Est-ce qu’Alexis Barrière et son entourage ont vu trop grand, trop rapidement, en acceptant de se mesurer à Guido Vianello en octobre dernier? Oui? Non? Noui? Toutes ces réponses?
À première vue, Barrière avait ce qu’il fallait pour gagner son combat contre Vianello. Mais d’un autre côté, le poids lourd de St-Jean-sur-Richelieu se devait être au sommet de son art.
Parce que même si l’Italien revenait d’une défaite face à l’espoir invaincu Richard Torrez fils – sa troisième depuis le début de sa carrière –, il avait prouvé à sa sortie précédente contre Arslanbek Makhmudov qu’il savait se battre et cogner dur. Et c’est aussi ce qu’il a démontré face à Barrière en lui passant le knock-out grâce à une éclatante droite au cinquième round.
Dans les faits, Barrière s’était retrouvé devant un dilemme plutôt compliqué à résoudre : refuser d’affronter Vianello et risquer de déplaire à son copromoteur Matchroom Boxing ou encore se résigner à accepter en sachant que sa préparation serait très loin d’être optimale.
« Ç’a été une année 2025 riche en émotions. J’ai eu une blessure au bras (droit, NDLR) et je me suis fait opérer au biceps, a rappelé Barrière, mercredi midi, en marge d’une conférence de presse faisant la promotion d’un événement de Groupe Yvon Michel dont il sera l’une des têtes d’affiche et qui sera présenté le 25 mars prochain au Cabaret du Casino de Montréal.
« Matchroom ne nous a pas obligés, mais forcés d’aller vers Vianello. Nous savions que c’était vite, mais nous savions que je pouvais le battre. Dans la boxe, tout le monde le sait, quand le train passe, il faut embarquer dedans. J’ai donc essayé d’embarquer dans le train.
« Je savais que si je refusais le combat contre Vianello, j’allais peut-être retarder ma carrière. Je ne savais pas quand j’allais me rebattre avec Matchroom... c’était compliqué. »
Compliqué parce que Barrière avait déjà dû renoncer à un combat contre Roney Hines à la mi-juin à New York en raison de cette blessure, qu’il a trainée pendant la quasi-totalité de son camp d’entraînement effectué entièrement aux côtés de SugarHill Steward, en Floride.
Et pour ajouter au degré de difficulté, Barrière a senti qu’il a perdu à un certain moment le contrôle de ses émotions. La boxe n’était plus une partie de plaisir. C’était un lourd fardeau.
« Dans ce camp-là, émotionnellement, j’étais peut-être investi un peu trop, a-t-il expliqué. Je prenais tout ça beaucoup trop au sérieux, dans le sens que c’est comme si je m’en allais travailler... Rendu au combat, je pense que j’étais tout simplement brûlé mentalement. »
Tous ces écueils l’ont finalement rattrapé le soir du combat. Et c’est possiblement pourquoi Barrière est aujourd’hui en mesure d’avoir un certain détachement par rapport à sa défaite.
« Les personnes qui me suivent savent que ce n’est pas comme ça que je boxe normalement, a-t-il précisé. J’ai perdu, je me suis fait toucher et je me suis fait arrêter. Il n’y a pas d’excuses à donner. J’ai donné mon cent pour cent... je n’étais juste pas moi-même.
« Je ne suis pas un guerrier. Je ne serai jamais le gars qui va cogner. Je ne serai jamais la personne qui va arrêter tout le monde avec un coup de poing. Ce n’est pas vraiment moi. »
En prévision de son prochain combat contre Robert Simms, Barrière s’est offert une sorte de retour aux sources et s’est promis de maintenant toujours faire les choses à sa manière.
Son camp d’entraînement se déroulera sous la supervision de son entraîneur des rangs amateurs Marc-André Gauthier, alors que Steward s’intégrera à l’équipe en cours de route.
« Plus jamais je ne vais me faire obliger à faire quelque chose. Nous allons prendre notre temps afin de bien faire les choses, a conclu Barrière. Je n’ai eu que deux semaines de camp d’entraînement avec mon bras droit, parce que je ne pouvais pas frapper avec ce dernier en raison de mon biceps déchiré. Tout ça, ç’a donné le résultat que nous avons eu.
« Tous les combats que je vais avoir dans la prochaine année, mentalement, c’est pour aller chercher Vianello. Je veux ma revanche. Je sais que je suis capable de l’emporter contre lui.
« Cette défaite m’a coûté cher, mais j’ai tellement appris. J’ai tellement compris pourquoi je fais ça. Au bout du compte, je fais ça parce que je suis un passionné du sport et j’aime ça. »






