MONTRÉAL – Au lendemain de l’annonce de la prolongation de contrat de cinq ans que venait de lui octroyer Geoff Molson, le président des opérations hockey du Canadien, Jeff Gorton, s’est fait demander ce qu’il aimait du groupe qu’il avait contribué à assembler au fil des années.
« J’aime sa force de caractère, son talent, sa jeunesse, son enthousiasme. On ne peut jamais compter ces gars-là pour battus », a-t-il répondu.
Son observation était alignée avec ce que l’équipe avait démontré la veille contre le Kraken de Seattle. Elle s’est aussi avérée prophétique.
Contre les Predators de Nashville, jeudi soir, le Canadien a solidifié sa réputation, celle d’une équipe tenace dont on peut difficilement se débarrasser. Il a forcé la tenue d’une prolongation avec 19,5 secondes à faire en troisième période, puis a mis un deuxième point en poche à deux secondes de la fin de la prolongation.
Chaque fois, le même héros : Cole Caufield, encore lui.
En fin de troisième, alors que le Canadien avait retiré Jakub Dobeš à la faveur d’un patineur supplémentaire, Caufield a reçu une longue passe de Lane Hutson, qui venait de bloquer un tir de Jonathan Marchessault vers le filet désert. « Il nous a dit qu’il a appris ça de David Savard, alors on salue Dave! », a blagué Caufield. Celui-ci s’est approché de Juuse Saros et l’a déjoué d’un tir bas du côté court, sous le bloqueur.
À la fin de la période de prolongation, Nick Suzuki est sorti du coin de la patinoire en possession de la rondelle. Il avait déjà frappé le poteau et raté une chance platine dans ce bris d’égalité. Avec huit tentatives de tir à sa fiche, le capitaine a opté pour une passe en retrait à Caufield, son incandescent complice. La décision lui a souri. Le numéro 13 a inscrit son cinquième but à ses trois derniers matchs.
« Je pense que si vous demandez à n’importe qui dans ce vestiaire, il vous dira qu’on aimerait mieux jouer un match tranquille de 60 minutes plutôt que de continuer à se compliquer la vie, a commenté Caufield. Mais on est une équipe qui aime batailler et on n’est jamais battus tant que ce n’est pas fini. »
Avec cette finale dramatique, le Canadien a porté à quatre sa série de victoires.
À Chicago samedi dernier, il a laissé filer deux avances avant de conclure avec le dernier mot. Contre Seattle, il a laissé le Kraken revenir de l’arrière trois fois et prendre les devants en troisième période, mais a refusé d’abdiquer.
Jeudi, on a longtemps douté de sa capacité à se faire justice contre des visiteurs qui a offert du jeu serré, prudent et efficace pendant deux périodes. Mais il a trouvé une façon d’arriver à ses fins.
« Évidemment, marquer le premier but, c’est gros, mais ça n’arrive pas toujours. Il faut savoir répondre de la bonne façon, a proposé Caufield, qui maîtrise clairement cet art. Ce soir, on n’a jamais triché en troisième période. Ça en dit beaucoup sur notre équipe, sur le progrès qu’on a réalisé. »
« Je crois qu’on est un groupe acharné, affamé. On n’a jamais l’impression que notre chien est mort, a dit Hutson. Ce n’est jamais idéal de tirer de l’arrière, mais je crois qu’il n’y a aucun contexte dans lequel on ne se sent pas à l’aise. »
Oliver Kapanen a été l’autre buteur du CH. Avec six minutes d’écoulées en troisième, il a trouvé la faille dans une défensive jusque-là hermétique et créé l’égalité 1-1.
Nick Perbix a redonné les devants aux Preds à 11:21 du dernier vingt. Quelques secondes auparavant, Saros avait fermé la porte à Mike Matheson au terme d’une poussée spectaculaire.
Saros semblait d’ailleurs dans le genre de forme à laquelle une équipe en quête d’un but ne veut pas se frotter. Il aura fallu un tireur d’élite en transe pour le battre, deux fois plutôt qu’une, et mettre une ambiance de carnaval dans une soirée longtemps peu inspirante.
« J’ai aimé notre match, a indiqué l’entraîneur-chef Martin St-Louis. Je sais qu’à un certain moment, ils gagnaient sur le tableau, mais ils ne nous battaient pas. Leur gardien a très bien joué, c’est une équipe qui se défend fort. On savait que ça serait ce genre de match, mais tu continue, t’sais? Tu continues et c’est ça qu’on fait. Tu te gardes tout le temps proche des matchs et on est capable d’aller les chercher. »
« Ça aurait été le fun d’avoir l’avance plus de bonne heure. Mais [les Predators] ne sont pas une équipe qui va te donner bien des affaires. Il ne faut pas que tu te tires dans le pied, il faut que tu sois patient et je trouve qu’on a fait ça. On a joué une grosse troisième. J’ai aimé notre match. »
Seule zone d’ombre : Kaiden Guhle a quitté la patinoire en douleur avec sept minutes et demie à jouer en troisième période. Il n’a plus effectué de présence par la suite.
Le Canadien jouera son prochain match samedi contre les Rangers de New York.





