MONTRÉAL – Les Alouettes de Montréal pouvaient dire adieu à 2025 ou renvoyer Davis Alexander dans la mêlée à 80% de ses capacités. La décision a failli rapporter très gros en raison de sa détermination.
Le 17 juillet, c’était la fête au Stade Percival-Molson, car Alexander renouait avec l’action. Mais, au moment de procurer la victoire à sa troupe contre les Argonauts de Toronto, il a, de nouveau, aggravé sa blessure aux muscles ischios-jambiers de la jambe gauche.
Le directeur général, Danny Maciocia, avait ensuite assuré qu’Alexander ne reviendrait au jeu uniquement quand il serait rétabli à 100%. Maciocia avait ajouté que l’équipe l’empêcherait même de jouer pendant une ou deux semaines supplémentaires pour éviter de le perdre une autre fois en 2025.
On le dit avec un ton léger, mais ajoutons cette affirmation aux petits mensonges sportifs qui sont servis au quotidien partout sur la planète.
Mardi, Alexander a révélé qu’il avait subi une déchirure de grade 3C qui aurait exigé une remise en forme de quatre à six mois. Il a plutôt repris les commandes de l’attaque après deux mois.
« Si on avait voulu attendre qu’il soit à 100%, ç’aurait été en 2026 au camp d’entraînement… On était conscients de tout ça, on voulait qu’il soit près de 100%, il était autour de 80% et il voulait jouer. Cette motivation a inspiré beaucoup de personnes dans le vestiaire et ça explique notamment notre présence à la coupe Grey », a réagi Maciocia quand il a été invité à expliquer le tout.
D’ailleurs, Alexander aurait voulu reprendre le collier encore plus tôt.
« Il a produit jusqu’au dernier match, on a bien géré ce dossier », a jugé Maciocia.
« Maintenant, on a le temps et il faut établir un plan pour qu’il arrive au camp à 100%. Car, chose certaine, on ne veut pas revivre le scénario de 2025. »
— Danny Maciocia
Sans l’échappé très coûteux de Shea Patterson ou avec un peu de chance sur la passe du désespoir sur le dernier jeu du match, les Alouettes auraient donc pu soulever la coupe Grey avec un quart-arrière amoché, mais résilient.
« Davis est le compétiteur ultime, il a tout tenté et je lui ai dit quelques fois, depuis 24 h, à quel point je suis fier de lui. Peu de personnes auraient pu composer avec tant d’épreuves cette saison, tout le monde a été inspiré en le voyant se sacrifier pour l’équipe », a vanté Maciocia.
En tant qu’entraîneur-chef, personne n’était mieux placé que Jason Maas pour connaître le caractère qui habite Alexander. Après tout, Maas, un ancien quart-arrière, a été son mentor depuis son arrivée à Montréal. Mais le pilote des Alouettes a été soufflé par la persévérance de son protégé.
« Avec cette blessure, tu en apprends sur la personne. J’ai été estomaqué par sa détermination. D’aucune façon, il n’allait quitter le terrain. C’est un merveilleux quart-arrière et on est chanceux de pouvoir compter sur lui », a prononcé Maas qui a côtoyé peu d’athlètes de sa trempe dans sa carrière.
Cependant, Alexander a eu le défaut de ses qualités. En repoussant ses limites durant la saison morte, il a fini par se blesser.
« Quand on te confie le rôle de quart-arrière partant pour la première fois, la nature humaine mène à en faire trop. On va tout analyser et on verra ce qu’on peut modifier. Selon moi, c’est la conséquence d’en avoir trop fait à l’entraînement. Mais bien des jeunes vont faire ça pour être prêts. Parfois, le repos est préférable. Il a un peu trop travaillé parce que les attentes et ses attentes étaient élevées, il va apprendre de ce qu’il a vécu », a décortiqué Maas.
Cela dit, l’entraîneur des Alouettes ne considère pas qu’Alexander s’est présenté avec un physique trop musclé.
« Non, le succès obtenu cette saison est directement relié à son entraînement durant la saison morte », a tranché Maas alors qu’Alexander a ajouté beaucoup de muscle à sa charpente.
On s’y attardera dans un autre article, mais il importe de dire que les dirigeants des Alouettes ont identifié quelques priorités incluant celle de dénicher un adjoint à Alexander qui serait en mesure d’aider l’équipe à gagner « deux ou trois matchs » s’il devait s’absenter en 2026. Force est d’admettre que l’expérience de McLeod Bethel-Thompson n’a pas été satisfaisante.
À titre informatif, Maciocia a rappelé que le vétéran Bo Levi Mitchell, des Tiger-Cats de Hamilton, avait été le seul quart-arrière à diriger son attaque pour les 18 matchs du calendrier





