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Une Québécoise mènera le Canada aux Championnats du monde de flag football

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Sabrina Gervais, joueuse défensive de l'équipe de flag-football féminin du Canada, apparaît sur cette photo distribuée non datée. LA PRESSE CANADIENNE/Photo distribuée — Football Canada (Crédit obligatoire) (HO)

Elle est à la fois maman, professionnelle de la santé et joueuse expérimentée de flag football. La Québécoise Sabrina Gervais espère maintenant ajouter le titre d’Olympienne à son curriculum vitae.

Cette défenseuse chevronnée mènera l’équipe canadienne aux Championnats du monde de flag football de 2026. Les Canadiennes tenteront non seulement de remporter la médaille d’or, mais aussi de décrocher leur qualification pour les Jeux de Los Angeles en 2028, où le flag football sera officiellement ajouté au programme olympique.

« Ce serait la concrétisation d’un rêve auquel je n’aurais jamais osé penser auparavant, a déclaré Gervais. Je n’avais jamais envisagé les Jeux olympiques, mais maintenant que je suis toujours dans le coup, je pense que j’ai de bonnes chances, si je reste en santé et que je continue de jouer un rôle de meneuse au sein de mon équipe.

« Ce serait sans aucun doute un rêve devenu réalité », a-t-elle ajouté.

Les Championnats du monde de la Fédération internationale de football américain (IFAF) commenceront jeudi à Düsseldorf, en Allemagne. Le Canada entamera la compétition contre le Panama et le Brésil, avant d’affronter le Japon, vendredi.

Les deux premières équipes du classement décrocheront leur qualification pour les Jeux olympiques. Si les États-Unis atteignent la finale, les trois meilleures équipes se qualifieront, les Américaines étant déjà assurées d’une place à Los Angeles en tant que pays hôte.

Les Mondiaux de flag football ne sont pas la dernière épreuve de qualification olympique. Mais un échec en Allemagne signifierait devoir participer aux Championnats continentaux de l’IFAF de l’année prochaine, puis à la série finale de qualification olympique en 2028.

Le Canada est un sérieux prétendant à la médaille d’or en Allemagne. Il s’est qualifié pour les Championnats du monde en atteignant la finale des Championnats continentaux des Amériques de l’IFAF l’année dernière au Panama, s’inclinant 12-0 face au Mexique lors d’un match interrompu en première demie en raison de conditions météorologiques extrêmes.

Gervais, qui est âgée de 36 ans, est originaire de Maskinongé. Elle espère que le Canada affrontera non seulement le Mexique en Allemagne, mais qu’il pourra cette fois-ci disputer un match dans son intégralité.

« Bien sûr, nous avons travaillé pour nous améliorer afin de les affronter, a-t-elle dit. J’espère que nous nous retrouverons, car nous sommes prêtes. Nous pouvons simplement tirer les leçons de ce qui s’est passé l’année dernière et faire de notre mieux. »

Le Canada a également remporté une médaille de bronze aux Jeux mondiaux de 2025 en Chine, son tout premier trophée international en flag football féminin. Les Canadiennes ne pourront donc pas compter sur l’effet de surprise en Allemagne.

« J’ai l’impression que les gens commencent à nous connaître, a reconnu Gervais. Nous avons battu les États-Unis (34-33 lors de l’USA Football Summer Series, le 19 juin), et je pense que les gens commencent à parler davantage de nous.

« Mais pour notre part, nous allons simplement donner le meilleur de nous-mêmes, et les résultats suivront », a-t-elle enchaîné.

Gervais pratique le flag football depuis 24 ans et est une vétérane de l’équipe nationale. Cela l’a amenée à concilier le football avec son rôle de mère de jumeaux de 10 ans (un garçon et une fille) et son travail à temps plein en tant qu’ostéopathe et kinésiologue.

« Être maman m’aide à être plus résiliente, plus patiente, a expliqué Gervais. Je dispose également d’un formidable réseau de soutien qui est là pour les enfants quand ils en ont besoin.

« Je ne manque jamais une séance d’entraînement et je pense qu’en vieillissant, on connaît mieux son corps; on sait donc comment le pousser à fond et quand on a besoin de repos. Le repos est essentiel pour rester en bonne santé; c’est pourquoi de bonnes habitudes de sommeil et une alimentation équilibrée m’aident à rester au top », a-t-elle relaté.

Et pour continuer à encadrer les jeunes joueuses canadiennes.

« J’essaie de rester positive en permanence; j’essaie de vivre l’instant présent, a expliqué Gervais. Avec l’arrivée de nouvelles joueuses, j’essaie d’apprendre à les connaître du mieux que je peux afin de pouvoir les aider lorsque les choses se compliquent sur le terrain.

« Une partie de mon rôle de leader consiste à m’adapter à leurs stratégies pour les aider. Je pense que cela fait une grande différence sur le terrain », a-t-elle dit.

Gervais rend également hommage à l’entraîneuse-chef Rachel Lessard pour le succès international du Canada.

« Elle a des valeurs formidables qu’elle souhaite nous voir mettre en pratique, a mentionné la Québécoise. En tant qu’entraîneuse-chef, c’est elle qui dirige l’équipe, et nous nous sentons très soutenues par elle.

« Je trouve également formidable d’avoir une femme comme entraîneuse-chef. C’est la seule dans tous les programmes nationaux des pays à travers le monde », a-t-elle souligné.

Mais Gervais estime que le talent n’est pas le principal atout du Canada en Allemagne.

« Je trouve que nous avons une excellente chimie, a-t-elle évoqué. À ce niveau, il ne suffit pas d’avoir de grandes athlètes, il faut former un tout, tant en attaque qu’en défense.

« Nous formons une équipe, un tout… c’est ce qui rend notre équipe si forte », a-t-elle expliqué.

Gervais n’a pas encore décidé combien de temps elle continuera de jouer. Et elle ne se permet certainement pas d’envisager d’ajouter une médaille olympique à son palmarès.

« Non, non, je vis au jour le jour, a-t-elle assuré. Mais j’y prends toujours beaucoup de plaisir et tant que ce sera le cas, je resterai sur le terrain.

« Le fait de continuer de jouer, c’est aussi montrer aux gens de quoi on est capable et que, si on s’en donne les moyens, on peut réaliser tout ce qu’on veut… Je sens que je peux encore avoir un impact, sur le terrain comme en dehors, auprès de la nouvelle génération », a-t-elle résumé.