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Lenar Pérez survit à une chute inattendue

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(Vitor Munhoz/Eye of the Tiger)

À l’image d’un solo parfaitement exécuté par le guitariste Dave Murray, dont le groupe Iron Maiden était en spectacle à jet de pierre du Cabaret du Casino de Montréal, jeudi soir, le boxeur d’Eye of the Tiger Lenar Pérez contrôlait tout à fait son duel contre Thabiso Muchnu.

Disputant son deuxième combat depuis qu’il a été mis sous contrat par le promoteur québécois, le Cubain qui vit en France a rapidement montré pourquoi il est l’un des espoirs les plus en vue chez les poids lourds-légers. Avec sa dégaine toute en finesse, son jab n’a rencontré aucune difficulté à se frayer un chemin jusqu’au visage de son rival sud-africain.

Les virtuoses n’étant jamais à l’abri d’une fausse note, le champion continental de la WBA a également connu son moment de faiblesse – au cinquième round – mais il s’est cependant rapidement ressaisi pour l’emporter par arrêt de l’arbitre à 1:12 du 8e round, en finale d’un événement qui mettait aussi en vedette les espoirs Morendo Fendero ainsi que Jhon Orobio.

Comme il l’avait lors des quatre premiers rounds, Pérez (17-0, 15 K.-O.) pistonnait sa main gauche avant de l’appuyer avec sa main arrière qui lui a permis de contrôler l’action pendant toute la soirée. Sauf qu’à un certain moment, Muchnu (25-9) est parvenu à lancer une gauche en contre-attaque, qui a instantanément envoyé le longiligne cubain au tapis.

« C’était la première fois que je me retrouvais au plancher depuis le début de ma carrière, mais j’ai réussi à me relever rapidement, a raconté Pérez après sa victoire, sa 17e en autant de sorties. Je me sentais très bien dans les circonstances et j’ai pu reprendre le combat. »

L’athlète âgé de 28 ans n’a en effet pas paru dérangé par cette chute inattendue, puisqu’il a rendu la pareille à Muchnu dès le round suivant en l’obligeant à poser un genou sur le canevas. Ce dernier a ensuite essayé tant bien que mal de répliquer avec sa gauche – au début avec un certain succès –, mais Pérez s’est très vite ajusté et n’a jamais paru inquiété.

Après un septième round où il a repris le contrôle total de l’action, Pérez a ouvert la machine au huitième en envoyant deux fois Muchnu au tapis. Après la seconde, l’arbitre Alain Villeneuve a jugé que le Sud-Africain avait assez été frappé et qu’il méritait son congé.

« Les choses se sont passées tellement rapidement après ma chute. J’ai simplement perdu ma concentration pendant un instant et je savais que je devais la retrouver, a précisé Pérez. Dans l’ensemble, j’ai le sentiment que j’ai dominé le duel et j’en suis évidemment content. »

« Il doit apprendre de cela, parce qu’il était peut-être un peu trop confortable avant de se retrouver au plancher, a ajouté son promoteur Camille Estephan. Cela dit, personne n’avait jamais battu Muchnu aussi rapidement avec lui, donc il faut par ailleurs être fier de cela. »

Pour Pérez, il s’agit d’une deuxième victoire consécutive significative après celle enregistrée sur Isaac Chilemba, en mars 2026, à Montréal. Muchnu s’était battu à quelques reprises en championnat du monde, dont une contre le légendaire Oleksandr Usyk, en décembre 2016.

Estephan est convaincu qu’après sa prestation de ce soir, Pérez est mûr pour affronter David Benavidez ou encore Jai Opetai, les deux lourds-légers les plus en vue de la catégorie. Pérez pointe au quatrième rang à la WBA, où Benavidez est champion depuis mai dernier.

Fendero l’emporte, mais des doutes subsistent

À première vue, les pointages de 99-90, 99-90 et 97-92 témoignent d’une victoire facile par décision unanime des juges de Moreno Fendero contre Stéphane Fondjo, mais en réalité, le super-moyen français a montré, de nouveau, qu’il est encore loin de l’élite de la catégorie.

Après avoir obtenu une victoire convaincante à sa dernière sortie, Fendero (15-0) a repris les mauvaises habitudes qui avaient pu être observées à ses combats précédents contre Willam Langston ainsi que Shawn McCalman en étant beaucoup trop passif par moments.

Fendero semblait pourtant en voie de se débarrasser rapidement de Fondjo (15-3-1) après l’avoir envoyé au plancher au deuxième round, mais plutôt que d’appuyer sur l’accélérateur, le Français a laissé tout le temps au Montréalais d’origine camerounaise pour se ressaisir.

Par la force des choses, Fondjo a été en mesure de montrer quelques beaux flashes, par exemple au cinquième round, et s’il avait eu le moindrement de puissance dans les poings, il aurait pu tourner le duel à son avantage. Pendant ce temps, Fendero lançait très souvent des coups larges et télégraphiés, dont les meilleurs auraient manifestement pu tirer profit.

Néanmoins, Fendero a défendu pour la 2e fois sa ceinture continentale des Amériques du WBC, où il pointe au 18e rang, derrière le champion Christian Mbilli et Wilkens Mathieu (7e).

Moreno Fendero (Vitor Munhoz/Eye of the Tiger)

Orobio arrête Morán sans difficulté

Jhon Orobio n’a rencontré aucune difficulté à relever le défi qui lui avait été présenté en passant un spectaculaire knock-out à Antonio Morán, à 1:27 du 4e round. Le talentueux super-plume montréalais d’origine colombienne a ainsi confirmé qu’il est actuellement l’un des plus brillants espoirs de la boxe professionnelle québécoise, si ce n’est pas mondiale.

Orobio (19-0, 17 K.-O.) a rapidement annoncé ses couleurs en touchant Morán (31-9-1) en plein visage à l’aide d’une combinaison avant de l’envoyer au plancher au deuxième round à l’aide d’une droite lancée sans avertissement, alors que les deux pugilistes s’accrochaient.

Après un troisième assaut plus tranquille, qu’Orobio a néanmoins facilement dominé, le Colombien a ouvert la machine et envoyé Morán au pays des rêves, grâce à une puissante droite, le genre de frappe instinctive qui peut faire la renommée d’un boxeur sur la planète.

À noter qu’Orobio a défendu son titre continental des Amériques pour la sixième fois et celui continental de la WBA pour la première fois. Sa victoire de ce soir lui permettra sans aucun doute de gagner quelques rangs dans les différents classements mondiaux, étant donné que Morán n’avait jamais été arrêté aussi rapidement, pas même par Devin Haney.

Une sous-carte expéditive

C’est à se demander si Costin Ion (11-6-2) savait véritablement à qui il avait affaire lorsqu’il est monté dans l’arène avec Wyatt Sanford (8-0, 4 K.-O.). Arrogant au possible, l’Espagnol s’est fait servir une correction avant que l’arbitre Steve St-Germain ne juge que le carnage avait assez duré à 1:37 du 2e round. Médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris, en 2024, Sanford n’a eu besoin que d’une toute petite ouverture pour rappeler à Ion qui il était.

Kevin Beauséjour (4-0, 4 K.-O.) a encore une fois été extrêmement expéditif en enregistrant une victoire par arrêt de l’arbitre à 2:57 du 1er round, après avoir battu Leonel Silva Salas (1-1). Malgré sa courte durée, le spectacle a été divertissant, puisque Beauséjour a multiplié les sparages avant d’atteindre son adversaire mexicain avec une gauche vicieuse au corps.

Un deuxième combat, une deuxième victoire expéditive au 2e round pour Nickeson Denis (2-0, 2 K.-O.). Le super-moyen montréalais n’a fait qu’une bouchée du Barbadien Jaheem Estwick (1-3) avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 1:13 du 2e round. Denis a assuré sa victoire en couchant Estwick à l’aide d’une belle combinaison aussi puissante que précise.

En ouverture, le super-plume Victor Tremblay (4-0, 4 K.-O.) a célébré de la meilleure des manières son 22e anniversaire de naissance en battant Kesny Joseph (1-2) par arrêt de l’arbitre à 2:10 du 3e round. Après avoir enregistré une 1re chute au plancher au début de 3e assaut, le Québécois n’a laissé aucun répit à son adversaire français et ainsi forcé Albert Padulo fils à mettre un terme à l’affrontement à la suite d’une série de coups sans réplique.