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Les maudits arbitres!

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Les fantômes du Forum font place aux pénalités fantômes?

Les fantômes du Forum font place aux pénalités fantômes?

« Je veux que les joueurs déconnectent et reviennent avec les bonnes intentions »

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Slafkovsky, le joueur baromètre pour Montréal?

Slafkovsky, le joueur baromètre pour Montréal?

MONTRÉAL - De toutes les prédictions « savamment » élaborées avant le début des séries éliminatoires, celles associées au duel entre le Canadien et le Lightning étaient parmi les plus difficiles à formuler.

Peu importe que certains aient favorisé le Canadien et que d’autres aient appuyé le Ligthning, il été majoritairement acquis que cette série serait longue. Qu’elle se rendrait probablement jusqu’à la limite des sept parties.

Un seul point faisait l’unanimité. Ou presque!

Les arbitres, comme ils le font traditionnellement quand vient le temps des séries, rangeraient leurs sifflets. Ils lèveraient le bras seulement lorsque c’est vraiment nécessaire. Ou lorsqu’une rondelle est projetée de la zone défensive directement dans les gradins!

Et ces arbitres, peu importe les décisions rendues, seraient lapidés de critiques, accusés de favoritisme, hués copieusement autant par les partisans du Canadien que par ceux du Lightning.

Après quatre matchs, c’est tout le contraire qui arrive dans la série opposant le Tricolore aux « Bolts ».

Pas tout à fait, car les huit arbitres dépêchés jusqu’ici ont reçu plus que leur part de critiques. Certaines méritées, il est vrai.

Mais il y a des limites à scander aussi fort que les « Olé! Olé! Olé! » qui ont fait vibrer le Centre Bell au cours de deux derniers matchs que les arbitres et la LNH favorisent le Lightning au détriment du Canadien.

Que penser de l'arbitrage? À l'Antichambre, nos panélistes discutent des nombreuses pénalités appelées par les officiels.

Les quatre duos d’officiel ont distribué un total de 66 pénalités mineures au fil des quatre premières rencontres. Dont deux pénalités de banc pour avoir eu trop de joueurs sur la patinoire. Une de chaque côté. Les soixante-quatre autres pénalités mineures ont aussi été également réparties entre le Canadien et le Lightning.

Soixante-quatre pénalités mineures en quatre matchs, c’est beaucoup? Oui! Les Flyers, après les quatre matchs qui les ont opposés aux Penguins jusqu’ici, suivent le Tricolore et les « Bolts » avec 27 pénalités mineures.

Le Canadien, avec cinq buts marqués en 19 occasions – au 4e rang des équipes en séries avec une efficacité de 26,3 % – a plus profité des avantages numériques obtenus que le Lightning qui a marqué quatre fois en 20 occasions.

Et ce n’est pas comme si les arbitres s’étaient montrés plus sévères à l’endroit du Canadien en situations critiques qu’à l’endroit du Lightning.

Est-il besoin de rappeler que Juraj Slafkovsky a marqué trois fois en attaques massives lors du premier match, dont la dernière fois en prolongation, pour donner la victoire au Tricolore lors du premier match?

Est-il besoin de rappeler également que Scott Sabourin a été chassé avec 2 min 15 s à faire en troisième période lors du deuxième match? Cette pénalité a offert la chance au Tricolore de gagner en temps réglementaire. Une chance qu’il a bousillée avant de perdre en prolongation.

Dimanche, lors du quatrième match, Nikita Kucherov s’est à son tour retrouvé au cachot avec un peu plus de trois minutes à faire. Le Canadien a donc pu jouer à cinq contre quatre et six contre quatre une fois Dobes rappelé au banc à la faveur du sixième attaquant pour niveler les chances.

Les partisans qui criaient à l’injustice dimanche et le font encore ce matin semblent avoir oublié ces moments favorables au Tricolore.

C’est normal! C’est le propre d’être partisan. D’où l’importance de prendre un peu de recul pour placer les choses en perspective. Même si ce n’est pas populaire. Même si ça entraîne des cascades de critiques et d’insultes.

Slafkovsky : mise en échec légale

Dimanche soir, au Centre Bell, les 22 000 partisans entassés dans les gradins, dont 21 998 favorisaient grandement le Tricolore, ont copieusement hué plusieurs des décisions ou des non-décisions du duo Wes McCauley-Brandon Blandina.

McCauley et Blandina n’ont pas aidé leur cause avec des décisions un brin ou deux aléatoires au fil du match. C’est indéniable.

Mais à écouter et lire les doléances des partisans du Canadien, ce sont McCauley et Blandina qui ont coûté le match à leurs favoris. Ce sont pourtant leurs favoris qui ont laissé filer une avance de deux buts. La première avance de deux buts depuis le début de la série. Et qui ont bousillé la chance en or de niveler les chances en fin de rencontre. Ce qui nous aurait offert une quatrième prolongation consécutive dans cette série.

La mise en échec de Max Crozier aux dépens de Juraj Slafkovsky vient en tête de liste des doléances et des critiques.

Une mise en échec qui a changé l'allure du match Nos panélistes discutent de la mise en échec percutante de Max Crozier envers Juraj Slafkovsky.

Pourtant : cette mise en échec ne justifiait pas la moindre pénalité. Le fait que les responsables de la sécurité des joueurs, après avoir regardé toutes les reprises disponibles et les avoir regardées au ralenti et au super-ralenti aient donné raison aux arbitres devrait calmer les ardeurs.

Mais non!

Plusieurs partisans assurent dur comme fer que Crozier a quitté la glace avant l’impact et qu’il a frappé Slafkovsky à la tête alors que les images confirment globalement le contraire.

Sur cette séquence, le Canadien a même été chanceux de s’en tirer avec une seule pénalité mineure décernée à Mike Matheson qui est venu venger son coéquipier encore étendu sur la glace. Car une deuxième infraction survenue devant le banc des joueurs aurait dû être imposée au Canadien qui se serait alors retrouvé à trois contre cinq.

Question en passant : si Arber Xhekaj assène cette mise en échec et qu’il envoie Brandon Hagel cul par-dessus tête, est-ce que les partisans du Canadien crieraient à l’injustice ou louangeraient le jeu physique du défenseur?

Soyez honnête!

Kapanen, Evans et les fantômes

Quoi penser du bâton élevé attribué à Oliver Kapanen dès la première minute de la troisième période? Une pénalité coûteuse au cours de laquelle le Lightning a nivelé les chances?

Une reprise largement diffusée sur les médias sociaux ouvrait la porte aux critiques montrant clairement que le bâton de Kapanen n’a jamais touché Dominic James.

L’ennui, et il est de taille, c’est que l’infraction s’est produite quelques secondes plus tôt. S’appuyant sur une portion de reprise qui faisait leur affaire, les partisans ont donc crié à l’injustice; à une pénalité « fantôme ».

Pourtant, Kapanen s’est bel et bien rendu coupable d’un bâton élevé.

Est-ce que l’arbitre a attendu trop longtemps avant de lever le bras? Sans doute. Mais combien de fois voit-on cela arriver dans une situation inverse alors que l’arbitre se fait convaincre qu’il y a une pénalité par la réaction des passionnés partisans du Canadien?

Est-ce que James aurait pu écoper d’une pénalité pour réaction exagérée? Sans doute. Mais comme j’aime le faire dans ce genre de situation, je demande aux partisans du Canadien s’il aurait été d’accord avec une telle pénalité si les rôles avaient été inversés? Si Kapanen avait été atteint au visage et non James et qu’il avait réagi comme le joueur du Lightning?

Attendez avant de répondre...

Et Jake Evans?

Selon les partisans outrés, il n’a jamais touché à Nikita Kucherov alors que les arbitres l’ont chassé pour double-échec.

Les arbitres, comme ils avaient le droit et la nécessité de le faire, ont initialement imposé une pénalité majeure pour se donner la chance de revoir le jeu et de l’analyser. Une chance. Car sur le jeu en direct, Evans aurait facilement pu écoper une pénalité majeure alors qu’une mineure était suffisante.

Kucherov, qui semblait blessé, a pourtant pris part à l’attaque massive qui a suivi. C’est frustrant? Mettez-en!

Mais cela arrive souvent autour de la LNH. Et c’est souvent arrivé qu’un joueur du Canadien se remette rapidement d’une infraction à ses dépens pour sauter dans la mêlée dès le début de l’attaque massive.

En passant, le double-échec imputé à Evans en troisième était en tous points identique à celui qui a valu une pénalité mineure à Yanni Gourde en milieu de première période.

Et je n’ai pas lu ou entendu quelconque réaction négative des fans du Canadien après que Gourde eut pris le chemin du cachot!

Répondre de leurs décisions

Wes McCauley et Brandon Blandina sont loin d’avoir été parfaits dimanche soir. Mais ce n’est pas eux qui ont laissé filer une avance de deux buts et marqué une seule fois en six attaques massives.

Il ne faudrait pas l’oublier.

Cela dit, et ce n’est pas seulement bon pour le match d’hier, les arbitres de la LNH, comme ceux du baseball majeur, devraient pouvoir répondre de leurs décisions.

Ils devraient être rencontrés après les matchs par un représentant des médias – qui pourrait relayer les informations à ses collègues ensuite – pour expliquer ou justifier une ou des infractions qu’ils ont pénalisées, autant qu’une ou des infractions potentielles qu’ils ont décidé de laisser passer.

Ces explications ne calmeraient pas toujours la grogne des partisans. Mais cela permettrait de mettre les choses en contexte, de rappeler les règlements et d’au moins clarifier des situations qui ont parfois, et même souvent, besoin d’être clarifiées.

Et vous savez quoi? Je suis convaincu que les arbitres seraient les premiers à vouloir justifier les décisions qu’ils ont prises au cours du match et qui soulèvent beaucoup de questions ou de colère c’est selon...

Car ils ont beau avoir le dos large et faire le plus possible abstraction des critiques et injures qu’ils endurent, ces officiels sont fiers. Ils sont les meilleurs de leur profession et ils mériteraient de pouvoir se justifier.

Les partisans, les joueurs et les entraîneurs n’auraient pas nécessairement à être d’accord avec leurs explications. Mais cela ouvrirait la porte à des débats sains au lieu de devoir composer avec des cascades de bêtises qui n’apportent rien de bon.