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L’escadron francophone 425 qui inspire les Alouettes

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Éric Leblanc - Darcy Molstad et Jason Maas
Éric Leblanc - Darcy Molstad et Jason Maas

Suivez dès 16 h dimanche sur RDS et le RDS.ca notre émission spéciale qui met la table au match de la coupe Grey entre les Alouettes et les Roughriders. La rencontre suivra sur nos ondes.

WINNIPEG – En exposant fièrement un drapeau du Québec, les joueurs des Alouettes scandaient « 4-2-5 ! 4-2-5! » quand ils ont gagné la finale de l’Est. Une victoire à la coupe Grey représenterait un hommage à cet escadron francophone qui s’est illustré durant la Seconde Guerre mondiale.

L’escadron 425, le premier escadron francophone de l’Aviation royale canadienne, a hérité du surnom « Alouettes » ce qui est devenu l’inspiration pour le nom de l’équipe de football montréalaise.

Quand Jason Maas est arrivé, en 2023, aux commandes du club, il a voulu unir ses troupes en établissant des liens avec son histoire et celle de cet escadron francophone décoré plus de 190 fois pour le conflit de 1939 à 1945.

Ainsi, quand les Alouettes ont soulevé la coupe Grey il y a deux ans, l’escadron 425 était déjà précieux aux yeux des joueurs. Mais cet attachement a atteint un autre niveau cette année.

Darcy Molstad Darcy Molstad (Darcy Molstad Linkedin)

« De voir comment les joueurs ont réagi, en criant le 425 avec le drapeau du Québec, ça dit tout sur l’importance de cet élément au sein de notre équipe », a confirmé Maas en appréciant le dévouement de ses hommes.

Alexandre Gagné, un soldat de premier plan sur les unités spéciales, a fourni quelques détails.

« On va encore plus en profondeur à propos de l’escadron 425, on apprend ce qu’ils ont fait durant la Deuxième Guerre mondiale. C’est une unité francophone, ça démontre qu’on est une équipe différente à l’image de la société québécoise avec notre langue. Ça rallie les joueurs », a expliqué Gagné.

Pour établir un lien aussi puissant, ça exige plus que des paroles ou des récits historiques. Maas l’avait compris et il avait cherché, en 2023, un militaire qui pourrait influencer ses hommes.

Mark Weightman, l’ancien président des Alouettes, connaissait la ressource parfaite en Darcy Molstad, major général et chef du développement des forces armées canadiennes.

Le major général Molstad est ce dirigeant militaire que plusieurs partisans auront remarqué sur les lignes de côté des Alouettes.

La coïncidence était fascinante de lui parler, mardi, en plein jour du Souvenir. Mais c’était encore plus fascinant d’entendre une histoire militaire, celle de Charles Lesesne, que le major général Molstad a raconté aux Alouettes cette saison.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il était interdit pour les Américains de s’impliquer dans ce conflit. Mais Billy Bishop, un héros de la Première Guerre mondiale, avait tout de même lancé un programme secret de recrutement.

Ainsi, près de 9000 Américains ont accepté de combattre dont Lesesne qui a joint l’escadron francophone 425 probablement en raison de ses ancêtres français.

« Charles Lesesne était pilote d’un Bombardier qui a été descendu, il a sauvé tout son équipage et il a été le dernier à sauter. Il a survécu à l’atterrissage en parachute, mais il a été capturé par l’ennemi et presque battu à mort. Il a été amené à un poste de police allemand pour les transferts des prisonniers de guerre. Son équipage était là et ils ont plaidé auprès des Allemands pour le traiter avec un médecin, mais ils ont refusé et il est mort dans les bras de son opérateur radio, un Québécois francophone », a raconté Molstad.

« C’est une histoire très émouvante, celle d’un Américain qui portait l’uniforme canadien, qui a combattu avec nous et payé le prix ultime. Il s’est sacrifié autant que les Canadiens. Oui, vous êtes Américains, mais vous êtes tous ensemble pour la même mission », a ajouté le dirigeant militaire qui s’exprime à merveille en français.

Charles Lesesne Charles Lesesne (Archives Bomber Command Museum)

Comme Molstad le précisait, cette histoire ne pourrait guère mieux cadrer avec la réalité des équipes de la LCF qui sont composées de joueurs américains, canadiens et internationaux.

Avec le leadership qu’il commande et de tels exemples inspirants, le major général Molstad s’est établi comme une ressource adorée par les joueurs.

« C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis très motivé de continuer », a admis Molstad qui consacre de son temps personnel pour appuyer l’équipe.

La semaine dernière, le centre-arrière Jacob Mason voulait absolument que ses parents puissent le rencontrer. Molstad se souvient également de Marc-Antoine Dequoy qui avait effectué le symbole du 425 avec ses mains pendant l’hymne national avant la partie de la coupe Grey en 2023.

« C’était vraiment dans ses pensées à ce moment, la connexion entre le 425 et l’équipe », a confié Molstad avec fierté.

« J’adore que l’impact soit positif et ça marche parce que la relation avec Jason est très forte. D’autres équipes ont essayé d’avoir du mentorat militaire d’un haut gradé, mais ça prend une chimie comme celle avec Jason et les autres entraîneurs », a indiqué le militaire.

En demi-finale de l’Est, le seul match éliminatoire des Alouettes à domicile en 2025, Molstad a été à l’origine d’une exception : le survol du Stade Percival-Molson par deux avions CF-18.

Habituellement, ça survient dans le cadre de la finale de l’Est. Molstad a profité de l’occasion pour permettre aux deux pilotes québécois de rencontrer les joueurs dans le vestiaire après la victoire.

« Les joueurs étaient tellement content de les voir, je voulais m’assurer qu’ils soient bien motivés pour le match », a décrit Molstad.

Nul doute, il prend à cœur son rôle d’entraîneur honoraire que Maas lui a confié en 2023. Il a terminé avec cette information pertinente.

« À l’intérieur de l’uniforme des Alouettes, dans le collet, on peut lire la devise du 425 ‘Je te plumerai’ », a conclu Molstad alors que les Alouettes auront plumé tous leurs adversaires s’ils viennent à bout des Roughriders.