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Garder Dobes : St-Louis a fait banco!

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Une soirée marquée par le caractère de Dobes et la réussite de Demidov

Une soirée marquée par le caractère de Dobes et la réussite de Demidov

St-Louis a fait confiance à son entraîneur des gardiens

St-Louis a fait confiance à son entraîneur des gardiens

« Ils ont été en mesure de nous faire payer nos erreurs »

« Ils ont été en mesure de nous faire payer nos erreurs »

« Les dieux du hockey ont décidé que j'allais marquer »

« Les dieux du hockey ont décidé que j'allais marquer »

« Je suis fier de ne pas avoir abandonné »

« Je suis fier de ne pas avoir abandonné »

« Je connais mon rôle et je joue mon meilleur hockey »

« Je connais mon rôle et je joue mon meilleur hockey »

Lorsque les Sabres ont marqué leur troisième but dès leur quatrième tir, tout ça après 10 min 15 s d’écoulés en première période, tous les regards et les caméras se sont braqués au bout du banc du Canadien pour voir si Jacob Fowler se levait. S’il venait d’avoir reçu l’ordre de se préparer à sauter dans la mêlée.

Fowler est demeuré bien assis. Sa casquette aux couleurs du Canadien bien vissée sur sa tête. Les jambières collées l’une contre l’autre.

Sans être nécessairement très faible sur les deux premiers buts, Dobes avait habitué ses coéquipiers et ses partisans à de bien meilleures performances.

Lors des quatre premiers matchs face aux Sabres et des sept contre le Lightning de Tampa Bay, Dobes avait multiplié des arrêts sur des redirections bien plus périlleuses que celle qui a permis à Jason Zucker de lancer Buffalo en avant 1-0. Dobes s’était aussi dressé devant des tirs bien plus dangereux que celui qui a permis à Josh Doan de donner une avance de 2-1 aux siens, 74 secondes après que Cole Caufield eut nivelé les chances.

Mais sur le troisième but des Sabres, Dobes a été simplement généreux. Très généreux. Trop généreux.

Tellement, qu’on aurait facilement compris Martin St-Louis de rappeler Dobes au banc. Une décision qui aurait à la fois calmé son club qui connaissait un affreux début de match et l’aurait fouetté pour qui retrouve ses esprits, ses repères, sa confiance.

L’entraîneur-chef du Canadien a plutôt décidé de miser sur le gardien qui a propulsé le Tricolore en deuxième ronde avec ses performances impressionnantes face au Lightning. Particulièrement lors du septième et dernier match qu’il a carrément volé.

«Je n’y connais pas grand-chose en matière de gardien et dans ce genre de situation, tu dois éviter d’être trop émotif. La première période était chaotique pour les deux équipes. Et ce n’est pas comme si «Dobie» (Jakub Dobes) était responsable de tout. Je m’en suis donc remis à la décision de notre spécialiste Marco Marciano. Trevor – l’un de ses adjoints derrière le banc Trevor Letowski – a contacté Marco sur la galerie de presse et sa réponse est venue rapidement : on garde Dobes devant le filet. C’était donc hors de ma juridiction», a expliqué St-Louis.

Est-ce à dire que si St-Louis avait lui-même pris la décision, il aurait rappelé Dobes au banc?

«Non! A-t-il tenu à préciser. Mais quand tu as des spécialistes qui t’entourent, tu dois les utiliser», qu’il a précisé.

Point tournant du match

Cette décision de parier sur Dobes en le gardant devant le filet a permis à St-Louis, à Marciano et à tous les membres de l’organisation du Canadien de faire Banco. Non! Tout ce beau monde n’est pas sorti du Key Bank Center les poches pleines.

Mais mieux encore, le Canadien est sorti du domicile des Sabres avec une victoire de 6-3 qui pourrait maintenant propulser le Tricolore en finale d’Association face aux Hurricanes de la Caroline dès la semaine prochaine. S’il gagne samedi, dans un Centre Bell qui vibre déjà, ou dans le cadre d’un septième match qui, s’il est nécessaire, sera disputé à Buffalo lundi.

Le pari, ou la décision éclairée, de garder Dobes devant la cage du Canadien est devenu le point tournant de la rencontre.

Vraiment!

Après le but généreux accordé à Konsta Helenius, Dobes s’est ressaisi en fin de première. Il a effectué des arrêts aux dépens de Josh Doan, Peyton Krebs et Beck Malenstyn.

Ces arrêts, associés au travail effectué par Dobes au cours du premier entracte, ont ramené le gardien et son équipe sur la bonne voie.

«On s’est parlé pendant l’entracte. J’ai regardé les reprises des buts accordés pour apprendre de mes erreurs. Je suis fier de moi. Je suis content d’avoir pu rester dans le match et ainsi redonner du momentum à l’équipe», a expliqué un Jakub Dobes très heureux après la victoire.

L’entracte a fait beaucoup de bien à Dobes. Moins à ses coéquipiers. Car en début de deuxième, comme en début de rencontre, les Sabres ont pris le plein contrôle de la patinoire.

Dobes s’est dressé deux fois plutôt qu’une devant Josh Norris. Il s’est ensuite étendu en glissant vers sa gauche pour stopper Tage Thompson arrivé seul devant lui.

«Pour moi, c’est le point tournant du match», a assuré Martin St-Louis.

On pourrait ajouter le but de Josh Anderson – quel jeu encore de Lane Hutson qui a orchestré un très beau jeu en faveur d’Anderson après une mise en jeu gagnée par Phillip Danault – comme autre point tournant de la partie.

Car les Sabres, qui avaient tant dominé le début de la période médiane, devaient tout recommencer avec une égalité de 3-3 à briser.

Sauf que le momentum est rarement revenu de leur côté en deuxième moitié de match. Très rarement même.

À partir de l’arrêt contre Thompson, on a connu de longs moments de très bon hockey. On a tué une pénalité. On a marqué deux fois en avantage numérique. Ce sont de gros jeux, des gros buts qui nous ont permis de garder le momentum», a poursuivi l’entraîneur-chef du Canadien.

Demidov brise la glace

En plus du premier but des séries à forces égales du premier trio, Ivan Demidov a finalement marqué son premier des séries. Son premier après une disette de 16 matchs, deux périodes, 3 min 32 s…

Soulagé le petit gars?

À le voir regarder au ciel pendant quelques secondes avant qu’il ne soit entouré de ses coéquipiers tout aussi heureux que lui, la réponse était évidente.

Elle sautait encore plus aux yeux lorsqu’il répondait aux questions des journalistes dans un coin du vestiaire. En fait, le sourire du jeune Russe parlait bien plus fort que les mots «oui je suis content» qu’il a défilés plusieurs fois.

Demidov était passé à un cheveu de secouer sa guigne en fin de deuxième. Ukko-Pekka Luukkonen a partiellement bloqué un tir qu’il a décoché, mais c’est Jake Evans qui l’a poussé dans le fond du filet avant qu’un joueur des Sabres n’ait le temps d’intervenir.

Demidov était l’un des joueurs affichant le plus d’occasions de marquer chez le Canadien depuis le début des séries. Mais la rondelle n’entrait tout simplement pas, ou il ratait la cible.

Son bon ami Lane Hutson l’épaulait afin qu’il ne laisse pas le découragement le ralentir. «Il est tellement doué offensivement. Je lui ai dit plusieurs fois de ne pas lâcher. Je répétais que les buts viendraient tout en insistant sur le fait qu’il générait beaucoup d’occasions pour les autres gars qui jouaient avec lui», a indiqué le jeune défenseur après le match.

«Demidov et Hutson sont des surdoués. Mais en plus de leur talent, ils travaillent sans relâche. Je suis content qu’il ait été récompensé de soir. Mais il préparait ça avec du bon hockey depuis le début des séries. En plus, il a beaucoup développé la qualité de son jeu défensif.»

Quoi dire sur les Sabres?

Pas grand-chose si ce n’est que la porte du vestiaire a été refermée rapidement après quelques joueurs eurent rapidement répondu à quelques questions.

Lindy Ruff ne semblait pas trop abattu malgré des débuts de première et deuxième périodes gâchés. Malgré la générosité de son gardien Ukko-Pekka Luukkonen qu’il a gardé au banc après deux périodes (cinq buts accordés sur 23 tirs) à la faveur d’Alex Lyon.

L’entraîneur-chef s’est rabattu sur le fait que son équipe a offert de bonnes performances sur la route, en saison comme en séries, pour afficher une certaine confiance en vue du match de samedi à Montréal.

Mais le manque de conviction de ses leaders – le premier trio a brillé par son absence et en prime Tage Thompson a écopé une pénalité en fin de deuxième période qui a permis au Canadien de prendre les devants 5-3 – et le manque de constance des deux gardiens font craindre le pire pour cette équipe qui fera face à l’élimination au Centre Bell samedi.

Pendant ce temps, la confiance du Canadien est à l’égal des décibels générés par ses partisans à l’intérieur, comme à l’extérieur, du Centre Bell.

On remet ça samedi!