MONTRÉAL – Qu’est-ce que Tyler Snead est incapable faire? « Grandir jusqu’à cinq pieds huit pouces, c’est tout », a taquiné Jason Maas avec une montagne de respect envers le petit receveur.
Maas voue un immense respect à Snead, ça se voyait si facilement dans son regard quand il s’est permis cette plaisanterie. Après tout, elle suivait un bouquet de fleurs à faire rougir bien des athlètes.
« Il peut tout accomplir sur le terrain, il attrape le ballon, il bloque, il est dur comme ce n’est pas possible. Il a joué en dépit de plusieurs bobos, il peut aider sur de courts ou de longs jeux... », a noté Maas avant de culminer avec le compliment ultime.
« On l’appelle un throwback player (joueur à l’ancienne). Je ne donne pas ce compliment si souvent. De gros joueurs ne jouent pas de manière aussi physique. Je ne peux dire assez de belles choses à son sujet, tout le monde sait à quel point je le respecte », a confié l’entraîneur issu du même moule.
Luc Brodeur-Jourdain œuvre dans le nid des Alouettes depuis 2009, il en a vu passer des joueurs, des plus courageux jusqu’aux moins braves.
Il ne suffit que d’évoquer le nom de Snead pour l’entendre rire d’admiration.
« C’est un jeune homme inspirant, un travaillant, un acharné, un professionnel jusqu’au bout des doigts. Quand il commet une erreur, il ne la répète pas une deuxième fois et c’est une qualité digne des grands. Il est même capable de lancer le ballon ! », a louangé Brodeur-Jourdain.
Invité à trouver une référence aussi fascinante, LBJ était à l’aise de l’identifier au « grand » Ben Cahoon.
« Le parallèle peut s’établir avec Ben Cahoon, un travaillant qui n’a jamais craint le trafic. En tant que joueur ou entraîneur, je n’ai pas souvent vu des joueurs comme lui. »
À sa troisième saison avec les Alouettes, Snead n’a jamais été aussi productif et il n’a besoin que de 211 verges en cinq parties pour atteindre le plateau des 1000 verges pour la première fois.
Un exploit qui serait mérité pour celui qui se blesse moins souvent que Tyson Philpot et Austin Mack même s’il est plus petit.
Mais ce sont les blocs de Snead qui fascinent le plus ses pairs et ses entraîneurs. Cette saison, on se rappelle notamment un bloc contre nul autre que le géant Willie Jefferson des Blue Bombers de Winnipeg.
Quand les entraîneurs décortiquent les matchs avec les joueurs, ils se font plaisir d’exposer les blocs épatants du numéro 85.
« Coach Maas adore montrer ces séquences! Tyler bloque des joueurs qui sont deux fois plus gros que lui et il envoie des adversaires sur leurs fesses. Il réussit des blocs fous », a raconté Cole Spieker, l’un de ses meilleurs amis dans l’équipe.
Le sujet des blocs remplit de fierté autant Brodeur-Jourdain que Maas.
« On peut l’envoyer contre n’importe quel adversaire et il va trouver une manière de s’imposer. Parfois, c’est avec son levier car il est plus petit. Mais, surtout, il n’a pas peur, il va sacrifier son corps », a-t-il commenté.
« Il accomplit tout le boulot sale qui est essentiel et il le fait avec intérêt. On se fie sur lui sur une tonne de choses et ça passe sans doute inaperçu aux yeux de bien des gens. Peu de joueurs peuvent être autant efficaces autour du front. C’est la chose que tout le monde respecte énormément », a ciblé Maas alors que l’équipe de football à RDS s’assure, heureusement, de souligner plusieurs blocs de Snead.
Quand Snead est arrivé à Montréal, Spieker ne s’imaginait pas que le petit receveur serait aussi robuste.
« Il est le MVP (le joueur le plus utile) de notre attaque parce qu’il peut tout accomplir. Il se dévoue et c’est très inspirant pour le reste du groupe », a reconnu Spieker.
Cela dit, c’est l’entraîneur des receveurs, Michael Lionello, qui a passé la plus belle journée en apprenant que Snead avait accepté une prolongation de contrat de deux saisons.
« Quand tu recherches la définition d’un joueur de football, c’est Tyler Snead. Il est fascinant et je parle aussi de ses qualités humaines. Je ne voudrais jamais coacher sans lui! », a conclu Lionello.





