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Où est passé le « Smooth Operator » ?

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Loin de tenir les promesses qu’on avait placées en elle, l’écurie Williams connaît une saison difficile. Dès janvier, les drapeaux rouges ont commencé à se lever, alors que l’équipe a dû faire l’impasse sur le « shakedown » de Barcelone.

Avec une voiture en retard sur ses échéanciers et beaucoup trop lourde, James Vowles et son équipe n’ont toujours pas été en mesure de redresser la situation, même que les choses ne vont pas en s’améliorant. Williams avait amassé 11 points lors des six premières courses de la saison. Depuis, c’est le désert, avec aucun point en huit épreuves.

Pendant que les caméras de la télédiffusion se concentrent surtout sur des pilotes comme Kimi Antonelli, Lando Norris et Lewis Hamilton à l’avant du peloton, il est rare qu’on voit les Williams à l’écran… et dernièrement, lorsque c’est le cas, c’est souvent pour nous montrer une erreur de Carlos Sainz. Les performances de l’Espagnol depuis quelques mois sont loin de sa réputation de « Smooth Operator »…

La première qui est passée en boucle dans les bulletins de nouvelles, c’est lorsque Sainz est entré en contact avec Oscar Piastri, en Hongrie. C’est une image qu’on voit rarement, celle du meneur de l’épreuve qui percute une voiture alors qu’il tente de lui prendre un tour, comme c’était le cas pour Piastri alors qu’il voulait devancer Sainz.

Le pilote espagnol s’est défendu en indiquant que le système de drapeau bleu avait connu des ratés lors de cette épreuve. Alors qu’il était en lutte avec Fernando Alonso, Sainz ne voyait notamment pas les indications sur son volant, et les panneaux lumineux en bordure de piste n’indiquaient pas le numéro de la voiture à qui s’adressait le panneau.

Toutefois, son équipe l’a averti par radio et les panneaux, même s’ils n’affichaient pas son numéro, clignotaient en bleu depuis un bon moment déjà. Alors que Sainz affirmait aux médias qu’il s’agissait de bonnes excuses, Piastri avait plutôt qualifié cet incident de stupide et inacceptable. Sainz avait d’ailleurs écopé de cinq secondes de pénalité.

Sainz a ensuite eu la pause estivale d’un mois pour oublier ce moment et tenter de repartir sa saison du bon pied aux Pays-Bas.

Sauf qu’avec trois tours à faire à l’épreuve, tandis qu’il roulait en 16e place, il a tenté de protéger sa position face à son coéquipier Alex Albon, qui lui, venait tout juste de chausser de nouveaux pneus. Sainz a complètement raté son freinage, percutant son coéquipier et laissant des débris de Williams un peu partout sur la piste.

C’était à la fois aussi inutile que désolant pour l’écurie. Que tentait-il de prouver en protégeant de façon aussi agressive une 16e position? Alors qu’il n’y avait rien à gagner, les conséquences ont été nombreuses. Albon a dû abandonner, les mécanos de Williams ont eu du travail supplémentaire sur les bras et une partie du budget de l’équipe a dû être pris pour effectuer les réparations. Sainz a écopé de dix secondes de pénalité qu’il a pu purger avant la fin de l’épreuve. Heureusement, puisque s’il avait dû abandonner comme Albon, il aurait plutôt été pénalisé sur la grille de départ du Grand Prix suivant.

Après la course, Sainz a pris le blâme, bien sûr, en ajoutant que c’est une bosse sur le circuit qui avait déstabilisé sa voiture.

Un week-end à la maison à oublier

Ça nous amène à son Grand Prix national à Madrid, sur un tout nouveau circuit dont il est d’ailleurs l’ambassadeur… et ce n’était guère mieux.

Déjà en qualifications, il a été pénalisé de trois places sur la grille pour avoir gêné le travail de Valtteri Bottas… mais ça, il faut le mettre sur le dos de son équipe qui ne l’a pas averti.

Au départ, Sainz a encore une fois raté son freinage et bloqué les roues, percutant Yuki Tsunoda et endommageant le plancher de sa Williams. Les commissaires lui ont donné le bénéfice du doute, puisque c’était au départ. Disons qu’il s’en est bien tiré.

Plus tard dans la course, il s’est accroché avec Fernando Alonso en lui bloquant la route. Cette fois, Sainz a été puni pour avoir changé de trajectoire dans la zone de freinage. Le pilote de 32 ans a ensuite blâmé Alonso : « Il s’est sûrement plaint à la radio afin que j’écope d’une pénalité, comme d’habitude », a-t-il affirmé aux médias.

Bref, tout ça, dans une séquence d’à peine quatre courses. C’est un bilan un peu gênant pour Sainz, qui est un pilote d’expérience, un vainqueur en Formule 1, qui est bien meilleur que ce qu’il démontre présentement.

On peut comprendre une certaine forme de frustration. Williams lui avait promis des performances qui ne sont clairement pas au rendez-vous. Ça ne fait aucun doute que Sainz a des aspirations plus grandes que de se battre pour une quinzième place. C’est normal.

Par contre, ça n’excuse pas tout. Il doit faire mieux, et aussi faire preuve de davantage de leadership au sein de l’écurie. Il ne peut continuer à hausser les épaules en blâmant tout le monde sauf lui. Évidemment que la voiture n’est pas performante, mais c’est à lui de continuer d’en tirer le maximum. Ce n’est pas ce qu’il fait dernièrement

En Azerbaïdjan, Williams comptera sur d’importantes évolutions sur sa voiture. Espérons que ça pourra permettre à Sainz de retrouver de la confiance et de pouvoir se battre pour quelques points. C’est d’ailleurs à Bakou que l’Espagnol avait signé son premier podium avec Williams l’an dernier en terminant au troisième rang. Un exploit qui semble bien loin maintenant…

D’ailleurs, soyez des nôtres pour suivre ce Grand Prix à Bakou, et portez particulièrement attention à l’horaire. La course aura lieu samedi, et non dimanche. On vous donne donc rendez-vous pour la séance de qualifications vendredi matin dès 7 h 30, et samedi, l’émission d’avant-course commencera dès 6 h 30 du matin. Quant aux essais libres, ils seront présentés sur le RDS.ca