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Anderson et le CH ont perdu les pédales!

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La pénalité décernée à Juraj Slafkovský en début de troisième période était injustifiée. Totalement!

De l’arrière du jeu, l’arbitre pouvait croire que Slafkovský avait encerclé Ty Emberson de ses longs bras avant de le projeter par derrière contre la bande. La reprise obtenue d’une caméra beaucoup mieux placée que l’arbitre pour analyser le jeu a démontré que le gros attaquant du Canadien n’avait rien à se reprocher.

Rien de rien!

Mais attention! Aussi injustifiée était cette pénalité, elle n’a pas coûté le match au Canadien de Montréal. Loin de là!

Pendant l’attaque massive généreusement offerte par l’arbitre, les Oilers d’Edmonton n’ont pas été en mesure de marquer. Ils n’ont pas été en mesure de resserrer l’écart de deux buts (5-3) qu’Alex Newhook venait d’offrir à Samuel Montembeault et au reste de ses coéquipiers.

À vrai dire, tout allait encore très bien pour le Canadien après qu’il eut écoulé la pénalité écopée sans bonnes raisons par Slafkovský. L’équipe de Martin St-Louis était même toujours en plein contrôle du match solide qu’elle disputait jusque-là.

Trois buts sans riposte, un de Josh Anderson et deux autres de Cole Caufield enfilés en 111 petites secondes en fin de période médiane, avaient permis au Canadien de retraiter au vestiaire avec une avance fort méritée de 4-3.

Car après 40 minutes de jeu, c’est le Canadien qui était la meilleure formation sur la patinoire du Rogers Place. Le Tricolore avait pratiquement muselé le monstre à deux têtes des Oilers. Oui, Connor McDavid, mais après deux périodes le meilleur joueur de hockey au monde n’avait pas vraiment été menaçant. Pas plus que son complice Leon Draisaitl.

En jouant du hockey solide en zone défensive, en appliquant un bon échec avant, en gagnant les batailles à un contre un, le Canadien avait limité le monstre à deux têtes et les petites bibittes qui le suivent à seulement 14 tirs.

Et sur les trois buts accordés par Montembeault, il était difficile de lui faire quelque reproche que ce soit. Le premier avait été marqué par son coéquipier Newhook qui a fait dévier la rondelle avec son patin alors qu’il tentait de la bloquer; le deuxième a été le résultat d’une autre déviation, habile celle-là, réalisée par Adam Henrique dans l’enclave; sur le troisième, Darnell Nurse, mauvais en défensive du début à la fin du match, a racheté au moins un de ses erreurs en offrant une belle passe à Andrew Mangiapane oublié dans l’enclave.

Après deux périodes donc, le Canadien, qui disputait un deuxième match en deux soirs, était plus actif, incisif et organisé que les Oilers. Des Oilers désorganisés et passifs. Des Oilers qui n’avaient rien à voir avec le club qui s’est rendu deux années de suite en finale de la Coupe Stanley.

Anderson a tout bousillé

Pourquoi alors le Canadien a-t-il perdu ce match qu’il contrôlait de belle façon après deux périodes? Ce match qu’il contrôlait toujours à mi-chemin au dernier tiers, sept minutes après que Slafkovský eut écopé de sa pénalité totalement injustifiée?

Parce qu’il a perdu les pédales aux sens propre et figuré.

Que les partisans qu’ils soient entassés dans les gradins ou assis devant leur télé invectivent les arbitres quand ils sont trop sévères à leurs yeux à l’endroit de leurs favoris et pas assez à l’endroit de l’ennemi, c’est correct. C’est normal. Ça ne veut pas dire que les partisans ont raison pour autant. Ça non. Mais c’est normal, car leur cœur et leur passion prennent plus de place que leur raison.

Mais qu’un joueur perde le contrôle au point de se faire chasser par un arbitre comme Josh Anderson l’a fait hier soir à Edmonton, c’est moins correct. C’est même inacceptable.

Je ne sais pas ce qu’Anderson a dit aux arbitres après que Draisaitl eut donné un semblant d’espoir aux partisans des Oilers – il a resserré le pointage à 5-4 – avec un but marqué de l’enclave alors que Mike Matheson était au banc des pénalités.

Mais depuis le temps que j’échange avec les arbitres et juges de lignes autour de la LNH, je peux vous assurer qu’un joueur doit y aller de commentaires vraiment excessifs pour écoper une pénalité mineure parce qu’il a invectivé un officiel. Pour écoper une pénalité de 10 minutes, un joueur doit non seulement y aller d’injures, mais très souvent ces injures dépassent les cadres professionnels et touchent les aspects personnels des officiels.

Est-ce qu’on saura vraiment un jour ce que Anderson a lancé aux officiels? Je ne crois pas.

Mais peu importe ce qu’il a dit, c’était aussi injustifié que la pénalité décernée en début de troisième à Slafkovský.

Car la pénalité écopée par Matheson qui a mené au but de Draisaitl était belle et bien une pénalité. Oui! Matheson a fait trébucher McDavid. Ce n’était pas la plus flagrante des pénalités. J’en conviens. Mais c’était une pénalité quand même.

Une pénalité qui a permis aux Oilers de se réveiller. Et quand Anderson s’est retrouvé au cachot pour les commentaires sans l’ombre d’un doute très déplacés qu’il a lancé après ce but, les Oilers ont saisi l’occasion pour niveler les chances.

Le contrôle du match que le Canadien avait bien en main est alors passé dans le camp des Oilers. Et le but qui a permis aux Oilers de gagner et qui a privé le Canadien d’au moins un point en poussant le match en prolongation, on l’a senti venir de loin. D’aussi loin qu’on puisse sentir un putois en santé approcher.

Et à tous ceux et celles qui seraient tentés de lancer aux quatre vents que les arbitres ont favorisé les Oilers en leur offrant cinq attaques massives contre une seule à leurs favoris, qu’il est impossible que les Oilers se soient rendus coupables d’une seule infraction en 60 minutes de jeu, je répliquerais que vous ne vous en formalisiez pas trop le 11 octobre dernier lorsque le Canadien a obtenu 10 attaques massives, Chicago, où leurs favoris ont battu les Blackhawks 3-2. Des Hawks avaient obtenu six avantages numériques de moins que le Canadien.

Mais bon : le cœur a ses raisons que la raison ne comprend pas toujours...

Montembeault devait se dresser

S’il est clair qu’Anderson a perdu les pédales sur la patinoire et que du coup il a fait perdre les pédales et le contrôle du match à son équipe, il est tout aussi clair que Montembeault a raté une belle occasion de s’imposer devant le filet.

Je l’ai écrit plus haut, je le réécris encore : il est difficile de reprocher quoi que ce soit à Montembeault sur les trois premiers buts. Et vous savez quoi? Il n’a pas fait de cadeaux aux Oilers sur les trois autres non plus.

Mais Montembeault devait sauver un de ces trois derniers buts. Peut-être même deux. Il devait le faire pour lui et pour ses coéquipiers. Il devait le faire pour démontrer qu’en dépit son début de saison difficile et des statistiques personnelles gargantuesques en comparaison aux « chiffres » faméliques de son coéquipier, que c’est toujours lui le numéro un devant Jakub Dobeš qui est l’adjoint.

Il n’a pas relevé ce défi.

Victime de six buts sur 29 tirs seulement, Montembeault est loin d’avoir amélioré ses statistiques.

S’il avait réalisé deux arrêts de plus, jeudi soir, à Edmonton, deux arrêts qui auraient permis de faire contrepoids au fait qu’Anderson a perdu les pédales avant de faire perdre le contrôle du match à son équipe, personne ne pointerait du doigt ses statistiques ce matin.

Personne ne lancerait que le temps est venu de donner le but à Dobeš et de le lui laisser tant et aussi longtemps qu’il sera en mesure de le garder.

Si Montembeault avait effectué ces deux arrêts supplémentaires et ô combien nécessaires pour lui et son équipe, on parlerait de l’ascension de Caufield parmi les meilleurs francs-tireurs de la LNH. On se réjouirait du fait qu’Ivan Demidov s’est enfin retrouvé au sein de la première unité d’attaque massive.

Mais ces arrêts, on les attend encore ce matin. Ce qui attisera la damnée polémique sur l’utilisation des gardiens du Canadien.