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Une flamme difficile à éteindre pour Aumont

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« C'était une expérience hors pair »

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« Contre les États-Unis, c'était un mauvais match au mauvais moment »

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« On a du talent en masse au Québec »

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MONTRÉAL – « Le petit kid de baseball qui vit en toi, c’est extrêmement dur d’éteindre cette flamme-là », a confié Phillippe Aumont qui a touché bien des gens en effectuant un retour sur le monticule à 37 ans durant la Classique mondiale de baseball.

Fermier depuis six ans, Aumont a troqué sa vie rurale pour une quatrième participation à cet événement diffusé partout sur la planète.

Même s’il est difficile de trouver plus terre à terre que lui, Aumont a eu besoin de laisser retomber la poussière après l’adrénaline vécue durant l’excitant parcours du Canada.

« Tu reprends ton train de vie quotidien avec la famille, les amis, la ferme, le travail et plusieurs autres projets alors que j’étais un peu retourné dans mon enfance et ma première carrière où, on ne se le cachera pas, tu n’as pas énormément de responsabilités », a-t-il mentionné au RDS.ca.

Sans oublier que le téléphone a sonné.

« C’était pour la Ligue au Mexique. Mais, malheureusement, je n’irai pas m’aventurer là-dedans avec ma famille. Pas avec notre belle situation politique en Amérique. Sinon, ce serait probablement une bonne occasion. Je vais passer mon tour là-dessus », a dévoilé Aumont qui avait gardé la porte ouverte à un retour au baseball professionnel.

En quarts de finale, le Canada a manqué de magie pour renverser les États-Unis. Toutefois, quelques jours plus tard, le Venezuela a réussi le tour de force que le Canada visait pour mériter le championnat.

« On ne se cachera pas que probablement 90 % de la planète, dont moi, prenait pour le Venezuela. C’était comme un conte de fées de voir le Venezuela être capable de venir à bout de la grosse machine américaine », a réagi le lanceur droitier.

Avec les hauts et les bas traversés durant sa carrière sur les monticules, Aumont a cheminé psychologiquement.

Il réalise que sa sortie (deux points mérités en un tiers de manche) contre les États-Unis a compliqué la tâche du Canada qui s’est incliné 5 à 3.

« C’est sûr que je suis capable de me regarder dans le miroir et me dire que je n’ai pas fait le travail que j’aurais dû faire. Ce jour-là, il me manquait juste une balle courbe dans la zone des prises qui aurait fait la différence pour moi. Ce sont des choses qui arrivent, c’est plate que ce soit arrivé à ce moment crucial. Mais je vis avec, tout le monde doit vivre avec, les entraîneurs doivent vivre avec leurs décisions aussi. C’est dommage d’avoir perdu ce match et probablement être un peu dans la faute », a convenu Aumont.

Avant cette prestation moins réussie, Aumont avait rendu de fiers services au Canada. Il était venu confirmer la victoire face à la Colombie. Cela dit, les papillons ont plutôt surgi pour le match préparatoire contre les Phillies de Philadelphie.

Par une coïncidence fascinante, le Canada affrontait son ancienne organisation. Sa performance parfaite en sixième manche lui a permis, en quelque sorte, de boucler une boucle.

« J’ai été étonnamment surpris de la façon que je me suis senti. Mais avant le match contre les Phillies, je n’ai pas nécessairement bien dormi la nuit précédente. Je faisais un retour contre l’organisation où j’ai joué mon gros baseball et on sait tous que Philadelphie, ce n’est pas une place qui te lance des fleurs », a avoué Aumont qui a conservé sa franchise rafraîchissante.

Le Québécois est parvenu à se plonger dans le bon état d’esprit pour cette aventure. Il lançait le défi aux frappeurs de montrer ce qu’ils peuvent faire contre un vétéran de 37 ans. Sans avoir bénéficié d’une saison morte dédiée au baseball, Aumont avait raison d’être fier que ça se soit bien passé dans l’ensemble.

Comblé d’avoir inspiré ses deux filles

Cette expérience au sein de l’élite canadienne et mondiale a actualisé ses grandes connaissances de baseball.

« Depuis que j’ai pris ma retraite (en 2020), le baseball a énormément évolué. C’était vraiment intéressant d’écouter les conversations des gars pour découvrir comment ils abordent leur entraînement et les matchs notamment avec les statistiques avancées. Je me sentais extrêmement vieux dans tout ça. Ce sont les informations que je vais retenir davantage pour les employer dans les leçons que je donne à des jeunes en Outaouais », a noté Aumont, se disant choyé.

Le récit d’Aumont en est un de résilience et d’amour du baseball. Voilà pourquoi sa présence, à 37 ans, a fait vibrer de nombreux partisans.

« Dans la vie, il y a des obstacles partout. Il faut juste persévérer et avoir la motivation de les affronter au lieu de les contourner. Tant que personne ne me dira que « c’est assez », je vais possiblement continuer », a suggéré Aumont.

Sa plus grande fille, celle de six ans, lui a prouvé qu’il avait visé dans le mille en persévérant.

« Ce qui compte, c’est la famille et la joie que mes petites filles puissent me voir dans cette compétition, surtout à la télévision. Pour elles, c’est quelque chose de gros. Elle m’avait dit ‘Papa, un jour, moi aussi je veux compétitionner à la télévision et je veux gagner une médaille d’or aux Jeux olympiques. Quand ça sort de la bouche d’un enfant de six ans, ça n’a pas de prix. C’est énorme de voir une petite fille les yeux grands ouverts comme ça », a confié Aumont qui a apprécié le support reçu de tout le Québec.

Phillippe Aumont avec sa famille Phillippe Aumont avec sa famille (Phillippe Aumont)

D’ailleurs, le Québec était magnifiquement représenté avec Abraham Toro, Otto Lopez, Édouard Julien et Antoine Jean pour accompagner Aumont.

« On entend, qu’au Québec, on a de la misère à placer nos joueurs. Mais ils ont élevé leur rendement sur la scène internationale. C’est un beau moment pour le Québec, ils ont été une force pour le Canada. Ça peut juste être une source de motivation pour le Québec. »

—  Phillippe Aumont

Aumont a été charmé par le potentiel du jeune lanceur gaucher, Antoine Jean.

« On a eu une belle connexion, il est top. Il a plein de talent et je suis certain qu’il a absorbé les informations des autres joueurs. Sa carrière débute, ce sera son premier camp d’entraînement avec les Rockies. Ça va être magique pour lui », a conclu Aumont qui a vanté l’apport des entraîneurs Russell Martin et Denis Boucher.