MONTRÉAL — Certains hôpitaux de la région de Montréal constatent une baisse de l’achalandage dans leurs salles d’urgence depuis le début des séries les soirs où le Canadien de Montréal est en action.
Selon le chef du département de médecine d’urgence au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), le Dr Zachary Levine, de nombreuses personnes attendent la fin des matchs pour se rendre à l’hôpital si leur situation n’est pas urgente.
Conséquence : le Tricolore apporte un bref répit aux urgences du CUSM, qui fonctionnent régulièrement au-delà de leur capacité.
« Les gens veulent vraiment regarder les matchs », a résumé le Dr Levine en entrevue. À son avis, les amateurs de hockey sont plus susceptibles de s’absenter du travail que de manquer un match des séries.
Santé Québec est aussi en mesure de confirmer que les urgences sont légèrement moins achalandées lors des matchs du Canadien depuis le début des séries.
Selon une porte-parole, en moyenne, il y a environ 100 patients de moins dans plusieurs régions du Québec, y compris toutes les régions entourant Montréal, entre 17 h et 23 h les soirs de match des séries par rapport aux soirs sans match.
Pas une première
Ce phénomène est bien documenté.
En 2010, lors de la finale masculine de hockey aux Jeux olympiques de Vancouver, les visites aux urgences en Ontario avaient chuté de 17 %, soit une baisse équivalant à environ 136 patients par heure, selon une étude canadienne réalisée en 2011 qui a été évaluée par des pairs.
Selon le Dr Levine, la tendance est suffisamment forte pour être constatée en temps réel dans les hôpitaux du CUSM.
Le 1er mai, lors du sixième match de la série de premier tour entre le Canadien et le Lightning de Tampa Bay, l’Hôpital général de Montréal a signalé un taux d’occupation d’environ 135 % dans son service des urgences, contre une moyenne d’environ 159 %.
À l’Hôpital Royal Victoria, le taux d’occupation était de près de 167 %, alors que la moyenne est de 205 %. Ce soir-là, le Lightning a battu le Canadien 1-0 en prolongation au Centre Bell pour forcer la tenue d’un septième match.
Mais le répit est de courte durée. Lorsque les matchs se terminent, les urgences peuvent constater «un retour à des niveaux normaux, ou une légère augmentation», selon la porte-parole du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Ellen Caracas.
Pas partout
Le phénomène s’observe aussi à l’extérieur des murs des hôpitaux.
Sans avoir de données précises à ce sujet, Urgences-santé constate aussi une diminution du nombre d’appels pour les transports en ambulance pendant les matchs du Canadien, surtout lors des séries. La demande remonte à la fin des rencontres.
Mais tous les hôpitaux ne font pas état de la même tendance. L’Hôpital de Montréal pour enfants a déclaré n’avoir constaté aucun lien concret entre les matchs du Canadien et l’achalandage de son urgence.
Idem au CHU Sainte-Justine, qui ne rapporte pas non plus de corrélation claire entre les matchs et les visites aux urgences.
À l’Institut de cardiologie de Montréal, on observe même l’inverse, puisque les cas d’urgences sont en hausse les soirs de match.
La cheffe de l’urgence, la Dre Audrey-Jane Hall, indique que le personnel soignant observe une augmentation d’environ 20 % des cas liés à des problèmes cardiaques les soirs de match des séries.
Même si ces données doivent être interprétées avec prudence, la Dre Hall note que les hauts et les bas émotionnels liés aux séries peuvent comporter de vrais risques pour la santé.
« Réduire le stress autant que possible et ne pas regarder le hockey seul si vous êtes à risque, cela peut faire toute la différence », a-t-elle mentionné.
Le Dr Levine, quant à lui, encourage les gens dont les problèmes ne sont pas urgents à se tourner vers les cliniques ou le 811 avant de se rendre à l’urgence.
« Et si vous faites la fête, ne prenez pas le volant », a-t-il ajouté.











