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De l’argent tombé du ciel : « J’ai été surpris »

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Leo Carlsson était dans la voiture avec son père lorsque le téléphone a sonné.

C’était l’agent du joueur de centre des Ducks d’Anaheim qui était à l’autre bout du fil. Carlsson n’en croyait pas ses oreilles en entendant les chiffres qui lui étaient cités.

« J’ai été surpris, a-t-il déclaré lors de la tournée médiatique conjointe des joueurs de la LNH et de l’AJLNH à Las Vegas au début du mois. C’est une sensation étrange, [mais c’est] la direction que prend la ligue. »

Les Flyers de Philadelphie proposaient une offre mirobolante de cinq ans et 90 millions $US au joueur autonome avec compensations, avec une valeur annuelle moyenne record — du moins pendant quelques semaines — de 18 millions $, afin d’arracher Carlsson aux Ducks.

Il a immédiatement ratifié l’offre de contrat, et les Ducks ont finalement dû égaler l’offre pour garder le joueur de 21 ans dans leurs rangs. La signature de Carlsson n’était toutefois qu’un des nombreux accords lucratifs conclus au cours de cet été riche en rebondissements dans le monde du hockey.

Le plafond salarial de la LNH va bondir à 104 millions $ en 2026-2027, contre 95,5 millions $ la saison dernière, ce qui est bien loin de la fourchette stable comprise entre 81,5 et 83,25 millions $ qui avait suivi la pandémie de COVID-19.

Le système regorge maintenant d’argent, en partie grâce à des contrats télévisuels nationaux très lucratifs et à l’augmentation des recettes publicitaires. Les joueurs en profitent.

« Ces contrats sont fous. Je ne m’y attendais vraiment pas, mais c’est génial. »

—  Brock Boeser, attaquant des Canucks de Vancouver

Parmi les ententes les plus spectaculaires, on peut citer celui du joueur de centre des Blackhawks de Chicago, Connor Bedard, qui a décroché une prolongation de contrat de cinq ans pour 75 millions $ (15 millions $ de moyenne annuelle), celui de son homologue des Sharks de San Jose, Macklin Celebrini, qui a obtenu 94 millions $ (18,8 millions $ de moyenne annuelle) pour la même durée, et celui du défenseur de l’Avalanche du Colorado, Cale Makar, qui s’est assuré un contrat de huit ans pour 163,2 millions $ (20,4 millions $ de moyenne annuelle).

« Ça montre la direction que prennent le plafond salarial et la ligue, a déclaré Celebrini. C’est incroyable. »

La LNH a toujours été bien en retard sur la NFL, la NBA et la MLB en matière de rémunération. L’écart reste important, mais il s’est quelque peu réduit ces derniers temps.

Et même les jeunes joueurs au parcours encore limité ont également empoché des sommes considérables.

Les Ducks ont prolongé le contrat de l’ailier Cutter Gauthier (six ans, 81 millions $), les Canucks ont signé le défenseur Zeev Buium (huit ans, 75,04 millions $) et les Capitals de Washington se sont assuré les services du joueur de centre Justin Sourdif (huit ans, 50,8 millions $), pour n’en citer que quelques-uns.

Le capitaine des Oilers d’Edmonton, Connor McDavid, était le joueur le mieux payé de la ligue de 2019 à 2023, avec une valeur annuelle moyenne de 12,5 millions $, avant de signer en octobre dernier un contrat d’un montant identique couvrant cette saison et la suivante.

L’attaquant vedette a renoncé à une partie de ses gains au profit du reste de l’effectif des Oilers, dans l’espoir de remporter cette insaisissable coupe Stanley — un élément qui, selon Celebrini, faisait partie de son raisonnement avec les Sharks.

« J’essayais de trouver cet équilibre, a-t-il déclaré avant d’ajouter avec un sourire : Ça peut paraître idiot, car à l’époque, c’était la moyenne annuelle la plus élevée jamais atteinte, mais c’était vraiment juste un chiffre qui avait du sens. »

La moyenne annuelle de Sidney Crosby, capitaine des Penguins de Pittsburgh, s’élève à 8,7 millions $ — un clin d’œil à son chandail no 87 et un montant inférieur à la valeur du marché depuis au moins une décennie — depuis la saison 2008-2009, lorsque le plafond salarial était de 56,7 millions $.

« Ça évolue, tout simplement, a évoqué Crosby, triple champion de la coupe Stanley, qui a toujours accepté un salaire inférieur afin de laisser une plus grande part du gâteau à ses coéquipiers, à propos de l’écosystème financier de la LNH. Je n’essaie pas de comparer, car la situation actuelle est différente de celle d’alors. Le changement a été assez soudain avec les derniers contrats et les offres de transaction.

« C’est la réalité, telle qu’elle se présente aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Et tandis que Celebrini et Carlsson ont opté pour des contrats à court terme, d’autres joueurs ont choisi de s’engager sur le long terme pendant la récente période de plafonnement fixe.

Certains de ces contrats apparaissent aujourd’hui comme de véritables aubaines. Y a-t-il donc ce qu’on appelle le «remords du signataire»?

Le joueur de centre des Golden Knights de Vegas, Jack Eichel, a décroché une prolongation de contrat de huit ans pour 108 millions $ à peu près au moment où McDavid a signé l’automne dernier, et, peu après, l’attaquant des Wild du Minnesota, Kirill Kaprizov, s’est engagé pour la même durée et 136 millions $.

« Nous savions que les montants continueraient d’augmenter, a-t-il mentionné. C’est une affaire incroyable pour moi et ma famille. »

Boeser, qui a signé en juillet 2025 un contrat de sept ans pour 50,75 millions $, se trouve dans la même situation.

« Je ne vais pas rester là à me plaindre, a-t-il déclaré. Je suis très reconnaissant. »

Le défenseur des Sénateurs d’Ottawa, Jake Sanderson, a quant à lui accepté une prolongation de contrat de huit ans pour un montant de 64 millions $ en 2023.

« On adore voir des joueurs signer ce genre de contrats pour eux-mêmes, mais peut-être aussi pour ce que l’on obtiendra plus tard, a-t-il déclaré. Je suis toujours très heureux. »

Le joueur de centre des Sabres de Buffalo, Tage Thompson, reste lui aussi satisfait de la prolongation de sept ans pour 50 millions $ qu’il a signée en 2022, mais un petit «et si ?» continue de le tarauder.

« C’est difficile d’évaluer où va se situer le plafond salarial et, honnêtement, où va votre carrière, a-t-il reconnu. Est-ce que je pense qu’il y a des joueurs qui auraient aimé tenir un peu plus la pression? Et est-ce que j’en fais partie?

« Évidemment, on aurait aimé signer un gros contrat et gagner autant d’argent que possible. Mais au bout du compte, on parle quand même de [beaucoup d’argent] », a-t-il enchaîné.

Les équipes qui ont pris de l’avance avant la hausse du plafond salarial semblent être en excellente position. Le Canadien de Montréal, par exemple, a assuré la pérennité de son jeune noyau de joueurs grâce à des contrats à long terme avantageux pour le club.

« On est très bien payés, a réitéré l’ailier du Tricolore Cole Caufield, qui a signé en 2023 une prolongation de contrat de huit ans pour un montant de 62,8 millions $. Les cinq ou six prochaines années seront probablement les plus importantes de notre carrière. Qu’y a-t-il de plus important que de gagner?

« Et y parvenir avec ce groupe… rendrait la victoire d’autant plus savoureuse », a conclu le no 13 du Bleu-blanc-rouge.