Le talent ne fait pas foi de tout. Il faut aussi être à la bonne place au bon moment, avoir la confiance de ses entraîneurs et éviter les blessures notamment. Après avoir couvert plus de 500 matchs des Alouettes depuis leur renaissance il y a 30 ans, voici ma liste des 10 joueurs que j’aurais aimé voir connaître une plus longue carrière à Montréal.
10-Kevin Lefsrud (garde, 2000-2002)
Kevin Lefsrud entreprend tous les matchs en 2002, dont celui de la Coupe Grey remporté « chez lui » à Edmonton. En fait, il est originaire de Viking, un village situé à 135 kilomètres à l’Est du stade du Commonwealth, reconnu pour être la terre natale des six frères Sutter, les anciens joueurs de la LNH. Lefsrud se plaît beaucoup avec les Alouettes, mais le fait de passer plusieurs mois par année au Québec l’empêche de pratiquer son autre métier. Lefsrud et sa famille possèdent en effet une ferme semencière. En 2003, le sympathique agriculteur rentre à la ferme et se joint aux Eskimos.
9-Thyron Anderson (receveur de passes, 2003-2006)
Chaque année, des joueurs quittent la LCF dans l’espoir de mériter un poste dans la NFL. Il faut les comprendre. Les salaires y sont nettement supérieurs et certains s’accrochent à leur rêve d’évoluer dans la ligue de football la plus prestigieuse au monde. Or, ceux qui réussissent leur pari sont peu nombreux. Après une saison de 1000 verges en 2004, Tyron Anderson signe un contrat avec les Saints de La Nouvelle-Orléans, mais il revient à Montréal à peine sept mois plus tard. Incapable de répéter ses exploits du passé, il prend sa retraite en 2007.
8-Wayne Shaw (maraudeur et demi de coin, 2002-2003)
L’embauche de Wayne Shaw est saluée de toute part. Il vient de connaître sa meilleure saison avec les Argonauts de Toronto, terminant au premier rang de la LCF avec six interceptions. Sa nationalité canadienne vaut également son pesant d’or puisque chaque équipe doit miser sur un minimum de sept joueurs nationaux partants. Le maraudeur répond aux attentes en obtenant six larcins en 2002 et quatre autres l’année suivante. En 2004, il quitte Montréal pour poursuivre sa carrière à Hamilton. Une association toute naturelle entre Shaw…et les Tigres-Chats!
7-Grant Carter (ailier défensif, 1996)
Une douzaine d’anciens joueurs des Stallions de Baltimore participent à la renaissance des Alouettes lorsque l’équipe est transférée à Montréal en 1996. L’ailier défensif Grant Carter est de ceux-là. Il comble ses nouveaux partisans en réussissant 15 sacs, un rendement qui lui vaut une place au sein de l’équipe d’étoiles de la LCF. Carter a tout pour devenir une vedette à Montréal, mais il profite de son autonomie pour signer un contrat avec les Blue Bombers de Winnipeg avec lesquels il obtient 12 sacs en deux saisons.
6-Randee Drew (demi de coin, 2007-2009)
Trois histoires résument bien la saison 2007. On confie d’abord le poste d’entraîneur-chef au directeur général Jim Popp. Puis, Anthony Calvillo s’éloigne pour être auprès de son épouse malade. Enfin, l’équipe conclut la saison avec sa première fiche négative (8-10) en 21 ans. Le rendement d’un certain Randee Drew est donc reçu comme une bouffée d’air frais. Ses quatre interceptions et trois sacs lui valent le titre de recrue par excellence de l’équipe. Cette brillante carrière en devenir vire toutefois au cauchemar. De graves blessures le limitent à 23 matchs lors des trois saisons suivantes, dont les deux dernières à Edmonton.
5-Richard Karikari (maraudeur, 2003-2006)
Après deux saisons sans histoire, Richard Karikari se fait un nom en 2005. Il réussit neuf interceptions et signe un nouveau contrat d’une valeur annuelle de 130 000 $, un montant élevé à l’époque. Si le salaire de Karikari est à la hausse, ses statistiques, elles, sont à la baisse dès l’année suivante. Il réussit trois fois moins d’interceptions et voit son temps de jeu diminuer, au point d’être écarté de la formation partante. Jugeant qu’ils n’en ont plus assez pour leur argent, les Alouettes se résignent à échanger Karikari aux Argonauts de Toronto. Il est libéré quelques mois plus tard, sans avoir joué un seul match, pour avoir refusé une réduction de salaire.
4-Taylor Loffler (maraudeur, 2019)
Taylor Loffler a disputé quatre saisons dans la LCF : trois mémorables et une qu’il préfère sans doute oublier. De 2016 à 2018, il est sans contredit le meilleur maraudeur du circuit, comme en font foi ses trois nominations au sein de l’équipe d’étoiles du circuit. En 2019, il se joint aux Alouettes et dès son premier match, il obtient dix plaqués. Les receveurs de passes n’ont qu’à bien se tenir, un nouveau shérif est en ville! Mais Loffler ne dispute que cinq autres rencontres avant de subir une grave blessure à un genou qui mettra éventuellement un terme à sa carrière.
3-David Ménard (ailier défensif, 2020-2021)
Fort d’une expérience de près de 100 matchs avec les Lions de la Colombie-Britannique, David Ménard rentre à la maison en 2020. Ses débuts avec les Alouettes sont toutefois retardés d’un an en raison de la pandémie, mais l’attente en vaut la peine. Il connaît alors la meilleure saison de sa carrière avec 8 sacs, 2 échappés provoqués et un titre de joueur canadien par excellence de la division Est. Sa valeur n’a jamais été aussi élevée, mais il est incapable de la monnayer à Montréal. Après seulement 14 matchs avec les Oiseaux, Ménard redevient un Lion et retourne à Vancouver.
2-Pat Woodcock (receveur de passes, 2001-2003)
Si je vous dis « Pat Woodcock », à quoi pensez-vous? C’est ça! Son fameux touché de 99 verges à la Coupe Grey en 2002. Je le revois encore, capter la passe d’Anthony Calvillo et filer à vive allure sur un terrain aussi glissant qu’une patinoire. Une vraie fusée! J’étais convaincu que sa rapidité en ferait un receveur de premier plan pour longtemps, mais un essai dans la NFL et une blessure ralentissent sa progression dans la LCF dès la saison suivante. Après des décollages plus ou moins réussis à Ottawa, Edmonton et Hamilton, « La Fusée » reste au sol à tout jamais. Dommage.
1-Jake Wieneke (receveur de passes, 2019-2022)
À sa première saison, Jake Wieneke gagne plus de 500 verges, inscrit huit touchés et mérite le titre de recrue par excellence de la division Est. Il fait encore mieux à sa deuxième saison : quelque 900 verges, 11 touchés (un sommet dans la LCF) et une place sur l’équipe d’étoiles du circuit. À sa troisième saison, tous les espoirs sont permis, mais son ballon se dégonfle. Il ne récolte même pas 600 verges et se contente de deux touchés. Quand il se joint aux Roughriders de la Saskatchewan en 2023, il n’y a plus d’air dans sa balloune et il ne joue que six matchs.





