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Sèche tes pleurs...

Publié le 

Jakub Dobes n’avait pas à se flageller comme il l’a fait après la défaite aux mains des Devils. Encore moins de verser des larmes en commentant sa performance. D’être tellement étouffé par l’émotion qu’il a dû mettre un terme à la mêlée de presse qu’il accordait devant son casier déjà vide, dans un vestiaire déjà déserté par ses coéquipiers.

Jakub Dobes n’avait pas à pleurer comme il l’a fait, car non! Il n’est pas le responsable du revers que le Canadien a encaissé en prolongation.

Je veux bien croire qu’il était déçu d’encaisser une première défaite cette saison après six gains consécutifs, que le but accordé en fin de troisième période pour envoyer le match en prolongation et celui de la victoire enfilé par Jesper Brett au terme d’une longue échappée l’ont déçu un brin; que le taux d’efficacité de 85,7 % associé aux quatre buts accordés sur les 28 tirs qu’il a affrontés l’a déçu plus encore alors qu’il portait ombrage aux statistiques étincelantes accumulées au fil de ses six premières sorties, mais il était tout à fait injustifié de prendre le blâme à son compte pour cette défaite.

Car devant lui, ses coéquipiers ont été surpassés à bien des niveaux par leurs adversaires.

Martin St-Louis assurait après le match qu’il avait aimé la qualité du travail de ses joueurs. Leur attention aux détails. Le fait qu’ils avaient coupé de beaucoup le nombre d’occasions de marquer accordées aux Devils.

Ce n’est pas faux.

Battu de vitesse

Mais pour une rare fois cette saison, la première en 14 rencontres à vrai dire, le Canadien a perdu la bataille de la vitesse sur la patinoire. La vitesse sur patins; la vitesse pour s’emparer des rondelles libres; la vitesse d’exécution une fois en possession de la rondelle.

En première période, on a revu le Canadien de l’an dernier quand les choses étaient au plus mal pour la troupe de Martin St-Louis. On a revu le Tricolore victime de très longues présences en zone défensive alors que la vitesse de l’adversaire le forçait à jouer sur les talons plutôt qu’à se servir de sa vitesse pour effectuer des relances rapides et incisives vers le territoire ennemi.

Les joueurs du Canadien ont été moins «mauvais» jeudi au New Jersey qu’ils l’avaient été, mardi, au Centre Bell, face aux Flyers venus de Philadelphie, mais ils n’ont pas été assez bons pour vraiment tenir tête à des Devils qui ont pris le Canadien à son propre piège : en effaçant un déficit en fin de rencontre pour ensuite s’envoler avec la victoire en prolongation.

Et ce qui est ironique dans l’analyse du match, c’est que le Canadien a probablement connu ses meilleurs moments en défensive en fin de troisième période alors qu’il défendait son avance de 3-2. Avance qu’il a ensuite perdue. Quoique dans ce cas, il serait plus juste de dire que ce sont les Devils qui ont su prendre les moyens pour la combler. La nuance est importante.

Il n’y a pas de quoi paniquer cela dit. Car il y a d’autres bonnes, très bonnes et excellentes formations dans la LNH. Mais le match de jeudi, un premier vrai test, avant ceux de samedi alors que le Mamooth d’André Tourigny sera au Centre Bell et les autres qui suivront, rappelle aux joueurs du Canadien et à leurs partisans qu’il serait utopique de croire que les premières places de la section Atlantique et de l’Association de l’Est seront faciles à maintenir.

Un but et un point tombés du ciel

Mardi soir, le Canadien était heureux d’avoir volé un point tant les Flyers avaient été la meilleure équipe sur la patinoire. Celle qui avait le mieux joué.

Le Canadien a été tout aussi chanceux à mes yeux de sortir des marécages du New Jersey avec un point. Car si Jakub Dobes s’en voulait dans la défaite, son vis-à-vis Jacob Markstrom a été beaucoup plus généreux que lui à l’autre bout de la patinoire.

On ne peut lui reprocher le premier but du Canadien. Un but qui est tombé du ciel aux sens propre et figuré alors que la rondelle déviée par Kirby Dach a fait de la haute voltige pour ensuite frapper le gardien suédois dans le dos avant de dévier derrière lui dans le fond du filet.

Une malchance comme ça, ou un coup de chance pour l’adversaire selon le côté qu’on analyse le jeu, ça arrive.

Mais Markstrom n’avait pas le droit de se faire déjouer par le tir anodin de Jake Evans. Le gardien des Devils a aussi contribué au troisième but du Canadien en offrant une passe sur la «palette» à Oliver Kapanen avec le rebond généreux qu’il a accordé.

Quand on regarde la situation froidement, le gardien victorieux jeudi a été moins bon que celui qui a perdu le match. Mais bon! Dobes a vécu la situation inverse le 22 octobre dernier, à Calgary, où Dustin Wolf avait dû réaliser beaucoup plus d’arrêts difficiles que lui, même si les Flames avaient tiré plus souvent que le Canadien.

Dobes trop actif devant sa cage

Jakub Dobes n’est pas à blâmer dans la défaite de jeudi. Je l’ai écrit en début de chronique. Je l’écris encore pour être certain de ne pas être accusé de favoritisme à l’endroit de Samuel Montembeault sur les «médias asociaux».

ll n’a pas fait de cadeaux aux Devils sur les quatre buts qu’ils ont marqués : le tir qui l’a déjoué sur le premier était toutefois arrêtable. Le deuxième aussi. Dobes a d’ailleurs regardé au ciel lorsqu’il a réalisé que la rondelle l’avait traversé. Il ne pouvait pas grand-chose sur les buts de Meier et Brett marqués au terme d’une mêlée devant son filet et d’une longue échappée en prolongation.

Inversement, et ça sautait aux yeux jeudi soir, Dobes n’a pas été aussi imposant devant sa cage que lors de ses six premiers matchs.

Au lieu de rester bien campé devant son filet pour défier les tirs et pour sortir gagnant des mêlées devant et autour de son filet, on a vu Dobes se sortir du jeu à plusieurs reprises avec des glissades sur sa gauche et sa droite. Des glissades parfois exagérées. Parfois non nécessaires. Des glissades qui ont bien plus compliqué son travail qu’aidé sa cause. Des glissades qu’il ne multipliait pas lors de ses six premières sorties.

Les Devils auraient pu ajouter un ou deux buts si Noah Dobson et Josh Anderson n’étaient pas intervenus à la dernière seconde pour balayer des rondelles qui étaient sur le point de traverser la ligne rouge.

Avis est lancé ici aux partisans de Dobes qui sont, pour certains en tout cas, des détracteurs de Samuel Montembeault : il ne s’agit pas d’un blâme à l’endroit du gardien tchèque, mais d’une simple observation.

Car si Samuel Montembeault n’est visiblement pas à la hauteur des performances qu’il offrait l’an dernier et qu’il contribue à ses insuccès en étant trop actif devant sa cage, on doit utiliser les mêmes critères d’analyse pour évaluer son partenaire de travail.

Du moins, il me semble…

Mais bon : les partisans du Canadien n’en sont pas à leur première controverse de gardiens. Une controverse qui reprendra de plus belle dès que Martin St-Louis dévoilera l’identité de son gardien. Des plans pour que l’entraîneur-chef du Canadien décide de cesser d’attiser cette controverse aussi insignifiante qu’injustifiée en refusant de lever le voile sur sa sélection de gardien.

On verra!