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Après les déceptions, Butler prêt à tourner la page

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Steven Butler et Stephane Fondjo (Bernard Brault/Eye of the Tiger)

Par trois fois depuis le début de l’année, Steven Butler s’est investi corps et âme dans sa préparation pour un combat contre Erik Bazinyan. Mais par trois fois, celui qu’il considérait comme un ami depuis l’enfance lui a fait faux bond, l’abandonnant entièrement à son sort.

Si la première fois, il était trop tard pour lui dénicher un adversaire de remplacement, le Montréalais a pu venger un vieil échec après la deuxième annulation en passant le knock-out à José de Jesús Macías en juin dernier. Cette fois, le troisième report l’amène à affronter Stephane Fondjo – un boxeur qu’il ne connaissait pas avant de le rencontrer à la pesée – en finale du gala d’Eye of the Tiger programmé ce jeudi soir au Cabaret du Casino de Montréal.

Un duel que Butler (36-5-1, 30 K.-O.) a accepté sans poser de questions et qui lui permettra d’abord et avant tout de tourner définitivement la page sur le chapitre Bazinyan, avec qui il a désormais perdu tout espoir – aussi mince pourrait-il encore être – d’en découdre un jour.

« J’ai vécu beaucoup de déceptions et il s’agit pas mal de l’une des dernières entrevues où je vais en parler, a prévenu Butler, mercredi midi, après avoir fait osciller le pèse-personne à 168 livres. Avec les blessures, je vais être franc avec vous. Moi, je n’y crois plus maintenant.

« Et avec ce qu’il a fait côté business, professionnel... le fait que je tiens mes camps d’entraînement aux États-Unis, j’ai perdu beaucoup d’argent avec ce combat-là. Il ne s’est d’ailleurs jamais excusé auprès de moi directement. S’il ne me respecte pas plus que ça... »

Dès le départ, Butler était convaincu que le choc contre Bazinyan allait lui servir de tremplin chez les poids super-moyens, catégorie où il évolue depuis sa dernière défaite subie face à Patrice Volny en juin 2024. Sa baston contre Fondjo (14-1-1, 9 K.-O.) sera sa 3e à 168 livres.

« À vrai dire, j’aurais gagné, a-t-il martelé. Je le promets, je le jure. Je le sais que j’aurais gagné. Je le sais que j’ai toutes les capacités pour gagner et j’étais très confiant. Je pense qu’Erik savait qu’il allait perdre. Alors c’est pour cette raison qu’il n’a pas pris le combat. »

Une affaire qui est profondément entrée en conflit avec les valeurs de Butler, qui même s’il a subi sa part de défaites depuis le début de sa carrière, ne s’est jamais défilé ou n’a encore jamais cherché d’excuses. La boxe lui a apporté tant de choses lorsqu’il se met à réfléchir.

« Je suis toujours au rendez-vous et je l’ai souvent dit : je suis déjà un gagnant, a-t-il affirmé.

« Je suis un gagnant depuis longtemps parce que j’ai réussi à acheter une maison avec la boxe et j’ai réussi à acheter une maison à ma mère avec la boxe. Pour un gars qui a grandi dans les HLM, ça ne peut être que du win-win. Après ça, ce sont des objectifs personnels comme acquérir un championnat du monde ou encore créer la surprise à travers tout ça. »

Pour le moment, même si le défi que représente Fondjo n’est certainement pas le plus important qu’il a eu à relever jusqu’à ici carrière, Butler ne se concentre que sur le présent.

« Peu importe c’est qui, c’est un peu ça mon comportement. N’importe qui, n’importe quand, a-t-il expliqué. Je suis très content que Fondjo ait levé la main pour remplacer Erik.

« D’un autre côté, il était prêt, étant donné qu’il avait déjà un combat prévu le 8 novembre. Pour lui, c’est une très bonne chance. Je ne le sous-estime pas parce que je sais qu’il va être affamé. Je sens qu’il va être beaucoup plus affamé qu’Erik ne l’aurait été contre moi. »

Au-delà de tout cela, le plus important pour Butler était de demeurer actif. Dans un monde où les plaques tectoniques chez les super-moyens sont sur le point de bouger, des chances uniques pourraient être offertes si jamais Terence Crawford décide de renoncer à ses titres.

« D’après moi, les ceintures vont devenir vacantes, a prédit Butler. Avec ces titres vacants, il va peut-être y avoir de nouveaux champions un peu moins sérieux que ne l’était [Saúl] “Canelo” [Álvarez]. Des champions battables. J’arrive au meilleur des moments à 168 livres.

« C’est une “game” la boxe et je pense que je commence maintenant à la comprendre. »