BUFFALO – Ce ne sont pas tous les rejetons d’anciens joueurs de la Ligue nationale de hockey qui gardent des souvenirs précis des exploits de leur paternel sur la surface glacée.
Mais Caleb Malhotra a cet immense privilège. Il était d’ailleurs aux premières loges lorsque son père, Manny Malhotra, a inscrit le dernier de ses 116 buts, le seul qu’il a marqué au cours de son unique campagne dans l’uniforme des Canadiens de Montréal, en 2014-2015.
« C’était vraiment spécial! Il s’était retrouvé seul devant le filet et avait marqué, s’est rappelé Caleb Malhotra en marge de la Séance d’évaluation des espoirs organisée début juin à Buffalo. J’ai eu la très, très grande chance d’être assis dans l’amphithéâtre à ce moment-là!
« J’ai encore de nombreux souvenirs de cette époque. Je l’accompagnais au centre d’entraînement et je jouais à la Wii. Je profitais du moment. J’étais conscient du privilège que j’avais d’être aux côtés des joueurs. Je croyais alors que c’était la chose la plus “cool”! »
Les amateurs qui ont eu l’opportunité de voir jouer Manny Malhotra pendant ses 16 saisons avec les Rangers de New York, les Stars de Dallas, les Blue Jackets de Columbus, les Sharks de San Jose, les Canucks de Vancouver, les Hurricanes de la Caroline et le CH, se souviendront d’abord et avant tout d’un joueur très honnête et responsable défensivement.
Il n’est donc pas surprenant que Caleb Malhotra soit taillé dans le même moule. Cela dit, il n’excelle pas qu’en défense. À vrai dire, il excelle dans absolument tout. Sa mère, Joann Nash, était une joueuse étoile de soccer à l’Université de Victoria et ses oncles Martin et Steve Nash ont connu des carrières plus que respectables au soccer ainsi qu’au basketball.
Selon un sondage d’Elite Prospects mené auprès de dépisteurs d’équipes de la LNH, Malhotra est considéré comme le meilleur attaquant dans les deux sens de la patinoire et le quatrième meilleur attaquant offensif après Gavin McKenna, Ivar Stenberg et Wyatt Cullen.
« Six pieds deux pouces. Canadien, joueur de centre complet avec de la combativité et un excellent jeu défensif. Aucune faiblesse, a analysé un dépisteur à Elite Prospects en mai. Il n’y a jamais de joueur comme lui sur le marché des joueurs autonomes ou des échanges. »
« De loin le meilleur joueur de centre admissible au prochain repêchage, a ajouté un autre dépisteur. Il est le seul dont on peut dire qu’il évoluera assurément au sein d’un “top-6”. »
L’une des choses les plus intéressantes au sujet de Malhotra est probablement la facilité avec laquelle il est parvenu à s’acclimater à son nouvel environnement avec les Bulldogs de Brantford de la Ligue de l’Ontario cette saison. Après avoir joué dans la BCHL, il s’est joint à une équipe remplie de vedettes et n’était pas du tout censé évoluer au centre.
Mais, il a forcé la main de son entraîneur-chef Jay Mckee et il a ainsi terminé la saison avec 29 buts et 55 passes en 67 matchs avant d’ajouter 13 buts et autant d’aides en 15 rencontres en séries éliminatoires pour terminer au 1er rang des pointeurs de son équipe.
« C’est l’un des entraîneurs les plus brillants que j’ai connu, a déclaré Malhotra au sujet de Mckee, qui dirigera le club-école des Islanders de New York, à Hamilton, la saison prochaine. C’est le genre d’entraîneur qui ne laisse absolument aucun détail au hasard. C’est également quelqu’un qui prend tout le temps pour aider chaque joueur à s’améliorer.
« J’ai vraiment appris beaucoup de choses avec lui, tout comme avec mes coéquipiers Jake O’Brien, Marek Vanacker et plusieurs autres... ils m’ont vraiment aidé à m’intégrer au club. »
Répertorié au 6e rang chez les patineurs nord-américains par la Centrale de recrutement de la LNH, Malhotra pourrait néanmoins être le 3e joueur réclamé le 26 juin – par les Canucks de Vancouver –, s’il faut en croire ceux qui sévissent dans le domaine du repêchage simulé.
Car après avoir fini en dernière position du classement général au terme de l’une des pires campagnes de leur histoire, les Canucks ont nommé de nouveaux dirigeants. Et parmi tous les changements effectués, un retient particulièrement l’attention, puisque c’est un certain Manny Malhotra qui dirigera la formation vancouvéroise à compter de la saison prochaine.
« Ça serait un énorme privilège que de jouer sous ses ordres, a avoué Caleb Malhotra. Nous serions évidemment très professionnels dans notre approche. À vrai dire, je pense que ça serait simple : il serait mon entraîneur et je serais son joueur. Nos interactions ne seraient pas différentes de celles qu’il aurait avec les autres joueurs. Il n’y aurait pas de problèmes...
« C’était son rêve de diriger dans la LNH depuis le premier jour où il est devenu entraîneur. Et c’est également devenu mon rêve d’une certaine manière. Je sais que tous les joueurs qui ont eu la chance de jouer pour lui le respectent. C’est un entraîneur qui est très intelligent. »
Bref, rares sont ceux qui ne voient pas en Caleb Malhotra le candidat parfait pour relancer les Canucks. Mais il y a en au moins un. « Je me demande s’il n’y a pas un peu d’exagération dans son cas, a nuancé un dépisteur interrogé par Elite Prospects. Parce que c’est un joueur de centre, parce que c’est le fils de Manny Malhotra, parce qu’il a joué à Brantford. »
« Il deviendra capitaine un jour. C’est le genre de joueur avec qui tu gagnes », a répliqué un autre dépisteur. Bref, l’équipe qui choisira Malhotra ne le regrettera vraisemblablement pas.
*Avec la collaboration de Mikael Filion




