MONTRÉAL – Dès que Kaiden Guhle a reçu le feu vert des médecins pour revenir au jeu, Martin St-Louis l’a inséré au sein de sa formation.
Rien de plus normal! Guhle, malgré une absence de 39 parties, améliorait illico la brigade défensive en remplaçant Arber Xhekaj et Jayden Struble qui sont maintenant au coude à coude pour éviter la galerie de presse.
Dès que Kirby Dach a reçu le feu vert des médecins pour revenir au jeu, Martin St-Louis l’a inséré au sein de sa formation.
Rien de plus normal! Dach était le parfait candidat pour remplacer Alexandre Texier à la droite de Nick Suzuki et Cole Caufield après que la nouvelle coqueluche du Canadien eut déclaré forfait en raison d’une blessure mineure. Texier, malgré une explosion offensive de quatre buts et huit points en cinq matchs, une explosion qui lui a valu l’adulation populaire et un contrat de deux ans d’une valeur de 5 millions $, est-il vraiment un joueur de premier trio? Le jury délibère toujours. Et comme le jury populaire, tout comme l’état-major et le groupe d’entraineurs du Tricolore se posent la même question à l’égard de Kirby Dach, l’occasion est belle de lui donner l’occasion de répondre à cette question.
Veleno et Blais plus utiles que Laine?
Patrik Laine, tombé au combat après les cinq premiers matchs de la saison, se rapproche lentement mais sûrement d’un retour au jeu.
Est-ce que Martin St-Louis insérera Laine au sein de sa formation dès qu’il obtiendra le feu vert des médecins?
La réponse est moins évidente que dans les cas de Guhle et Dach. Beaucoup moins!
D’ailleurs, la première réponse viendra de l’état-major du Tricolore et non de son entraîneur-chef.
Car si aucun joueur ne tombe au combat d’ici le moment où Laine sera fin prêt à revenir au jeu, l’état-major devra jongler avec la formation pour lui faire une place au sein du groupe de 23 joueurs.
Placer Samuel Blais ou Joseph Veleno au ballottage est une solution facile aux yeux de bien des amateurs.
La réalité est moins évidente. Oui, Samuel Blais a été rayé lors des deux derniers matchs, mais il est un des rares joueurs de soutien du Tricolore capables de distribuer des coups d’épaule et de ralentir l’adversaire sur la patinoire.
Veleno s’est assuré d’une place de choix dans l’estime de St-Louis et de l’équipe d’entraîneurs qui ont confiance qu’il sortira gagnant des défis défensifs qu’on lui donne chaque fois que le centre québécois saute sur la glace.
Blais et Veleno sont des joueurs de quatrième trio au sens noble de cette expression. En ce sens qu’ils sont à leur place et sont efficaces au sein d’un quatrième trio.
Ce qui est peut-être moins évident dans le cas de Zachary Bolduc. Encore très jeune, Bolduc n’a pas été en mesure de profiter des occasions que Martin St-Louis lui a données en le plaçant au sein de ses quatre trios. En lui offrant du temps d’utilisation en avantage numérique.
Bolduc, en passant, pourrait être renvoyé à Laval sans avoir à être soumis au ballottage. Une telle décision permettrait de faire une place à Laine sans courir les risques de perdre des gars comme Blais ou Veleno au ballottage. Des risques que l’état-major ne semble pas enclin à courir. Mais est-ce qu’un renvoi à Laval serait bénéfique pour Bolduc? Je ne crois pas. Bolduc n’a pas les capacités offensives de Patrik Laine. C’est évident. Mais il fait beaucoup plus partie de l’avenir du Tricolore que le vétéran finlandais dont le contrat prendra fin à la fin de la saison.
Transaction, ballottage, rachat?
Alors : quoi faire avec Patrik Laine quand il sera prêt à reprendre sa place au sein de la formation?
Vous pouvez mettre de côté tout de suite le scénario d’une mise au ballottage avec l’option du rachat de la fin de son contrat : une procédure réservée à la période entre la victoire décisive en finale de la coupe Stanley et le repêchage.
Vous pouvez mettre de côté l’option du ballottage afin de mettre un terme au contrat. Une option qui a permis à Alexandre Texier de quitter St. Louis et d’obtenir un nouveau départ – et un nouveau contrat – à Montréal. À St. Louis, Texier a tourné le dos à un contrat de 2,1 millions $ pour miser sur ses chances de relancer sa carrière.
Laine touche 9,1 millions $ en salaire cette année. Il a beau être riche, il serait surprenant qu’il tourne le dos à ses derniers chèques de paie surtout que ses chances d’obtenir un contrat équivalent avec une autre formation sont nulles.
Vous pouvez mettre de côté l’option du ballottage tout court. Car il est loin d’être acquis que l’état-major prendrait le risque d’envoyer un gars comme Laine à Laval où le Canadien demande à Pascal Vincent d’inculquer une culture gagnante et une implication qui n’ont rien à voir avec le profil du Finlandais.
Il reste une transaction.
La conjointe de Laine a indiqué sur les médias sociaux, en fin de semaine dernière, qu’elle se préparait à une telle éventualité.
Selon des informations glanées autour de la LNH, il semble que le Canadien soit effectivement à la recherche d’une transaction impliquant Patrik Laine.
Mais il est beaucoup plus facile de parler d’échanger Laine que de passer aux actes. Car le Canadien devra payer pour envoyer Laine au sein d’une autre équipe. Comme les Blue Jackets l’ont fait quand ils ont envoyé le très lourd contrat du Finlandais sur la liste de paie du Tricolore.
Le Canadien devra accepter de garder la moitié du salaire de Laine. Ce qu’il peut faire sans problème.
Serait-il prêt à offrir un choix de repêchage ou un espoir en plus? Ça ne semble pas être le cas. Ce que je comprends, c’est que le Canadien accepterait de recevoir un moins « mauvais contrat » qui arrive à échéance pour faciliter une potentielle transaction. Un tel contrat pourrait être enfoui dans les mineures.
Est-il nécessaire d’échanger Laine?
Une telle transaction permettrait au Canadien de garder la formation actuelle intacte. C’est vrai. Et comme il est évident que Laine n’a plus de place au sein des deux premiers trios et que l’éclosion de Demidov limiterait l’utilisation du franc-tireur au sein de l’attaque massive, il deviendrait difficile de le cacher au sein d’un quatrième trio et de faire appel à ses services en supériorité numérique. Comme Martin St-Louis le faisait l’an dernier.
Le spectre des blessures tempère toutefois les ardeurs de l’état-major du Canadien. Car si un Caufield, un Demidov, un Slafkovsky devaient se blesser, Laine et son tir frappé sur réception, l’un des meilleurs dans la LNH au grand complet, deviendraient alors fort utiles.
C’est pour cette raison qu’autour de la LNH, on souligne que Laine est disponible, mais que Kent Hughes n’est pas prêt à le donner. À s’en débarrasser.
Mais si Laine reste à Montréal, il sera vraiment intéressant de voir comment le Canadien s’y prendra pour lui faire une place en respectant la limite de 23 joueurs imposée par la LNH. Une limite qui ne tiendra plus – les clubs devront toutefois respecter le plafond salarial – aussitôt le couperet tombé sur la période des transactions le 6 mars prochain.










