Avec les mises sous contrats récentes de certaines jeunes vedettes de la LNH, il est permis de se demander sérieusement jusqu’où les Canadiens de Montréal devront aller pour conserver à long terme les services du jeune défenseur Lane Hutson.
Alors que Hutson se prépare à entamer la troisième et dernière saison de son contrat d’entrée, les défenseurs Luke Hughes et Jackson LaCombe des contrats respectifs de sept ans et 63 millions $ et de huit ans et 72 millions $ avec les Devils du New Jersey et les Ducks d’Anaheim.
Tout ça s’ajoute au pacte de huit ans et 136 millions $ de l’attaquant Kirill Kaprizov avec le Wild du Minnesota, le plus gros contrat de l’histoire de la LNH.
Le 5 à 7 a discuté de la situation avec l’agent de joueurs Olivier Fortier, qui compte parmi ses clients Noah Dobson, Alexis Lafrenière, Mathieu Joseph, Anthony Mantha, Owen Beck et Joshua Roy, pour ne nommer que ceux-là.
Si M. Fortier estime qu’il peut s’agir d’un couteau à double tranchant pour les joueurs ou les équipes d’attendre de voir quel genre de contrat décrocheront des joueurs comparables sur le marché avant de parapher une entente, il estime aussi l’information circule vite dans les coulisses de la LNH et que les deux partis se doutent fort bien de la valeur des joueurs avant qu’ils l’officialisent avec un contrat.
« C’est surtout pertinent lorsqu’il y a un grand écart avec la position du joueur et la position de l’équipe, a expliqué M. Fortier. Attendre de voir ce que le marché va donner comme comparable peut être une bonne façon de rapprocher les partis. Par contre, si les partis sont relativement proches et qu’on attend de voir, dans ce cas-ci, un Hughes signer, ça peut aller d’un côté comme de l’autre. La LNH c’est un petit monde, l’information circule. Autant le équipes que nous avons souvent des informations un peu privilégiées, donc en général je ne pense pas qu’il y ait une stratégie miraculeuse, autant du côté des équipes que des joueurs. »
Ces récents contrats monstres sont peut-être un aperçu de ce qui suivra dans les prochaines années, mais M. Fortier témoigne d’une « prudence générale » du côté des directeurs généraux, qui demeurent réticents avant d’accorder des contrats aussi pharamineux à d’aussi jeunes joueurs, sans connaître les projections officielles du plafond salarial au-delà des trois prochaines saisons.
Établi à 95,5 millions $ cette année, le plafond augmentera à 104 millions $ en 2026-2027 et à 113,5 millions $ en 2027-2028.
« Un contrat à la fois, a mentionné M. Fortier. Avec des contrats comme celui de Kaprizov et ceux qui vont suivre, le marché risque de s’adapter et plus les DG vont se sentir à l’aise à octroyer ces contrats-là. Plus il va y en avoir, plus les comparables vont être élevés et plus ça va se faire naturellement selon moi. »
Quel serait l’intérêt pour les Canadiens et Hutson à opter pour un « contrat-pont » d’une durée de quelques années au lieu de s’entendre à long terme?
« Ça peut être bon pour tous les partis. Évidemment, certains joueurs ont une tolérance différente au risque et à l’insécurité d’un contrat. Par contre, les ‘contrats-ponts’ existent pour permettre au joueur de démontrer sa vraie valeur, établir quel est son vrai potentiel. Les DG ont des réticences aussi pour octroyer des contrats basés sur des projections de performances seulement. C’est souvent la meilleure avenue pour les deux côtés. »
Il est aussi pertinent de se demander si les Canadiens et Hutson devraient mettre leurs négociations sur pause pendant la saison.
« Je pense que ce n’est pas avantageux pour personne si le joueur n’a pas 100 pour cent de sa concentration sur la saison, a expliqué M. Fortier. Mais malgré tout, parfois c’est inévitable, je l’ai vécu avec Alexis Lafrenière récemment. C’est là que notre rôle d’agent devient important. Notre rôle c’est de continuer à faire notre travail dans les coulisses et laisser le joueur se concentrer sur ses performances. »
Quoiqu’il en soir, M. Fortier observe que Montréal devient une destination de plus en plus attrayante à travers la LNH. L’organisation avait déjà bonne réputation, mais le futur de l’équipe est ce qui donne le plus le goût aux joueurs de rester à Montréal ou de se joindre aux Canadiens.
« Sans aucun doute, Montréal gagne en popularité. Ça a toujours été une place populaire pour la ville et la qualité de l’organisation. Montréal est reconnue pour prendre soin de ses joueurs dans tous les aspects de leur vie. Mais je pense que c’est vraiment le noyau de joueurs et la direction de Jeff Gorton et de Kent Hughes, en coulisse c’est très positif ce qui se dit envers le Canadien. Je pense que ça va être de plus en plus facile pour eux pour attirer des joueurs. »
M. Fortier, qui a évolué dans l’organisations des Canadiens durant quatre saisons entre 2009 et 2013, se réjouit d’ailleurs de voir son client Noah Dobson se rapprocher de lui avec la transaction qui l’a envoyé à Montréal cet été.
« Du côté partisan du Canadien et ancien membre de l’organisation, je vois ça d’un très bon œil. Du côté de l’agent aussi. Noah est probablement la personne la plus contente de cette nouvelle-là. Il reconnaît la valeur de la culture de l’organisation. Tout le monde est excité du noyau de joueurs du Canadien, Noah le premier. »





