EDMONTON - Les Oilers d'Edmonton sont plus forts que l'an dernier. C'est indéniable.
Leurs victoires expéditives en deuxième ronde contre les Golden Knights de Vegas et en finale de l'Ouest aux dépens des Stars de Dallas devraient convaincre ceux et celles qui pourraient encore en douter. En plus d'avoir fait mentir les experts qui croyaient dur comme fer qu'ils ne sortiraient pas gagnants de ces duels.
Les Oilers sont meilleurs parce qu'ils ont ajouté de la profondeur à une attaque qui en manquait cruellement. Ils ont aussi ajouté du talent en défense afin de maximiser l'efficacité des McDavid, Draisaitl et des autres piliers offensifs en améliorant la vitesse et la qualité des sorties de zone.
L'ennui pour les Oilers, leurs partisans et tous les canadiens qui rêvent de voir la coupe Stanley revenir au Canada après un exil aux États-Unis qui s'éternise – depuis la dernière conquête du Canadien en 1993 – c'est que les champions en titre de la coupe Stanley, sont eux aussi meilleurs qu'ils l'étaient à pareille date l'an dernier.
Les acquisitions du défenseur Seth Jones et du vétéran Brad Marchand à la date limite des transactions rapportent des dividendes impressionnants.
Des dividendes qui dépassent les projections faites par le directeur général Bill Zito lorsqu'il a accepté de donner le gardien Spencer Knight et un choix de première ronde (2026) aux Blackhawks de Chicago pour obtenir Jones et un choix de deuxième ronde (2027) aux Bruins pour Marchand?
« Je dirais qu'on obtient ce qu'on souhaitait obtenir, a nuancé Bill Zito. Je savais que Seth Jones cadrerait très bien dans notre club parce que je l'ai connu à Columbus alors que je faisais partie de l'état-major des Blue Jackets. Dans le cas de Brad, le joueur de hockey répond totalement aux attentes. Sur le plan personnel, il est meilleur encore que ce que j'anticipais. Je ne le connaissais pas du tout. Après plusieurs semaines et surtout depuis le début des séries, j'ai appris à connaître un homme qui est tout aussi spécial que le joueur de hockey », a lancé le directeur général des Panthers avec une fierté évidente.
De roi à valet
Seth Jones passe en moyenne 24 min 59 s sur la patinoire depuis le début des séries. Il a marqué trois buts, a récolté sept points tout en affichant un différentiel positif (+9) pour la première fois après des années de misère à Chicago.
Brad Marchand, qui vient de célébrer son 37e anniversaire de naissance, a récolté 14 points en 17 rencontres. Il est tout aussi efficace en défensive qu'il l'était à ses belles années avec les Bruins et n'a rien perdu de son caractère belliqueux comme en témoignent ses 46 minutes passées au banc des pénalités.
Pas mal pour un gars qui ne savait pas le moindrement à quoi s'en tenir lorsqu'il a accepté de donner son aval à la transaction qui l'a fait passer des Bruins aux Panthers.
« Les Panthers comptaient sur tellement de bons joueurs que je me demandais si j'allais être en mesure de percer l'alignement. Et si j'y arrivais, je me disais que je reviendrais au même point qu'à mes débuts en carrière alors que j'étais confiné à un quatrième trio », que Marchand a témoigné le plus sérieusement du monde.
Marchand n'a plus les moyens de justifier sa place au sein d'un premier trio. C'est clair. Mais il a permis à Paul Maurice de concocter un troisième trio qui fait le bonheur des Panthers et le malheur de leurs rivaux en joignant Marchand et son expérience, à la jeunesse et la fougue d'Anton Lundell et Eatu Luostarinen. Un trio qui produit offensivement tout en étant efficace en défensive comme en témoignent les différentiels positifs des trois joueurs. Les meilleurs de tous les attaquants des Panthers.
Parce qu'il n'avait jamais rien connu d'autre que le vestiaire des Bruins, un vestiaire au sein duquel il était devenu roi et maître en plus de succéder à Patrice Bergeron à titre de capitaine, Brad Marchand se demandait comment il serait accueilli dans son nouveau vestiaire.
« La chambre s'est occupée de lui faire une place», que l'entraîneur-chef Paul Maurice a lancé avant d'expliquer sa pensée. Nos gars sont unis. Ils ont du caractère. La chambre va te laisser toute la marge dont tu as besoin si tu respectes les points précis qui sont établis par l'ensemble des joueurs. Brad s'est intégré parfaitement en respectant ces exigences. »
Le poids des défaites
Parce qu'il a gagné la coupe Stanley en 2011 avec les Bruins, Brad Marchand peut facilement suivre le pas dicter par ses coéquipiers qui en visent une deuxième consécutive.
Mais c'est surtout parce qu'il a perdu deux fois en grande finale – contre les Blackhawks de Chicago en 2013 et les Blues de St.Louis en 2019 – que Marchand croit qu'il pourra aider ses nouveaux coéquipiers en les préparant à la réplique qui s'annonce féroce de la part des Oilers.
« Tu te souviens bien plus des défaites que des victoires. Tu passes un temps fou à te demander ce que tu aurais pu faire de mieux. À multiplier des si. À rêver d'avoir une autre chance de te reprendre. Je suis chanceux, car les Panthers m'offrent cette chance. Mais les Oilers ont cette chance aussi. Ils ont plus de profondeur que l'an dernier. Et déjà qu'ils comptent sur les deux meilleurs joueurs de la Ligue, ces deux gars seront animés par une soif de se reprendre. Il faudra être prêt à faire face à tout ça », que Marchand a conclu.





