Repêchage

McKenna ou Stenberg? Vrai ou faux dilemme?

Mis à jour le 

Publié le 

BUFFALO – Personne n’aurait pu prédire cela il y a quelques mois à peine, mais il existe un certain suspense autour de l’identité du joueur que les Maple Leafs de Toronto choisiront au premier rang du repêchage de la Ligue nationale de hockey le 26 juin prochain à Buffalo.

Si dans un monde où Brad Treliving était encore directeur général des Maple Leafs et qu’il avait échangé Matthew Knies aux Canadiens de Montréal, la sélection de Gavin McKenna ne ferait probablement aucun doute, alors que 90 des meilleurs espoirs sont réunis dans la citée d’adoption de Josh Allen pour l’habituelle Séance d’évaluation des espoirs de la LNH.

Mais étant donné que Treliving a été chassé de la Ville Reine et remplacé par l’énigmatique John Chayka et son conseiller spécial Mats Sundin début mai, le nom du Suédois Ivar Stenberg s’est soudainement invité dans la conversation au cours des dernières semaines.

Plusieurs observateurs se sont en effet emballés dans la foulée des succès de Stenberg avec Frölunda dans la Ligue élite suédoise et avec son équipe nationale au Championnat du monde sénior. Certains l’idéalisent déjà comme un digne successeur des Börje Salming, Sundin, William Nylander et autres Suédois qui ont défendu les couleurs des Maple Leafs.

« C’est certain que j’y ai pensé, a avoué Stenberg en conférence de presse vendredi après-midi. Je n’aurais aucun problème à jouer là, d’autant plus que j’aime jouer sous pression. »

Devant plusieurs représentants des médias venus de Toronto, l’ailier gauche de 5 pieds 11 pouces et 183 livres qui pourrait immédiatement jouer en séries éliminatoires, d’après un dépisteur d’une équipe de la LNH interrogé par Elite Prospects le mois dernier, a d’ailleurs eu droit à un avant-goût de ce qui pourrait l’attendre s’il était sélectionné au premier rang.

Même s’il est fondamentalement un jeune homme de très peu de mots, il a répondu avec quiétude et assurance à chacune des questions qui lui ont été posées par les journalistes.

Sa plus grande force? « Mon intelligence du jeu ».

Un trait distinctif? « Je veux continuellement m’améliorer. »

Où se voit-il la saison prochaine? « Je veux jouer dans la Ligue nationale de hockey. »

Cela dit, Stenberg semblait pertinemment comprendre que toute l’attention dont il fait présentement l’objet est circonstancielle et n’a pas cherché à convaincre qui que ce soit que les Maple Leafs commettraient une grave erreur s’ils le préféraient à tout autre joueur.

« Tous les joueurs qui sont admissibles au repêchage sont excellents », a conclu Stenberg.

« Une expérience incroyable »

Toutes choses étant égales par ailleurs, il n’y aurait probablement eu aucun débat au sujet de la sélection de McKenna au premier rang si l’attaquant canadien n’avait pas connu certaines « difficultés » à ses débuts dans les rangs universitaires américains cet automne.

Après une saison de 129 points avec les Tigers de Medicine Hat de la Ligue de l’Ouest en 2024-2025, McKenna a pris le pari de joindre les rangs de l’Université Penn State l’année de son repêchage. Une décision audacieuse, dans une certaine mesure, car l’ailier gauche savait pertinemment qu’il avait tout à perdre en jouant à ce niveau, alors qu’il aurait pu se la couler douce en restant dans le hockey junior canadien sans que sa réputation en souffre.

« Ç’a vraiment été une expérience incroyable, à tous les niveaux », a mentionné McKenna au sujet de sa dernière campagne. Les gars sont vraiment plus gros, plus forts et plus rapides.

« J’ai réalisé rapidement que les choses ne seraient pas simples pour moi. C’est vraiment un hockey différent par rapport aux rangs juniors canadiens. C’est un hockey bien plus direct. »

Mais comme n’importe quel grand joueur, McKenna s’est vite adapté et a véritablement pris son envol au retour du Mondial junior, compétition où il a maintenu une moyenne de deux points par match. Il a terminé sa saison dans les rangs universitaires avec une récolte de 15 buts et 36 passes en 35 rencontres pour terminer au sommet des pointeurs de son équipe.

Fondamentalement, il s’estime prêt à œuvrer dans l’un des marchés les plus impitoyables de la LNH.

« La ville de Toronto est complètement différente de là où j’ai grandi (Whitehorse, NDLR), mais ce n’est pas comme si je n’étais jamais sorti de chez moi, a expliqué McKenna. C’est certain que ça serait tout un honneur que d’être réclamé au premier rang par les Leafs. »

« C’est le genre de chose à laquelle tous les jeunes hockeyeurs canadiens rêvent d’une certaine manière, a-t-il continué. Les Leafs forment une bonne équipe et lutteront pour les séries éliminatoires la saison prochaine. La tournure des événements est particulière. C’est fou de penser que cette équipe se retrouve finalement avec le premier choix au repêchage. »

Chayka n’ayant rien fait pour calmer le jeu ces dernières heures en disant qu’il allait choisir « le meilleur joueur disponible », le suspense s’étirera vraisemblablement jusqu’au 26 juin. Mais les Maple Leafs oseront-ils vraiment tourner le dos à McKenna pour choisir Stenberg?