COLLABORATION SPÉCIALE
Bien qu’il reste techniquement plus d’un mois avant la date limite des échanges, la pause olympique, qui vient avec une halte des transactions du 4 au 22 février, vient raccourcir l’échéancier à travers la LNH.
Le Canadien, par exemple, n’a que huit matchs à l’horaire avant la date limite. Huit matchs pour évaluer ses forces et ses faiblesses. Huit matchs pour véritablement comprendre où ton club se situe non seulement dans sa progression, mais dans la course aux séries. Huit matchs pour évaluer tes besoins.
On sait que Kent Hughes demeure attentif sur le marché des transactions, attendant qu’un joueur qui « fitte » dans le moule de l’équipe se fasse disponible. L’équipe a trop d’attaquants de calibre LNH (dont Patrik Laine, qui serait une excellente pièce pour faire fonctionner le côté salarial d’un échange), une banque d’espoir bien remplie et tous ses choix des trois prochaines années à l’exception de la 5e ronde cette saison.
Il a toutes les pièces pour frapper un gros coup. Trouver un joueur qui est encore jeune, a prouvé qu’il peut produire à un haut niveau et est sous contrôle pour plusieurs saisons est plus facile à dire qu’à faire, mais comme nous l’a démontré la transaction de Quinn Hughes, rien n’est impossible.
En regardant la liste de cibles potentielles selon TSN, quatre noms ressortent du lot pour Montréal.
Les contrats jumeaux : Robert Thomas et Jordan Kyrou
Alexandre Texier et Zachary Bolduc, deux anciens des Blues, sont de solides contributeurs pour le CH cette saison. Alors, pourquoi ne pas aller en chercher un autre?
St. Louis connaît une saison difficile et est apparemment prêt à écouter les offres sur ses deux joueurs vedettes : Robert Thomas et Jordan Kyrou. À respectivement 26 et 27 ans et avec des contrats identiques de 8,125 millions $ par année pour 5 autres saisons, les deux joueurs sont exactement le genre d’atouts qui se grefferaient à la perfection au noyau du CH. Ils ont tous deux des clauses de non-échange, mais les rumeurs venant de St. Louis semblent indiquer qu’ils pourraient décider de les lever pour la bonne destination.
Si l’organisation décide qu’Oliver Kapanen (et Michael Hage quand sa saison collégiale se terminera) est suffisant comme 2e centre, du moins pour le reste de la saison, Kyrou serait un ajout intéressant au top-6. Il est purement un ailier (81 mises en jeu en 458 matchs en carrière) et il pourrait représenter une grosse amélioration comparativement à Alexandre Texier aux côtés de Suzuki et Caufield.
Kyrou se démarque par sa vitesse et serait une menace en transition pour une équipe déjà rapide. Même lors d’une saison difficile où il a été laissé de côté à quelques occasions, il mènerait le CH en chances de marquer en entrée de zone. L’an dernier, il en a obtenu 92; aucun membre du CH n’était au-dessus de 62. Avec entre 67 et 75 points amassés lors des 4 dernières saisons, il apporterait un punch offensif de plus dans le top-6.
Si l’organisation croît plutôt que Kapanen est un joueur de 3e trio à long terme ou qu’il doit être inclus dans la transaction pour convaincre les Blues, Robert Thomas est le joueur à cibler. Bien qu’il connaisse lui aussi une année plus difficile, à l’image de son équipe, Thomas a atteint le plateau du point par match lors des deux dernières saisons.
Même cette année, il est un centre responsable défensivement qui se classe top-25 chez les attaquants en passes bloquées et batailles à 1 contre 1 remportées, en plus de gagner au moins 52% de ses mises en jeu au cours des quatre dernières saisons.
Il est un fabricant de jeu hors pair qui, l’an dernier, n’était devancé que par Nikita Kucherov, Nathan MacKinnon, et Connor McDavid en passes complétées vers l’enclave, un excellent indicateur de son habileté à repérer ses coéquipiers dans la zone payante. Thomas a aussi eu la chance de jouer 21 matchs de séries à son année recrue, aidant les Blues à mettre la main sur la coupe Stanley en 2019.
Dans les deux cas, c’est l’équivalent de la transaction Dobson, mais en attaque. Un joueur dans la mi-vingtaine qui a du contrôle sur son futur (joueur autonome avec compensation pour Dobson, clauses pour Thomas et Kyrou) et qui a déjà de la production de haut niveau à sa feuille de route. En termes d’options qui sont réalistement disponibles sur le marché, les deux attaquants des Blues pourraient difficilement cocher plus de cases pour Montréal.
Le projet de réclamation : Elias Pettersson
Quelle drôle de carrière pour Pettersson.
Avec 102 points en 2022-23, 89 en 2023-24 et trois saisons consécutives de 30 buts à seulement 25 ans, il semblait destiné à être l’une des vedettes de sa génération. Sa production offensive a régressé à vitesse grand V depuis, avec seulement 45 points en 64 matchs l’an dernier, et 30 en 43 cette saison.
Les Canucks sont fins seuls au dernier rang dans la LNH lors d’une saison cauchemardesque. Et avec Quinn Hughes qui a déjà changé d’adresse, ça ne surprendrait personne que Pettersson, qui a déjà vu son nom faire le tour du moulin à rumeurs depuis longtemps, soit le prochain.
Bien que les points ne soient pas au rendez-vous, Pettersson a tout de même de très solides statistiques avancées.

Pettersson performe mieux défensivement que le crédit qu’on lui donne. Il a évolué au moins 1:14 par match en infériorité numérique lors de 3 des 4 dernières saisons et a même reçu des votes pour le trophée Selke en 2023 et 2024. Il bloque plus de tirs par match que tout autre attaquant cette année, coupe les lignes de passes et performe bien en duels à 1 contre 1 même s’il n’est pas le joueur le plus physique. Offensivement, il demeure actif comme fabricant de jeu principal à Vancouver, surtout sans Quinn Hughes.
Avec le chaos apparent à Vancouver, un changement d’adresse pourrait faire un grand bien à Pettersson. Il n’a toujours que 27 ans, ce qui s’aligne avec les joueurs les plus âgés du noyau du CH comme Dobson et Suzuki. Son contrat est coûteux, avec 6 autres saisons à 11,6 millions $, et pourrait rapidement devenir un boulet s’il ne retrouve pas sa forme d’il y a quelques années.
Le Canadien a une grande confiance en son habileté à développer et extraire le meilleur de ses joueurs. S’il pense qu’il peut appliquer cette magie à Pettersson, il pourrait donner au Canadien un des duos de centres les plus dynamiques de la LNH. Un pari risqué, mais avec une incroyable récompense si ça fonctionne.
L’option « All-in » : Artemi Panarin
À 34 ans et joueur autonome à la fin de la saison, Artemi Panarin ne s’aligne pas du tout avec la fenêtre du CH, ni avec la vision de construire à long terme. Ce serait un gros prix à payer pour un atout dont les meilleures années sont derrière lui. Il a une clause de non-échange complète et coûte plus de 11 millions $. Je suis au courant de tout ça.
Mais imaginez pour une seconde Artemi Panarin qui joue sur l’aile d’Ivan Demidov, pendant que Juraj Slafkovsky reprend sa place sur le premier trio. Le vétéran russe pourrait être un mentor pour son compatriote recrue et une autre arme offensive pour Martin St-Louis.
Panarin donnerait un autre tireur dans le top-6 du CH, qui a la fâcheuse tendance de faire une passe de trop (ou dix). Avec 364 tirs tentés cette saison, il serait de loin le meneur chez le CH, confortablement devant les 280 de Cole Caufield. Il serait aussi le meneur en tirs sur réception avec 81, 20 de plus que Noah Dobson.
Panarin demeure aussi un excellent passeur, qui devrait atteindre le plateau des 50 aides pour une 8e saison au cours des 9 dernières années, la seule exception étant ses 41 aides en 42 matchs lors de la saison raccourcie par la COVID. Il serait 2e derrière Lane Hutson pour les passes vers l’enclave et devancerait le défenseur du CH en temps de possession en zone offensive. Bref, malgré ses 34 ans, il demeure un dynamo offensif sur tous les plans.
Est-ce qu’il est l’option la plus logique, ou probable? Non, absolument pas. Et avec un prix qui, selon Elliotte Friedman, commence à celui de Brock Nelson l’an dernier (Callum Ritchie, choix de 1er et 3e tour, et Oliver Kylington, qui a été échangé immédiatement pour des considérations futures), je ne suis pas convaincu que c’est comme ça que Kent Hughes veut utiliser ses munitions, surtout pour une solution à court terme.
Mais un top-6 de Caufield-Suzuki-Slafkovsky et Panarin-Kapanen-Demidov serait absolument incroyable à voir en Bleu-Blanc-Rouge pour une trentaine de matchs et un parcours en séries, même si ce n’est pas l’option sensée.






