Le rythme est aux succès du Canadien ce que l’appétit est à Obélix : quand il va… tout va! On en a eu une belle démonstration dans la victoire du Tricolore aux dépens du Wild, mardi soir, au Centre Bell.
Oui! Le Canadien a eu besoin d’un but de Cole Caufield avec 15 secondes à faire en troisième période pour sceller l’issue de la rencontre. Mais le score final ne reflète pas la domination du Tricolore face à son adversaire venu du Minnesota.
Ô que non! Car n’eût été la performance du gardien Jesper Wallstedt, le Canadien se serait sauvé avec la partie dès le premier tiers.
Contre un adversaire qui avait joué moins de 24 heures plus tôt, Martin St-Louis s’est assuré que ses joueurs imposent leur rythme dès la mise en jeu initiale. Un rythme endiablé qui a littéralement laissé les joueurs du Wild en plan.
Pendant les 10 premières minutes du match, le Canadien était partout sur la patinoire, le Wild nulle part. En fait non. Le Canadien contrôlait totalement la zone ennemie alors que le Wild tentait, avec plus de mal que de bien, de la défendre.
Les quatre trios du Canadien dominaient les quatre trios adverses dans tous les aspects du jeu. Le Canadien jouait avec confiance, avec conviction, avec robustesse. Il gagnait les batailles le long des bandes, les batailles pour les rondelles libres, il dictait le jeu.
« Tu ne peux pas afficher de la robustesse sans rythme », que Martin St-Louis a affirmé en soulignant l’efficacité de ses joueurs pour compliquer et souvent contrer les poussées amorcées par leurs adversaires.
Ça sautait aux yeux au cours des dix premières minutes du match. Ça sautait encore aux yeux en fin de rencontre alors que le Wild, qui s’accrochait à l’espoir de récolter au moins un point poussant le match en prolongation, s’est rendu coupable de trois, quatre, cinq présences plus difficiles. Des présences au fil desquelles le Canadien a imposé et maintenu un rythme que le Wild n’a pas été en mesure de suivre.
« On s’est mis à être brouillon dans les dernières minutes du match. On s’est fait embourber dans notre zone. Et le joueur le plus dangereux sur la patinoire s’est retrouvé avec la rondelle et il a marqué le but qui nous prive d’un gros point. Cole (Caufield) est un franc-tireur. Il marque des buts. Des gros buts. Il l’a prouvé encore ce soir », que le jeune défenseur Brock Faber a lancé en parlant de son jeune compatriote.
Guerin a manqué le spectacle
Un franc-tireur dont Brock Faber et ses coéquipiers de l’équipe américaine qui tentera de rafler l’or à Milano-Cortina pourraient bien s’ennuyer dans moins d’un mois.
En passant, le directeur général du Wild et directeur général de Team USA, Bill Guerin, n’a pas été témoin du 25e but de Caufield cette saison. Son septième but gagnant. Il n’a pas non plus été témoin de la très solide performance de Lane Hutson qui a marqué un but, ajouté une passe et terminé la soirée avec un différentiel de plus 2. Guerin a raté les performances des deux joueurs qu’il a écartés de la sélection initiale des États-Unis, car il n’était pas au Centre Bell mardi soir. Il était plutôt entouré des recruteurs de son organisation quelque part en Arizona selon ce que les collègues qui suivent les activités du Wild m’ont indiqué.
La présence sur la galerie de presse de Kyle Dubas, directeur général des Penguins de Pittsburgh, faisait toutefois contrepoids à l’absence de Guerin…
Meilleur match à cinq contre cinq
Martin St-Louis a affirmé haut et fort que son équipe venait de disputer son meilleur match de la saison à cinq contre cinq. Difficile de contester cette affirmation.
Pourquoi alors le Canadien a-t-il eu besoin d’attendre les dernières secondes de cette rencontre qu’il dominait pour confirmer sa victoire?
La raison principale a pour nom Jesper Wallstedt. La deuxième a pour nom Vladimir Tarasenko, qui a marqué deux fois lors des quatre attaques massives obtenues par le Wild. La troisième est associée à tous les joueurs du Canadien qui ont participé à l’une ou l’autre des trois attaques massives offertes au Tricolore. Trois attaques massives qui n’ont mené qu’à un petit tir au but.
« Notre power play ne nous a pas donné de gaz », a candidement reconnu Martin St-Louis. Impossible de le contredire là encore.
Ajoutez à tout ça le fait que Jakub Dobes, très souvent en déséquilibre devant son but, a aussi fait cadeau d’un but à Brock Faber et vous avez toutes les informations nécessaires pour comprendre que le duel Canadien-Wild a été beaucoup moins serré que le score ne le laisse croire.
De fait, si Wallstedt avait été devant la cage du Tricolore et Dobes devant celle du Wild, la victoire du Canadien aurait été beaucoup plus convaincante et sans appel.
La fatigue et l’absence de joueurs aussi importants que Matt Boldy, Joel Eriksson Ek et Jonas Brodin ont compliqué la tâche du Wild tout autant que l’efficacité du Canadien en échec avant.
Mais l’entraîneur-chef du Wild refusait de brandir ces deux aspects pour justifier la défaite. « La fatigue et les blessures sont des réalités avec lesquelles toutes les équipes doivent composer. Tu dois savoir adapter ton jeu à ces situations. Jouer du hockey plus simple. Être plus intelligent dans tes sélections de jeu. Savoir canaliser tes efforts pour gagner les batailles importantes. On est quand même revenu de l’arrière deux fois pour niveler les chances. On perd un point ce soir parce qu’on a manqué de conviction en fin de match alors qu’on a raté des jeux simples qui auraient permis de sortir la rondelle de notre territoire », a analysé John Hynes.
Xhekaj vs Struble
Le principe selon lequel on ne change pas une combinaison gagnante a poussé les partisans – et ils sont nombreux – d’Arber Xhekaj à crier à l’injustice et à dénoncer la décision de Martin St-Louis de faire appel à Jayden Struble pour remplacer leur favori.
Sur les médias sociaux, certains des grands partisans de Xhekaj se sont même réjouis d’une chute à la ligne bleue ennemie de Struble. Et il était hors de question de reconnaître la qualité du jeu défensif réalisé en milieu de période médiane, jeu qui a mené dès la poussée suivante au but de Lane Hutson – son neuvième de la saison – qui donnait les devants 3-2 au Tricolore.
Pourquoi avoir remplacé Xhekaj par Struble?
« Parce que je ne veux pas garder un gars hors de l’alignement trop longtemps. Jayden n’avait disputé qu’une partie lors de nos cinq dernières. Il faut parfois prendre des décisions difficiles et c’est mon travail de le faire. Ce serait facile d’avoir six défenseurs, 12 attaquants et deux gardiens toujours en santé. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. C’est difficile d’avoir des conversations avec les gars que tu sors de l’alignement. Ils n’aiment pas ça. C’est normal. Mais on est dans la Ligue nationale de hockey. Il faut être capable de prendre des décisions difficiles », a expliqué St-Louis.
Xhekaj et Struble n’ont pas la même marge d’erreur que les cinq arrières qui les devancent au sein de la brigade défensive du Tricolore. Quand Struble a effectué une chute qui a ouvert la voie à une relance du Wild, ses présences sont devenues plus espacées.
Une réalité qui frappe Arber Xhekaj lorsqu’il échappe un adversaire, prend une mauvaise décision en zone défensive ou effectue une chute dont l’adversaire tire profit. Car ça lui arrive aussi, n’en déplaise à ses partisans les plus féroces.
Les arbitres aussi font des erreurs
Eric Furlatt est un excellent arbitre. Comme tous les excellents arbitres, comme tous les joueurs de la LNH, même les meilleurs, Furlatt peut fait une erreur de temps en temps.
Il en a fait une énorme mardi soir.
Tout le monde l’a vu. Tout le monde le sait. Lui le premier. Et c’est pour cette raison qu’il est allé s’excuser à Hutson au banc des pénalités.
On voit souvent l’arbitre qui a levé le bras consulter ses collègues lorsqu’il a besoin d’obtenir l’assurance qu’il a pris la bonne décision. Les trois autres officiels devraient pouvoir l’interpeler pour lui suggérer qu’il est en voie de commettre une gaffe même s’ils ne sont pas convoqués.
Est-ce que les entraîneurs-chefs devraient pouvoir contester? Peut-être. Une fois par match, avec une pénalité supplémentaire si la décision est maintenant.
Mais pas plus pour éviter que ça tourne au ridicule.
Cela dit, dans un cas aussi évident que celui de la chute de Marcus Foligno alors que Lane Hutson n’est pas même assez près de lui pour le faire tomber, la Ligue devrait carrément s’en mêler. Ou, lorsque l’arbitre constate en levant les yeux à l’écran qu’il s’est totalement trompé, il devrait avoir le droit de se rétracter.
Du moins il me semble.
Cela dit, aussi grossière et évidente soit l’erreur commise par Furlatt, il a fait moins d’erreurs, mardi soir, que tous les joueurs des deux formations.
Ça n’excuse pas sa décision, c’est vrai.
Mais partisanerie et analyse du travail des officiels ne font jamais bon ménage. Peu importe le sport.
Le jour où les partisans des 32 clubs de la LNH ne contesteront pas une pénalité imposée à un de leurs favoris et en réclameront une pour un geste identique dont un de leurs favoris est victime, on pourra ouvrir la porte à un débat constructif.
Malheureusement, ce ne sera pas pour demain, ni après-demain.
Le hockey, comme les autres sports, est de plus en plus rapide. De plus en plus serré. Les arbitres doivent rendre une décision dans le feu de l’action alors que nous bénéficions de plusieurs reprises, sur plusieurs angles différents, au ralenti et super ralenti pour analyser la décision qui a été prise.
Ces reprises démontrent qu’ils sont humains. Qu’ils se trompent de temps en temps.
Longtemps, les officiels de la NFL servaient de références comme exemple à suivre en matière de jugement et de constance dans les décisions.
Ils sont maintenant tout aussi critiqués que ceux de la LNH. Dans la NBA, c’est pire encore.
Est-ce que tout est parfait. Bien sûr que non. Surtout qu’il y a des arbitres et juges de lignes meilleurs que d’autres. Comme, au sein de chaque équipe, il y a un centre, un défenseur, un gardien meilleur que les autres.
Mais aussi bons ou moins bons sont-ils, les arbitres devraient pouvoir regarder les reprises sur toutes les situations pour s’assurer qu’ils prennent vraiment la bonne décision. Si on peut le faire pour les critiquer, ils devraient être en mesure de le faire pour préserver l’intégrité des matchs qu’ils officient. Ce serait tellement plus simple.






