Tom Fitzgerald a appelé l’entraîneur-chef Sheldon Keefe lundi pour l’informer qu’après plus de six années passées au poste de directeur général des Devils du New Jersey, il quittait l’organisation.
« Ce n’est pas agréable d’apprendre cette nouvelle, a admis Keefe mardi. Et franchement, je ne me sens pas mieux aujourd’hui. »
À juste titre, car avec toute l’incertitude qui pèse maintenant sur les Devils, alors que la direction cherche à renouveler l’équipe de direction, Keefe se trouve en plein cœur de la tourmente. Keefe a déclaré avoir discuté avec Tad Brown, le président et directeur des opérations de Harris Blitzer Sports & Entertainment (HBSE), qui est propriétaire du club de la LNH, et avoir appris qu’il ferait l’objet d’une évaluation une fois la saison terminée.
« J’espère sincèrement faire partie de la solution ici, a dit Keefe. De toute évidence, ils ont des décisions à prendre concernant le nouveau directeur général et la composition de la direction de l’équipe... Je participerai à ces discussions et à cette évaluation. Ce n’est pas quelque chose qui me réjouit, compte tenu de la situation dans laquelle nous avons placé l’équipe. »
Les Devils sont en voie de rater les séries éliminatoires, même si cela s’explique en partie par l’absence de Jack Hughes pendant cinq semaines à la suite d’une mystérieuse blessure à un pouce survenue lors d’un dîner d’équipe en novembre, ainsi que par les matchs disputés après son retour alors qu’il n’était pas encore complètement rétabli.
Depuis le retour de Hughes, qui avait marqué le but victorieux en prolongation pour les États-Unis aux Jeux olympiques, les Devils présentent un dossier de 12-7-1, soit un pourcentage de points de ,625 qui les placerait au moins en lice pour les séries, s’ils n’y étaient pas déjà qualifiés.
« Nous n’avons pas eu sur la glace l’équipe que Tom avait constituée pendant suffisamment longtemps, a déclaré Keefe. Mais c’est là aussi que je porte la responsabilité: c’est mon travail de maintenir notre niveau de jeu lorsque nous n’affichons pas ‘complet’. La façon dont nous jouons actuellement et celle dont nous avons joué pendant cette période (sans Hughes) font toutes deux partie du processus d’évaluation et relèvent en fin de compte de ma responsabilité. »
Il y a un an, Keefe avait mené les Devils en séries éliminatoires. Ils avaient cependant été éliminés en cinq matchs au premier tour, après que Hughes eut été écarté pour le reste de la saison à la suite d’une opération à une épaule. En sept saisons dans la LNH, c’est le premier printemps où Keefe ne mènera pas son équipe en séries éliminatoires.
Les Maple Leafs s’y étaient qualifiés chaque fois sous sa direction, de 2020 (lorsque le nombre d’équipes participantes avait été élargi en raison de la pandémie) à 2024, même si les Torontois n’ont remporté qu’une seule série durant cette période.
Il se retrouve dans une situation familière depuis 2023, lorsque Brendan Shanahan, alors président des opérations hockey, avait congédié le directeur général Kyle Dubas, lequel avait promu Keefe en novembre 2019 pour remplacer Mike Babcock.
« C’est un sentiment similaire, celui d’avoir laissé tomber l’organisation et le directeur général qui croit en vous, donc ça n’a pas changé, a évoqué Keefe, qui n’a tenu qu’une saison sous la gouverne du nouveau directeur général des Leafs, Brad Treliving (lui aussi remercié depuis), avant de perdre son poste et de rejoindre les Devils. À l’époque, j’ai dû en quelque sorte me battre pour conserver ma place au sein de l’organisation; ce sera une situation très similaire ici maintenant. »
Le nom de Shanahan a été évoqué chez les Devils s’ils devaient recruter un président des opérations hockey, un poste intermédiaire entre celui de directeur général et la direction. Treliving pourrait également faire l’affaire en tant que dirigeant expérimenté, et Sunny Mehta et Brett Peterson, des Panthers de la Floride, font partie des adjoints qui pourraient éventuellement diriger des concessions de la LNH.
Mehta a occupé le poste de directeur de l’analyse chez les Devils de 2014 à 2018, avant d’aider les Panthers à remporter deux coupes Stanley de suite ces deux dernières années.
« Mon téléphone a explosé hier soir parce qu’il y a bien des gens à travers la ligue qui pensent que le poste de DG au New Jersey, c’est tout un poste à aller chercher, a commenté notre collaborateur Pierre LeBrun, mardi. Quand t’as Jack Hughes et ce noyau, c’est très probable que cette équipe va rebondir la saison prochaine. »
LeBrun a par ailleurs indiqué que le statut de Fitzgerald aux commandes de l’équipe était remis en question depuis sa vaine tentative de faire l’acquisition du défenseur étoile Quinn Hughes, qui a finalement été troqué au Wild du Minnesota par les Canucks de Vancouver.
« Il y avait beaucoup de pression au New Jersey pour qu’il aille le chercher et le réunisse à ses frères [Jack et Luke]. La réaction a été très négative dans son marché. »
Peu importe qui sera désormais aux commandes, ce sera différent. Fitzgerald était en poste depuis plus d’une décennie et tenait les rênes en tant que directeur général depuis le début de 2020, étant en quelque sorte responsable de l’ensemble du noyau dur composé de Hughes et de son frère Luke, du capitaine Nico Hischier, ainsi que des attaquants Timo Meier et Jesper Bratt.
« On ne peut pas vraiment contrôler ce qui va se passer pendant la saison morte et avec les transactions , a reconnu Bratt. On ne sait pas non plus qui sera le nouveau directeur général ni quel sera son plan. »
Reconnaissant pour tout ce que Fitzgerald a fait pour lui et ses coéquipiers, Hischier estime que le prochain directeur général apportera un vent de fraîcheur et de nouvelles idées. Le Suisse, qui sera admissible pour signer une prolongation de contrat le 1er juillet, est resté évasif quant à son avenir au-delà de la fin de cette saison.
« Je me concentre sur le hockey ici, a dit Hischier. Il me reste encore un an. Je suis avec les Devils pour l’instant, et ensuite on verra ce qui se passera. »
Les Devils sont en mode « on verra bien » après le départ de Fitzgerald, et Keefe ainsi que les joueurs comprennent que la décision concernant son successeur ne dépend pas d’eux.
« Je sais que je fais confiance à notre groupe de propriétaires, ce sont des gens intelligents, a mentionné Jack Hughes. Ils vont choisir quelqu’un de bien. »
Un intérêt des Predators?
Si les Devils et Fitzgerald n’ont pas utilisé le terme « congédiement » dans l’annonce de la fin de leur relation d’affaires, parlant plutôt d’un accord mutuel, ce n’est pas pour rien, précise par ailleurs LeBrun.
Premier capitaine de l’histoire des Predators de Nashville, Fitzgerald aimerait bien figurer parmi la liste de candidats pour le poste de DG de l’équipe, qui est actuellement vacant.
Reste à voir s’il est déjà trop tard.
« Est-ce que Nashville va appeler? On verra, parce que les Predators sont assez avancés dans leur processus. Selon mes informations, ils sont passés à la deuxième étape la semaine dernière et commencent à rencontrer des candidats en personne », a révélé LeBrun.





