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Déclic à Toronto, des lanceurs en feu et un espoir québécois en pleine ascension

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Un grand chelem pour la victoire!

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Compte complet - Les temps durs perdurent

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COLLABORATION SPÉCIALE

Beaucoup d’action dans le baseball majeur ces temps-ci, et pas seulement du côté des résultats. Entre un moment clé qui pourrait relancer les Blue Jays, des lanceurs tout simplement dominants un peu partout, et un espoir québécois qui continue de faire sa place parmi l’élite... il y a beaucoup de choses à surveiller.

Et justement, commençons à Toronto, où un seul élan pourrait bien avoir changé le ton d’une saison...

Un grand chelem qui tombe à point

Daulton Varsho a frappé mercredi soir le cinquième grand chelem mettant fin à un match dans l’histoire des Jays. Honnêtement, ça ne pouvait pas arriver à un meilleur moment. Les Rays étaient si près de balayer une autre série contre Toronto. Est-ce que ce circuit sera l’élément déclencheur qui remettra cette attaque sur les rails et permettra à l’équipe de retrouver ses repères?

Il y a de ces victoires in extremis qui font tourner le vent dans le vestiaire, qui transforment la synergie d’une équipe — on passe de « on n’est pas chanceux » à « OK, on fonce ». On espère que ça permettra à Vladimir Guerrero de retrouver sa puissance. Guerrero soutire sa bonne part de buts sur balles et de simples, mais il est surtout payé pour produire avec puissance au cœur de l’attaque.

Aucun doute, il s’élance beaucoup moins sur des tirs hors de la zone des prises, mais là aussi, ça ne se traduit pas en puissance lors de comptes favorables. En fouillant dans les différentes données, on remarque que Vlad n’a pas la même constance lorsqu’il frappe la balle sur le baril du bâton. Il existe une statistique qui calcule la qualité du contact sur le bâton et l’angle de frappe afin d’optimiser la puissance d’un frappeur, appelons-la ici le pourcentage de barils :

SaisonPourcentage de baril (9 %)CircuitsMoyenne de puissance
202692,372
202514,223,467
202413,830,544
202311,126,444
202211,432,480
202115,148,601

Autrement dit, Vlad s’élance à la même vitesse, mais il est simplement un peu plus menotté. Surtout, il frappe la balle davantage au sol que par le passé, ce qui explique ces résultats. Le tableau est assez révélateur! Selon moi, tout ça laisse croire que Guerrero saura retrouver sa puissance, puisque l’ajustement nécessaire pour relancer ses chiffres n’est pas si complexe pour un frappeur de sa trempe.

Espérons simplement qu’il sera en mesure de faire ces ajustements plus tôt que tard. Les Jays ont besoin de sa puissance!

Des lanceurs impressionnants

Je sais que les séries du Canadien de Montréal monopolisent une bonne partie de notre attention ces temps-ci, mais pendant que le hockey nous offre tout un spectacle, il se passe aussi quelque chose de très spécial au baseball. Depuis le début de la saison 2026, plusieurs lanceurs offrent un rendement tout simplement exceptionnel.

Paul Skenes, des Pirates, a déjà flirté à deux reprises avec un match sans point ni coup sûr jusqu’en septième manche. De son côté, Shohei Ohtani, qui semble accorder un peu plus d’importance à son travail au monticule (même s’il compte tout de même sept circuits et un MPP de ,796), affiche une minuscule moyenne de points mérités (MPM) de 0,82 en sept départs. C’est, de loin, la meilleure moyenne du baseball majeur, à égalité avec une moyenne de coureurs par manche (MCM) tout aussi impressionnante de 0,82. Des chiffres complètement fous.

D’ailleurs, seulement deux lanceurs font encore mieux au chapitre du MCM : Skenes, avec un exceptionnel 0,64, et Cam Schlittler, des Yankees, qui poursuit une ascension fulgurante parmi les meilleurs lanceurs du baseball avec un taux de 0,81.

À Toronto, Dylan Cease connaît une première saison du tonnerre avec sa nouvelle équipe. Il domine la Ligue américaine pour les retraits sur des prises avec 75 en 52,1 manches, tout en maintenant une solide moyenne de points mérités de 2,41.

Et il y a aussi ces histoires qu’on ne voyait pas venir. Davis Martin, des White Sox, choix de 14e ronde en 2018 et aujourd’hui âgé de 29 ans, s’impose parmi les meilleurs. Il se classe au deuxième rang des lanceurs partants du baseball majeur pour le WAR, derrière Jose Soriano des Angels, avec une valeur de 2,6.

Parmi toutes ces performances, difficile de ne pas s’arrêter à Jacob Misiorowski, des Brewers. Il combine puissance et contrôle comme on en voit rarement. Il mène les majeures avec 80 retraits sur des prises en 50,1 manches, en plus d’afficher une moyenne de coureurs par manche de 0,90.

À son dernier départ, il a retiré les 14 derniers frappeurs à lui faire face. Et comme si ce n’était pas suffisant, ses 91e, 92e et 93e lancers du match ont tous dépassé les 100 mi/h — 102, 102 et 103. L’an dernier, certains avaient critiqué sa sélection au match des étoiles après seulement cinq départs. Disons qu’en 2026, avec un tel répertoire et un tel rendement, les critiques sont beaucoup plus silencieuses, sinon inexistantes.

La saison est encore jeune, mais mine de rien, le quart est déjà derrière nous. Si ça continue comme ça, on ne parlera pas seulement d’une bonne cuvée de lanceurs… mais peut-être d’une saison historique. On s’en reparle à la mi-saison.

Charles Davalan dans le top-100

Charles Davalan, de Saint-Bruno, en banlieue de Montréal, appartient aux Dodgers de Los Angeles et vient de percer le top-100 des meilleurs espoirs du baseball majeur. Le jeune frappeur gaucher fait flèche de tout bois depuis ses débuts chez les professionnels.

L’an dernier, après avoir été repêché en juillet, il n’a disputé que huit matchs, mais a tout de même frappé pour ,500 (17 en 34) au niveau A. Cette saison, au niveau A+, Davalan affiche un MPP de ,896 avec six circuits et 20 points produits en 32 matchs. Son élan naturel du côté gauche ressort clairement du lot, surtout qu’il est très rarement retiré sur des prises — moins de 10 % du temps.

L’évaluation des dépisteurs est basée sur une échelle de 20 à 80. Pour donner une idée : 80 correspond à un joueur élite, 70 à un joueur étoile, 60 à un très bon joueur au-dessus de la moyenne, 50 à un joueur régulier des majeures, et ainsi de suite.

Voici le bulletin actuel de Charles Davalan, basé sur les cinq outils d’un joueur de baseball : coup de bâton 60, puissance 45, course 55, bras 45, défense 50; pour une note globale de 55.

À 22 ans, c’est un excellent bulletin. Et il faut le rappeler : ces notes sont basées sur les standards des ligues majeures. Autrement dit, son coup de bâton est déjà évalué comme étant au-dessus de la moyenne du baseball majeur. Son développement est encore en cours, mais tout indique que son nom va continuer de circuler parmi les meilleurs espoirs du baseball.

Avec une saison complète au niveau A+ et un éventuel saut au AA, retenez bien ce nom. Un autre Québécois qui pourrait faire sa place dans le baseball majeur plus tôt que tard.

D’ailleurs, soulignons les débuts d’Éric Cerantola dans le baseball majeur avec les Royals de Kansas City la semaine dernière. Né à Montréal et formé en partie à Laval avant de poursuivre son parcours en Ontario, Cerantola était le releveur numéro un au niveau AAA avant son rappel. Il est depuis retourné dans les mineures après deux bonnes présences au monticule.

Mais avec son gabarit de 6 pieds 5 pouces, 225 livres, et son arsenal, il ne fait aucun doute qu’il sera de retour dans les majeures très bientôt.