MONTRÉAL — Toujours impliqué dans la course automobile, l’ancien promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier, a émis des réserves à propos de la nouvelle réglementation technique en Formule 1, qui jette à ses yeux de l’ombre sur le talent des pilotes.
Mettant en scène une toute nouvelle génération de monoplaces pour laquelle l’apport de la puissance provient à parts égales des moteurs atmosphérique et électrique, la saison 2026 a été marquée jusqu’ici par de nombreuses critiques, émises notamment par le quadruple champion du monde Max Verstappen.
Ces modifications ont changé significativement la façon de conduire des pilotes, qui doivent maintenant prioriser les phases de récupération et de déploiement d’énergie optimales, plutôt que rouler constamment à la limite.
Les pilotes sont forcés de poser des actions contre-intuitives derrière le volant, et cette réalité est à l’origine de situations dangereuses. De grands écarts de vitesse ont notamment été observés dans certaines lignes droites quand un pilote est à court d’énergie ou qu’il recharge sa batterie.
La violente sortie de piste du Britannique Oliver Bearman (Haas) en raison d’une manœuvre d’évitement derrière l’Argentin Franco Colapinto (Alpine), au Japon, a d’ailleurs marqué les esprits.
« Moi, je pense qu’il faut redonner de la place aux pilotes », a fait valoir Dumontier, qui demeure actif dans le monde des voitures de course à titre de président de l’Autorité sportive nationale du Canada, chargée de faire respecter les règlements de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) au pays.
« Ces gars-là, ce sont les 22 meilleurs au monde. La Formule 1 a toujours été un laboratoire de développement, a-t-il ajouté. On a, sur nos voitures, des éléments qui ont été pensés en Formule 1. Mais à un moment donné, il ne faut pas non plus que ça devienne des navettes spatiales. »
Avec l’annulation des courses à Bahreïn et en Arabie saoudite, le Grand Prix du Canada ne sera que le cinquième avec cette génération de voitures.
Déjà, quelques ajustements ont été apportés sur les ratios de puissance pour apaiser les inquiétudes, mais Dumontier estime que les équipes sont encore en période de rodage avec cette nouvelle réglementation technique.
« Il y a des pilotes qui ont émis certaines craintes (sur le fait qu’ils ne contrôlent pas l’apport) de la puissance supplémentaire. Je sais que ça fait quand même deux, trois ans qu’ils travaillent sur cette voiture-là pour aider le spectacle, pour les dépassements. C’est légitime, mais je pense que ça va prendre plus qu’une saison pour ajuster la voiture et bien la comprendre. »
Pendant que les équipes en sont toujours à s’adapter à cette nouvelle réglementation, l’écurie Mercedes profite d’une monoplace plus performante que ses rivaux. Celle-ci lui a permis de remporter les quatre Grands Prix disputés jusqu’ici.
S’il est encore tôt pour jauger cet avantage précoce, Dumontier espère que les autres écuries seront en mesure de s’approcher des flèches d’argents, pour le bien du spectacle.
« C’est la nature même de la Formule 1, a-t-il statué. Pendant qu’une équipe domine, les autres sont là, mais travaillent sur leur prochaine voiture. Alors il y a un moment où ils vont dominer à leur tour. C’est historique. Mais si c’est toujours le même (pilote) qui gagne, ça enlève un peu au spectacle. »
Il voit toutefois d’un bon œil l’excellent début de campagne du jeune Italien Kimi Antonelli, qui a remporté trois des quatre courses cette saison à bord de sa Mercedes à seulement 19 ans, pendant que son coéquipier britannique George Russell, bien plus expérimenté, a été limité à un seul triomphe.
Une domination de Mercedes offrirait donc un certain suspens malgré tout, ce qui représenterait un tournant par rapport aux récents succès de Red Bull, menée outrageusement par Max Verstappen. Dumontier a notamment rappelé la lutte entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg, il y a quelques années, également chez Mercedes.
« Sans dire qu’il y avait une chicane, il y avait une bataille entre (Rosberg et Hamilton), s’est remémoré Dumontier. Ils ne s’aimaient pas trop. Il ne faut jamais oublier que sur les 22 pilotes, ton premier adversaire, c’est ton coéquipier. »
Dumontier a également commenté la situation du pilote québécois Lance Stroll qui, à l’image de son écurie Aston Martin et de son coéquipier Fernando Alonso, connaît un début de saison difficile.
Selon lui, Stroll a mérité sa place en F1, mais il considère que certains inconnus rendent l’analyse de ses performances difficile.
« C’est un bon pilote Lance. Je rejette la notion que c’est le fils à papa. Je la rejette, a martelé Dumontier. Tous les pilotes, tous les pilotes qui sont là, si ce n’est pas un parent, c’est une compagnie qui les a financés. Mais je ne connais pas l’avenir, je ne sais pas ce qu’il va faire dans les prochaines années.
« Il y a une question de travail aussi, a-t-il rappelé. Ce n’est pas juste de conduire l’auto. Il y a le travail avec les ingénieurs. Est-ce que Lance a cette implication à 100 %? Je ne sais pas », a-t-il conclu.
Le Grand Prix se déroulera de vendredi à dimanche sur le circuit Gilles-Villeneuve, de l’île Notre-Dame.
Horaire du Grand Prix du Canada sur nos ondes
| Calendrier | Événements |
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