MONTRÉAL – Ivan Demidov, avec The Animal I Have Become, et Cole Caufield avec Money for Nothing avaient choisi des chansons qui sont devenues inspirantes après leur superbe match.
Dès qu’il a été repêché par le Canadien, Demidov a réalisé que son parcours dans la LNH serait spécial. Avec tout le talent dont il dispose, il venait d’atterrir dans le marché idéal pour l’exposer.
Pour cette ouverture locale, Demidov ne disputait que son 11e match en carrière dans le circuit Bettman. Il avait déjà réussi quelques bijoux, mais il a ajouté d’autres merveilles avec une passe savante et un but extraordinaire en fin de rencontre.
Les spectateurs ne pouvaient que témoigner leur amour précoce à cette bête sur patins.
« Sky is the limit », a résumé Mike Matheson sans craindre de pousser la note.
« Ses habiletés sont tellement impressionnantes. On sera là pour l’aider, mais il sait déjà comment se débrouiller », a ajouté Matheson en souriant.
Le talent de Demidov lui sort par les oreilles au point que le capitaine Nick Suzuki n’était nullement surpris par son chef-d’œuvre.
« C’était un magnifique jeu surtout pour sa patience de berner ses adversaires et de marquer du revers. Mais je suis certain qu’il a fait ça toute sa vie et que ce n’est rien de nouveau pour lui. Il est un joueur spécial », a noté Suzuki.
« Il a dit qu’il avait eu trop de temps », a poursuivi Suzuki en étant fasciné par la vitesse du cerveau qui anime Demidov.
Noah Dobson a souvent agi en tant que quart-arrière pour ses coéquipiers. Cette fois, sur la deuxième vague de l’avantage numérique, ce rôle revient régulièrement à Demidov en tant que seul gaucher du quintette.
Demidov peut donc exprimer ses talents de fabricant de jeux en alimentant ses quatre partenaires droitiers. Mais voilà tout un mandat pour un athlète de 19 ans qui débarque à peine dans la LNH.
« C’est vrai, c’est une grande responsabilité. Peu de joueurs de 19 ans peuvent assumer un tel rôle, mais il possède un talent spécial. C’est notre travail de lui fournir des options. Il est si talentueux, je ne suis aucunement surpris de le voir réussir de tels jeux », a exprimé Dobson.
Quant à Caufield, il a avoué « qu’on ne peut jamais savoir ce qu’il fera et c’est plutôt cool. »
On arrive justement à la chanson de Caufield. Le succès Money for Nothing de Dire Straits date de 1985, 16 ans avant la naissance du franc-tireur du CH.
Mais il y a une sublime ironie dans ce titre. Car non, Caufield n’obtient pas son argent pour rien. Son contrat lui rapporte 7,85 millions par saison et il a répondu avec 37 buts la saison dernière.
Ce neuvième but de Caufield en prolongation vaut, bien sûr, son pesant d’or. Mais Caufield est également devenu un joueur plus fiable. Mardi soir, on l’a vu imposer une belle pression sur ses adversaires et il s’aventure désormais dans les endroits névralgiques.
« On peut corriger bien des trucs, mais c’est important de trouver une manière de gagner. On devait une victoire à nos partisans », a exprimé Caufield qui a encore démontré son grand côté compétitif.
Et il s’impose de continuer sur le même thème pour Lane Hutson qui avait choisi la chanson Come with Me Now de Kongos.
Avec ce titre et des paroles comme I’m gonna show how, il serait difficile de ne pas penser à la magie de Hutson sur la patinoire pour le bénéfice de son équipe.
Hutson n’était pas content de son début de saison, mais il a répondu avec l’aplomb de cette chanson.
« Il est bâti de cette façon, il a fait la différence toute sa vie. Il trouvait qu’il n’avait pas encore réussi cela cette saison, il en est affamé. Je ne veux pas lui enlever cet atout. Il a un grand niveau de compétition », a vanté l’entraîneur Martin St-Louis.
Difficile de savoir quelle chanson aurait été la sélection de St-Louis, mais on dira simplement qu’il a été touché par l’ovation monstre de la foule à son endroit avant la rencontre.
« J’ai vécu ça avec beaucoup d’émotion, c’est flatteur. J’apprécie l’amour des partisans et je les aime autant. On est fiers, j’ai grandi ici, j’ai été un partisan du CH. Quand je vous parle [aux médias], vous me donnez une plate-forme pour parler aux partisans que ce soit une bonne ou une mauvaise question. J’essaie de mériter leur respect tous les jours », a conclu St-Louis.




