C’est ce soir que se met en marche la nouvelle saison de la Ligue de hockey junior Maritimes-Québec. Une 58e campagne qui couronnera des successeurs aux Wildcats de Moncton (champions en saison régulière ces deux dernières années) et aux Saguenéens de Chicoutimi (champions du trophée Gilles-Courteau en mai dernier).
Après l’Association de l’Ouest hier, on vous présente aujourd’hui l’analyse des 10 équipes de l’Est, une association où au moins cinq formations des Maritimes, en plus des Remparts, peuvent aspirer aux grands honneurs.
Nous vous présentons aussi nos fameuses prédictions… À noter que, depuis l’an passé, la LHJMQ est revenue au format de deux associations et qu’à partir de la 2e ronde des séries éliminatoires, c’est le classement général qui fera foi de tout.
1 - QUÉBEC
Sur papier, les Eagles du Cap-Breton ont peut-être la meilleure formation du circuit en ce début de campagne, mais les Remparts de Québec ne sont pas loin derrière. Comme ils auront un calendrier beaucoup plus favorable que les Eagles, on peut s’attendre à ce qu’ils récoltent plus de points au classement. Québec jouera 24 des 64 matchs de son calendrier contre le Drakkar de Baie-Comeau, l’Océanic de Rimouski et les Saguenéens de Chicoutimi, qui devraient être des équipes de bas de classement en 2026-2027. Les hommes d’Éric Veilleux devraient donc accumuler beaucoup plus de points que les formations des Maritimes, qui se battront entre elles dans 40 des 64 matchs de la saison. Les Remparts aligneront possiblement le meilleur espoir professionnel de la prochaine saison en Carter Meyer. L’Américain de 17 ans a laissé tomber le programme de développement des États-Unis pour rejoindre son frère ainé Freddie dans la Vieille Capitale. Meyer et Maddox Dagenais, choix de 1re ronde des Blues de Saint Louis, devraient former un dynamique duo, surtout sur les attaques massives. Devant le filet, les Remparts comptent sur l’excellent espoir Patrick Déniger. Après trois saisons plus difficiles, les Remparts seront de retour parmi les puissances du circuit.
2 - CAP-BRETON
Les Eagles du Cap-Breton ont fait un pas en arrière l’an dernier, en cédant notamment leur capitaine Tomas Lavoie aux Saguenéens à la période des Fêtes. Cette saison, ils vont toutefois faire un grand pas en avant avec la venue d’excellents joueurs grâce aux fameuses compensations futures. S’amènent donc avec l’équipe le gardien Lucas Bekman (peut-être le meilleur portier du circuit), le défenseur Alonso Gosselin et les attaquants Liam Lefebvre, Cole Chandler, Maxim Schafer et Elias Schneider, qui viennent s’ajouter au noyau qui était déjà en place. Pour leur 30e anniversaire, les Eagles vont viser les grands honneurs, eux qui n’ont participé que trois fois au carré d’as au cours des 29 dernières années sans jamais atteindre l’étape ultime. L’alignement des Eagles est présentement le 3e plus vieux parmi les 18 formations de la LHJMQ. Et comptez sur le directeur général Sylvain Couturier pour effectuer les acquisitions qui s’imposeront à la période des Fêtes.
3 - SAINT JOHN
Les Sea Dogs de Saint John n’ont pas gagné une ronde éliminatoire depuis 2017. Le plus gros changement chez les Sea Dogs cette année se retrouve assurément derrière le banc avec la venue de l’ex-DG et entraîneur-chef des Islanders de Charlottetown, Jim Hulton. Ce dernier, qui compte plus de 1200 matchs d’expérience dans la LCH, va remettre les choses droites chez les loups de mer. Il devrait avoir un impact important sur le développement du meilleur espoir québécois pour la LNH cette année, Alexis Joseph, qui a récolté plus d’un point par match à l’âge de 16 ans l’an dernier. Joseph sera épié chaque match cette année et il est classé parmi les dix meilleurs espoirs au monde en ce début de campagne. Outre Joseph, les Sea Dogs ont procédé à de belles acquisitions, à commencer par le gardien Samuel Meloche, un espoir des Sabres de Buffalo. On a aussi ajouté à l’effectif Olivier Lemieux, Julien Lanthier, Thomas Charbonneau, Ryan Howard et Brandon Delarosbil. Saint John a également convaincu l’excellent Américain Jamie Glance, un autre espoir de 1re ronde, de faire le saut au Nouveau-Brunswick. Les Sea Dogs seront solides, mais avec la profondeur dans les Maritimes, ce ne sera pas évident de batailler pour le 1er rang de l’Association.
4 - MONCTON
Les Wildcats de Moncton tenteront de devenir la deuxième équipe de la LHJMQ à gagner trois trophées Jean-Rougeau de suite après les Sea Dogs de Saint John de 2010-2011-2012. Tout aurait probablement été possible avec les retours de Caleb Desnoyers, Tommy Bleyl et Teddy Mutryn, mais Desnoyers profitera de la nouvelle convention collective de la LNH pour jouer dans les rangs professionnels à 19 ans, alors que Bleyl et Mutryn ont décidé de faire le saut dans les rangs universitaires américains. Malgré ces pertes, les Wildcats ont trouvé le moyen d’attirer une douzaine de joueurs américains, dont le défenseur de 17 ans Jake Boguniecki qui, à l’instar de Carter Meyer à Québec et de Jamie Glance à Saint John, a tourné le dos au programme de développement des moins de 18 ans des États-Unis. Aussi incroyable que cela puisse paraître, après deux présences de suite en finale, les Wildcats ont encore, sur papier, l’équipe la plus expérimentée en termes de moyenne d’âge de la LHJMQ. Et comptez sur l’entraîneur-chef Gardiner MacDougall pour pousser cette équipe vers le haut du classement.
5 - TERRE-NEUVE
Le Régiment de Terre-Neuve a bien fait sur et hors de la patinoire à sa première campagne dans la LHJMQ en 2025-2026. Avec le retour du gardien de 20 ans Louis-Antoine Denault, la troupe de Gordie Dwyer comptera sur un des gardiens les plus solides du circuit. Le Régiment a certes perdu ses trois compteurs de 30 buts de l’an dernier, mais il reste encore une base solide autant en attaque qu’en défensive pour voir la formation terre-neuvienne, qui a attiré plus de 5000 spectateurs en moyenne par match l’an dernier, connaître un certain succès. De plus, il n’est jamais facile pour les équipes adverses d’aller chercher des points au classement au Mary Brown’s Center. Les joueurs du Régiment savent maintenant aussi à quoi s’attendre des voyages qu’ils doivent effectuer en raison de leur situation géographique.
6 - HALIFAX
Les Mooseheads d’Halifax seront aussi très solides en 2026-2027, mais eux aussi se frotteront très souvent aux puissances des Maritimes. Ce ne sera pas évident de bien se positionner au classement en disputant 32 des 64 matchs de leur calendrier contre Saint John, Moncton, Cap-Breton et Terre-Neuve. Les Mooseheads alignent en Malik L’Italien un des excellents espoirs de la LNH pour la séance de sélection de 2027. On a aussi fait quelques acquisitions importantes au cours de la saison morte en Mateo Nobert et Nathan Langlois. Le directeur général Cam Russell a également convaincu neuf joueurs américains de joindre les rangs de l’équipe, dont les deux gardiens de but, Jack Fichtorn et Carson Mertz, qui ont joué respectivement l’an dernier dans la USHL et la BCHL. Les deux portiers n’ont aucune expérience du hockey junior canadien.
7 - RIMOUSKI
L’Océanic de Rimouski a connu un excellent calendrier présaison et devrait faire un pas dans la bonne direction cette année, après une seconde moitié de saison catastrophique l’an dernier qui s’est conclue par une exclusion des séries éliminatoires. Doit-on rappeler que Rimouski n’a signé qu’une seule victoire à ses 26 derniers matchs? L’Océanic comptera sur le retour de quelques éléments intéressants, mais forme quand même la quatrième formation la plus jeune du circuit en ce début de saison. Rimouski va profiter de 16 matchs contre Chicoutimi et Baie-Comeau pour tenter d’accumuler le plus de points possibles, car ce ne sera pas évident contre les grosses puissances des Maritimes. Une belle lutte entre les « Nics » et les Saguenéens est d’ailleurs à prévoir dans la deuxième portion du classement de l’Association.
8 - CHICOUTIMI
Les Saguenéens de Chicoutimi ont finalement mis un terme à une disette de 32 ans l’an dernier en remportant le championnat des séries éliminatoires. Les lendemains de championnat sont souvent difficiles au hockey junior, mais les Sags ont quand même réussi à colmater plusieurs brèches avec la venue de joueurs autonomes des États-Unis et de l’Ontario. Quand on regarde l’alignement du 17 mai dernier, soir de conquête du Trophée Gilles-Courteau, seulement cinq joueurs sont de retour, soit le nouveau capitaine Christophe Berthelot, de même qu’Émile Ricard, Nathan Lecompte, Alexis Toussaint et le gardien auxiliaire Raphaël Précourt. Les Sags miseront sur ces vétérans et aussi sur la venue de neuf joueurs nés aux États-Unis pour tenter de rester à flot et donner à leurs partisans une saison respectable dans la compétitive Association de l’Est. Qui aurait dit que neuf joueurs américains évolueraient un jour à Chicoutimi?
9 - CHARLOTTETOWN
Les Islanders de Charlottetown amorcent la saison 2026-2027 avec l’étiquette de négligés. C’est peut-être la seule formation des Maritimes qui sera « accessible » pour les formations visiteuses du Québec. Les Islanders ont un DG et un entraîneur-chef recrues à la suite du départ de Jim Hulton pour Saint John : Scott Harris au deuxième étage et John Mitchell derrière le banc devront se faire la main rapidement. Mitchell a joué plus de 500 matchs dans la LNH et a passé les cinq dernières saisons comme entraîneur dans le hockey mineur au Colorado. Qu’on le veuille ou non, sa connaissance de la LHJMQ est limitée.
Sur la glace, il comptera sur une brigade défensive très jeune, avec six des sept arrières qui seront âgés de 17 et 16 ans. Au moins, devant le filet, le vétéran de 19 ans Donald Hickey devrait sauver les meubles, mais il y a fort à parier que ce ne sera pas évident certains soirs.
10 - BAIE-COMEAU
Le Drakkar de Baie-Comeau ne l’a pas eu facile depuis sa défaite en finale de la LHJMQ en 2024. Après une respectable 7e position au classement général en 2025, l’équipe a pris le dernier rang du circuit l’an dernier. Comme elle avait transigé son 1er choix, elle n’a pu bénéficier d’un excellent espoir pour relancer la concession. Sans compter, faut-il le rappeler, le départ prématuré de Justin Poirier, qui aurait permis à l’équipe de la Côte-Nord de faire quelques acquisitions importantes. Le Drakkar devra de nouveau se battre cette année pour se qualifier en séries avec les Islanders de Charlottetown et, fort probablement, aussi avec l’Armada de Blainville-Boisbriand pour éviter une autre élimination hâtive. Jean-François Grégoire se concentrera sur ses fonctions de directeur général. Il a laissé les rênes de l’équipe à son adjoint Patrice Bosch, qui obtient enfin une seconde chance dans le circuit après un séjour d’une saison et demie à Chicoutimi il y a une douzaine d’années. Bosch ne misera pas sur un alignement avec beaucoup de profondeur. Dominic Pilote et Robin Benoît ont été parmi les meilleurs pointeurs de la LHJMQ des matchs préparatoires, mais ils auront besoin d’aide.
ÉTAT DES FORCES DE DÉBUT DE SAISON
1 — Québec
2 — Cap-Breton
3 — Val-d’Or
4 — Saint John
5 — Sherbrooke
6 — Moncton
7 — Terre-Neuve
8 — Victoriaville
9 — Halifax
10 — Shawinigan
11 — Rouyn-Noranda
12 — Rimouski
13 — Chicoutimi
14 — Gatineau
15 — Drummondville
16 — Charlottetown
17 — Baie-Comeau
18 — Blainville-Boisbriand





