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Pas de recette miracle pour Spencer

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Mary Spencer et Mikaela Mayer (Jeff Lockhart)

Mary Spencer avait beau être plus grande et plus imposante que Mikaela Mayer, mais la championne des poids super-mi-moyens de la WBA n’a tout simplement pas fait le poids contre une boxeuse qui est considérée parmi les meilleures « livre pour livre » de la planète.

Dans un combat où elle a démontré toute l’étendue de sa vitesse et de sa technique, l’Américaine s’est facilement imposée par décision unanime des juges, en finale d’un gala d’Eye of the Tiger présenté jeudi soir à guichets fermés au Cabaret du Casino de Montréal.

Les trois juges ont remis des cartes de 100-90, 98-92 et 98-92 en faveur de Mayer (22-2), qui est du même coup devenue championne unifiée, étant donné que les titres du WBC et de la WBO – devenus vacants depuis la retraite de Cecila Brækhus – étaient également à l’enjeu.

N’étant jamais passée près d’affronter une rivale de la trempe de l’actuelle championne des mi-moyennes de la WBO et ex-championne chez les super-plumes et les légères, Spencer (10-3) a rapidement été débordée par les attaques incessantes de Mayer. Rapidement à la traîne, l’Ontarienne a continuellement cherché à lancer sa puissante main arrière, mais elle n’a jamais été en mesure d’atteindre son adversaire vivant au Colorado de manière franche.

« Elle a beaucoup de puissance. Je l’ai vraiment ressentie par rapport à mes combats dans de plus petites catégories de poids, a expliqué Mayer à sa sortie du ring. Mais derrière ses puissantes frappes, il n’y avait pas de volume. Elle n’a donc jamais su trouver son rythme. »

Spencer a – tant bien que mal – essayé de changer de stratégie à la mi-combat en tentant de voler les rounds, avec plus ou moins de succès, sauf que cela s’est fait au prix de laisser énormément d’énergie dans l’arène. Mayer n’a ainsi jamais eu à se tourmenter par la suite.

« Mayer était vraiment impressionnante ce soir. Elle a beaucoup, beaucoup de chien en elle cette femme-là. C’était très impressionnant, a reconnu le promoteur de Spencer, Camille Estephan. Mary a clairement manqué d’énergie. Une fille comme Mayer, c’est très fatigant.

« Elle a mis beaucoup de pression et ç’a été ça la clé. La condition physique de Mary a souvent été un enjeu dans les combats de longue haleine. Il va falloir regarder pourquoi… »

Mayer a aussi remarqué un déclin dans la performance de Spencer à partir de la mi-combat et s’est même demandé si elle ne parviendrait pas à l’arrêter. Sa dernière victoire avant la limite remontait quand même à octobre 2019, alors qu’elle évoluait chez les super-plumes.

« Je sentais que mes coups faisaient de plus en plus mal. Je suis convaincue que j’aurais pu l’arrêter si j’avais moins joué de prudence aux cinquième et sixième rounds, a dit la pugiliste de 35 ans. Avec des rounds de trois minutes, la question ne se poserait pas! »

Estephan a finalement indiqué qu’il devra s’asseoir avec Spencer et sa garde rapprochée pour discuter de son avenir, mais le promoteur ne paraissait pas surpris par le résultat.

« Nous avions une opportunité, nous l’avons essayée, a conclu Estephan. Quand le train passe, il faut embarquer dedans, sinon, tu ne sauras jamais. Il y avait trois ceintures en jeu et elle a perdu contre Mayer qui est une super vedette. Il n’y a pas de gêne là-dedans. »

Mayer a certainement prouvé qu’il y a un écart important entre les athlètes au sommet de la pyramide et les autres. Même si Spencer a été championne, elle n’a jamais fait partie de l’élite de la boxe féminine depuis le début de sa carrière dans les rangs professionnels.