Jamaïcaine Megan Simmonds (+0,08 seconde) et de Tobi Amusan (+0,27 seconde). Seulement deux centièmes de seconde ont privé Aholou de la cinquième place.

« Ça me montre que je mérite ma place. Je commence à faire ma marque au niveau international. Aux Championnats canadiens, j’ai démontré que j’étais la fille à battre au Canada. En venant aux Jeux du Commonwealth, je voulais prouver que je pouvais courir avec les filles les plus rapides au monde. »

« La prochaine fois, je vais savoir mieux m’adapter aux conditions froides, aux blessures et à l’adversité. Ce sont de bonnes leçons à retenir et ça me donne de la confiance. Je progresse chaque année et je vais continuer à cumuler de l’expérience internationale. »

Aholou reviendra à la maison après un séjour de trois semaines en Europe. Elle sera ensuite des nouveaux Championnats d’athlétisme Ultimate en septembre. Éventuellement, la médaillée d’argent des Championnats panaméricains souhaite se qualifier pour les Championnats du monde de 2027 et abaisser le record canadien de sa discipline. Évidemment, les Jeux olympiques de Los Angeles sont aussi dans sa ligne de mire.

« Il faut se rappeler de mon nom, lance-t-elle en guise de conclusion. J’essaye de laisser ma marque au niveau québécois et au niveau canadien dans les haies. Il faut que les gens commencent à se souvenir de moi. Je sais que je l’ai dans les jambes. »