Suivez la présentation de la Série mondiale sur les ondes de RDS Info et sur le RDS.ca dès vendredi, à 19 h 30.
Les Brewers de Milwaukee et les Rays de Tampa Bay croiseront le fer en Série mondiale dans un duel de petits marchés.
Un duel entre deux équipes dont la masse salariale figure parmi les plus modestes du baseball majeur : Tampa Bay au 28e rang et Milwaukee au 19e.
Un duel entre deux organisations qui excellent dans le développement des joueurs, le recrutement et l’art de conclure de bonnes transactions. Deux façons de bâtir une équipe compétitive sans nécessairement sortir le chéquier à tout prix.
Milwaukee mise largement sur le développement de ses propres joueurs. Tampa Bay, de son côté, s’est démarqué par sa capacité à dénicher des joueurs intéressants sur le marché des transactions et à leur donner un rôle précis. Deux philosophies différentes, une même destination.
Un duel sans joueur au contrat de 500 millions de dollars. Pas de vedette payée à prix d’or pour attirer toute la lumière. Ici, c’est le collectif qui occupe le devant de la scène.
Un duel où la petite balle sera à l’honneur. Se rendre sur les buts, voler des buts, utiliser l’amorti au bon moment et exceller dans le baseball de situation : voilà autant de façons de faire la différence sans nécessairement frapper la balle par-dessus la clôture.
Un duel où la logique a été respectée. Les Brewers ont terminé la saison avec 103 victoires, tandis que les Rays en ont remporté 98. Ce sont les meilleures équipes de leur ligue respective.
Et que dire des deux gérants? À mes yeux, Pat Murphy et Kevin Cash comptent parmi les meilleurs du baseball majeur. Leur capacité à tirer le maximum de leurs joueurs et à prendre les bonnes décisions dans les moments cruciaux mérite toute notre attention.
Un duel où les joueurs par excellence des séries de championnat ont déjà porté les couleurs de l’équipe adverse : Freddy Peralta et Jake Bauers. Une petite ironie qui ajoute une touche particulière à cette confrontation.
Un duel où la jeunesse aura aussi son mot à dire. Jacob Misiorowski et Jackson Chourio chez les Brewers, Junior Caminero et Chandler Simpson chez les Rays : voilà des joueurs capables de faire lever les amateurs de leur siège et qui représentent une bonne partie de l’avenir du baseball majeur.
Mais il n’y a pas que la jeunesse.
Deux vétérans qui ont connu de superbes carrières auront l’occasion de couronner leur parcours de la plus belle des façons : Yandy Díaz, 35 ans, du côté des Rays, et Christian Yelich, 34 ans, chez les Brewers. Un titre de la Série mondiale donnerait une dimension supplémentaire à leur héritage.
Vous l’aurez compris : ce duel met en évidence une conception du baseball que j’affectionne particulièrement. Un baseball où l’intelligence, l’exécution et le travail d’équipe peuvent faire contrepoids à la puissance et aux gros salaires.
Un duel où la défensive pourrait exercer une influence majeure sur le dénouement de la série. Les erreurs se paient cher en octobre, et les jeux défensifs spectaculaires peuvent changer le cours d’un match.
À l’arrêt-court, justement, Taylor Walls et Joey Ortiz sont deux joueurs dont la valeur repose largement sur leurs qualités défensives. Il ne serait pas étonnant de les voir frapper au neuvième rang de l’alignement. Et c’est très bien ainsi : en octobre, un gant sûr peut valoir aussi cher qu’un bon coup de bâton.
Un duel où chaque pas vers le deuxième but pourrait compter. Les deux équipes sont capables de mettre de la pression sur la défense adverse par la vitesse et le jeu sur les sentiers. Un vol de but réussi, un mauvais relais ou un coureur retiré au mauvais moment pourrait faire toute la différence dans un match serré.
Un duel où les deux corps de releveurs pourraient jouer un rôle déterminant.
Chez les Rays, Cam Booser, Kevin Kelly et Tyler Wells auront notamment la responsabilité de préparer la table pour Bryan Baker. Et ce dernier est devenu une véritable assurance en fin de match. Son dernier sauvetage raté remonte tout de même au mois de mai! Sa constance est impressionnante, et il sera difficile de ne pas lui accorder un avantage lorsqu’il faudra protéger une avance en neuvième manche.
Chez les Brewers, Aaron Ashby a été sensationnel jusqu’ici en séries, tandis qu’Abner Uribe a connu des moments un peu moins convaincants. Le talent est néanmoins bien présent pour préparer la table à Trevor Megill, qui aura la responsabilité de fermer les livres.
Difficile de trancher entre les deux groupes. Milwaukee possède une relève particulièrement intimidante, mais la constance de Baker représente un argument de poids pour Tampa Bay. Dans une Série mondiale où chaque retrait pourrait faire basculer un match, ce duel de releveurs pourrait bien devenir l’un des éléments déterminants de la confrontation.
Même dame Nature ne devrait pas avoir son mot à dire, puisque les deux équipes évoluent dans des stades munis d’un toit, rétractable à Milwaukee. Il faudra toutefois garder un œil sur les particularités des deux terrains. Les poutres et les règlements de terrain pourraient bien nous réserver quelques situations inhabituelles!
Autre contraste intéressant : Milwaukee évolue dans un marché nettement moins populeux que celui de Tampa Bay. Pourtant, ironiquement, les Brewers jouent dans un stade plus imposant que celui des Rays. Le plus petit marché n’a pas nécessairement le plus petit stade!
Sur le monticule, le duel pourrait être plus équilibré qu’on ne le pense. Malgré la présence de Jacob Misiorowski comme partant du premier match vendredi, j’accorde un léger avantage à Tampa Bay pour l’ensemble des départs. Drew Rasmussen, Freddy Peralta et Nick Martinez offrent un profil d’expérience et de stabilité intéressant face à Misiorowski, Logan Henderson et Robert Gasser.
Les deux équipes ont néanmoins leurs points vulnérables. Chez les Rays, le bas de l’alignement devra produire davantage. Chez les Brewers, les partants n’ont pas toujours été en mesure de travailler profondément dans les matchs pendant la série de championnat. Cette situation pourrait mettre la pression sur Pat Murphy et obliger sa relève à multiplier les présences.
Mais il y a un autre élément qui donne une dimension humaine à cette confrontation : aucune de ces deux franchises n’a encore remporté la Série mondiale. Milwaukee a disputé sa dernière finale en 1982, tandis que Tampa Bay a perdu en 2008 et en 2020.
Pour les partisans des deux équipes, l’enjeu dépasse donc largement une simple conquête. Il s’agit d’une occasion de vivre un moment historique et de voir enfin leur équipe atteindre le sommet du baseball majeur.
Bref, ce duel ne remportera peut-être pas le concours de popularité avant le premier lancer. Pas de marché aussi médiatisé que New York, Chicago ou Los Angeles.
Mais pour les amateurs qui aiment le baseball dans toute sa complexité, cette Série mondiale pourrait être un véritable régal.
Parce qu’au-delà des statistiques, des salaires et des vedettes, le baseball demeure un sport où l’exécution, l’intelligence et le travail collectif peuvent faire toute la différence.
Et si cette Série mondiale nous rappelait qu’il existe plus d’une façon de bâtir une équipe championne et plus d’une façon de gagner un match de baseball?
RDS vous présentera cette Série mondiale avec grand plaisir.
À noter : le premier match sera diffusé sur RDS Info ce vendredi. Pour l’occasion, la chaîne sera débrouillée!
Bonne Série mondiale!
Les Brewers en 6.