Le taux d’efficacité moyen des gardiens de but dans la LNH est sous la barre des ‚900 pour la première fois en 30 ans. En fait, à ,896, il est en voie d’être le plus bas depuis 1994. Une combinaison de facteurs force les experts à réévaluer ce qui corresponde à une saison couronnée de succès à l’une des positions clés du sport.
« Les joueurs évoluent et s’améliorent, a déclaré le gardien des Capitals de Washington Logan Thompson, dont le taux d’efficacité de ,912 est le deuxième parmi les gardiens comptant 50 départs ou plus, et le quatrième au total après les matchs joués plus tôt cette semaine. Leurs bâtons sont meilleurs. Leurs tirs sont plus puissants. Ils savent où tirer et ne décochent pas autant de lancers que par le passé. »
Il a raison: à 27,8 tirs par match, il s’agit de la moyenne la plus basse depuis la fin des années 1990, quand l’accrochage et l’obstruction étaient rois et maîtres. Les changements apportés à la suite du lock-out de 2004-05 ont entraîné une hausse dans le nombre de buts marqués.
Mais les joueurs tentent aussi de trouver un angle de passe au lieu de décocher un tir qui ne se voudra pas une chance de marquer optimale.
« C’est complètement fou, a noté le gardien des Stars de Dallas Jake Oettinger, dont le taux d’efficacité de ‚900 est de loin le plus bas de ses six années dans le circuit Bettman. Les joueurs ont la rondelle dans l’enclave et vont passer au lieu de tirer, comme ils le faisaient il y a 10 ans. »
À la retraite, Martin Biron assure que le sport a complètement changé depuis l’époque où il jouait, alors que le taux d’efficacité moyen a déjà été de ,911.
« C’était plus simple: les gars s’en venaient sur l’aile et décochaient un lancer, a dit Biron. Tout ce dont je devais me soucier, c’était le tireur et mes angles. »
L’une des façons trouvées par la LNH afin d’améliorer l’attaque a été de réduire l’équipement des gardiens. La ligue voulait réduire la largeur des épaulières, du protecteur pectoral et des culottes afin de donner plus d’espace aux tireurs sans jouer sur la sécurité des gardiens.
Thompson apprécie son équipement moins encombrant, qui lui permet d’être plus mobile devant son filet. Mais il a noté une différence sur certains lancers.
« Parfois, il y a des tirs qui semblent faibles, mais passent entre vos genoux sans que vous ne puissiez rien faire. Il y a simplement un trou à cet endroit, a-t-il indiqué. C’est hors de votre contrôle. »
Biron estime aussi que les entraîneurs des gardiens devront s’ajuster.
« Les tireurs sont meilleurs et c’est le temps pour les gardiens de s’ajuster, a-t-il affirmé. Le jeu ne se joue plus de la même façon. Les déplacements latéraux sont beaucoup plus nombreux. Les gardiens doivent en être plus conscients. Ceux qui sont meilleurs en mouvements latéraux ont de meilleures statistiques. »
Il note notamment le travail d’Andrei Vasilevskiy (Tampa Bay), Ukko-Pekka Luukkonen (Buffalo), Jeremy Swayman (Boston) et Ilya Sorokin (Islanders). Vasilevskiy se trouve à ,912 et Luukkonen à ,910, troisième et huitième dans la LNH. Les deux autres sont à ,906.
Brian Boucher, également à la retraite, se demande si les standards d’excellence reviendront à ‚900, ce qu’il visait toujours quand il jouait, quitte à calculer combien d’arrêts il devait effectuer avant la fin d’un match afin d’offrir ce rendement.
Thompson se rappelle d’un match entre les Stars et les Devils du New Jersey au cours duquel Oettinger a été retiré après avoir accordé quatre buts en huit lancers. En tout, 10 buts ont été inscrits en 51 tirs, pour un taux d’efficacité combiné de ,803.
« Vous pouvez dire que les gardiens n’ont pas été bons, mais je ne connais pas beaucoup de gardiens qui auraient fait mieux ce soir-là », a souligné Thompson.





