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La semaine en CHiffres : les Harlem Globetrotters sur glace

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COLLABORATION SPÉCIALE - SPORTLOGIQ

Bienvenue à La Semaine en CHiffres. Chaque semaine, je mets de l’avant des statistiques clés qui ont défini les succès et ratés de la formation au cours des sept derniers jours.

Cette semaine : Harlem Globetrotters sur glace, Lane Hutson ajoute une corde à son arc et Slafkovsky le facteur

1:16

Temps de possession à 6 contre 5 vs Toronto

Le mois de novembre a été dur pour le Canadien, avec plusieurs grosses défaites et des blessures qui s’accumulent. C’était une histoire similaire pour leurs adversaires de samedi soir, les Maple Leafs de Toronto. Un match de rivalité, à domicile, contre tes plus grands rivaux, s’est avéré être exactement ce que le CH avait besoin pour se remettre sur le piton.

Une fois que Lane Hutson a ouvert la marque, Montréal a complètement dominé la rencontre. On retrouvait enfin l’équipe dynamique qui nous a gardés sur le bout de notre siège pour tout le mois d’octobre. Mais ce qui m’a impressionné plus que tout, c’est le jeu du Canadien lors de pénalités à retardement.

Ce qui est habituellement qu’un surnombre de quelques secondes, si le gardien a même le temps de se rendre au banc, s’est transformé en démonstration de ce que le talent pur du CH peut faire quand ça clique.

Lors de deux opportunités en deuxième période, les Canadiens ont fait ce qu’ils voulaient avec la rondelle. Passes transversales, tirs sur réception, feintes à droite et à gauche, les six patineurs étaient en parfait synchronisme et Toronto n’avait aucune réponse. Comme l’a dit l’un des commentateurs, Montréal avait l’air des Harlem Globetrotters, dansant autour des Leafs comme s’ils étaient les Generals de Washington. Et ça aurait pu être encore plus long si le casque de Joseph Woll ne s’était pas détaché, alors que Nick Suzuki récupérait encore une fois la rondelle dans le coin après un tir sur réception de Cole Caufield.

Au total, Montréal a eu la rondelle sur son bâton pour 1:16 à 6 contre 5, un des plus hauts totaux en un match cette saison, mais il ne faut pas oublier que 6 contre 5 n’inclut pas seulement les pénalités différées, mais aussi les filets déserts en fin de match. Si l’on exclut alors les troisièmes périodes*, c’est non seulement la meilleure marque de la saison, c’est le plus haut total accumulé depuis que Sportlogiq a commencé à compiler la statistique en 2015-16. Même chose pour les 36 passes complétées et 42 passes tentées en zone offensive. Et c’était véritablement un travail collectif, alors que tout le monde touchait à la rondelle. Demidov, Suzuki, Hutson, Caufield, Slafkovsky, et Dobson ont tous complété au moins quatre passes.

*J’aimerais bien enlever seulement les filets déserts et garder les pénalités différées en 3e, mais je suis limité par mes outils, malheureusement.

5,8

Tirs tentés en moyenne par Lane Hutson lors de ses 5 derniers matchs

Au cours de sa saison recrue historique, atteindre le plateau des 60 mentions d’aides n’est pas le seul exploit unique qu’a accompli Lane Hutson. Avec seulement 91 tirs au compteur, Hutson est le seul défenseur de l’histoire de la LNH, recrue ou vétéran, qui a atteint le plateau des 60 points tout en décochant moins de 100 tirs (Larry Robinson est passé bien près, avec 61 points et 101 tirs en 1974-75).

C’était une de mes critiques constructives de son jeu l’an dernier. L’absence quasi totale d’une menace de tir permettait à ses couvreurs de tricher vers les options de passes, ignorant le danger immédiat du porteur de la rondelle. La saison a commencé de la même façon pour Huston, qui a tenté 3,1 tirs en moyenne lors de ses 16 premiers matchs, le plaçant tout juste en dehors du top-100 chez les défenseurs.

Au cours des dernières rencontres, on voit un Lane Hutson beaucoup plus agressif. Il a décoché au moins cinq tirs lors de quatre de ses cinq derniers matchs, culminant avec huit contre Toronto. Un sommet, non seulement cette saison, mais en carrière pour le jeune défenseur, et les résultats suivent. Quatre points à ses trois derniers matchs, incluant deux buts. Ce n’est que la deuxième fois qu’il marque deux buts dans un même mois, et la première qu’il le fait en seulement trois matchs.

Hutson n’aura jamais un boulet de canon à la Shea Weber dans son arsenal. Sa vision, ses mains et ses instincts de passeur seront toujours ses plus grandes forces. Mais l’ajout d’une option de tir légitime à son arsenal devra faire hésiter les défenseurs adverses pour une fraction de seconde supplémentaire. Souvent, c’est tout ce dont il a besoin.

0:31

Temps de possession en zone offensive à 5 contre 5 sur le 2e trio pour Juraj Slafkovsky

J’avoue que quand l’annonce a été faite que Juraj Slafkovsky allait être séparé de Caufield et Suzuki, j’étais très surpris. Le trio était demeuré intact pour près de deux saisons complètes et l’était resté pour tout le début de la saison, encore une fois avec d’excellents résultats. Martin St-Louis dépendait énormément de cette unité.

Les blessures et l’accumulation de défaites ont poussé St-Louis à changer la recette gagnante, envoyant Slaf aux côtés de Demidov et Kapanen, avec Bolduc qui prenait sa place aux côtés de 13 et 14, pour tenter d’apporter un peu plus d’équilibre à la formation. Honnêtement, je m’attendais à des difficultés, alors que Demidov et Slafkovsky allaient devoir s’adapter l’un à l’autre, mais la chimie s’est avérée immédiate.

Habituellement, Slaf est un joueur complémentaire, qui aide à activer Suzuki et Caufield en gagnant des batailles le long des rampes, avant de couper au filet, un rôle qu’il remplissait avec brio. Sur le deuxième trio, il doit maintenant être beaucoup plus impliqué dans la création d’opportunités et être l’un des conducteurs principaux, aux côtés de Demidov. Après trois matchs, c’est définitivement une audition réussie.

Juraj Slafkovsky

J’ai toujours aimé les talents de passeur du jeune Slovaque. La précision et la finesse ont encore besoin d’être travaillées, mais il peut décocher des passes transversales sans avertissement et a un bon instinct du jeu, beaucoup mieux qu’à ses premières saisons. Avec ce 2e trio, il agit comme un des manieurs de rondelle principaux, obtenant même plus de temps de possession à 5 contre 5 que Demidov (0:26) et mène l’équipe en passes tentées vers l’enclave depuis le changement, une moyenne qu’il a doublée au cours de cette séquence. Il n’a qu’un point à ses trois derniers matchs, mais il n’y a aucun doute qu’il joue de l’excellent hockey.

Slafkovsky prouve qu’il peut « porter le courrier », pour reprendre l’expression de Nick Bobrov, ce qui ouvre les options de Martin St-Louis. Avec ce genre de performances, les points vont venir tôt ou tard.

«Trust the process.»