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Dagenais demeure fidèle aux Remparts

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BUFFALO – Alors que tous les éléments semblent avoir été réunis pour que les meilleurs joueurs d’âge junior poursuivent leur développement dans les rangs universitaires américains, Maddox Dagenais a décidé d’aller à contre-courant et de demeurer ainsi fidèle aux Remparts de Québec et à la Ligue de hockey junior Maritimes Québec. Pour le moment.

Courtisé par l’Université d’État de Pennsylvanie avec une offre « dans les six chiffres » selon ce qui a été rapporté par Le Soleil, l’imposant franc-tireur ne se voit pas dans un autre uniforme que celui des Diables Rouges la saison prochaine, a-t-il dit en entrevue à RDS.ca, en marge de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH tenue cette semaine à Buffalo.

Pressenti pour être réclamé au milieu ou vers la fin de la 1re ronde par une équipe de la LNH le 26 juin prochain, celui qui est classé au 15e rang des meilleurs espoirs chez les patineurs nord-américains est convaincu que c’est en disputant une 3e campagne avec les Remparts qu’il parviendra le mieux à développer ses habiletés pour ainsi devenir un joueur de la LNH.

« Je suis une personne qui y va une journée à la fois. Chaque jour, j’essaie d’apprendre à devenir une meilleure personne et un meilleur athlète », a d’abord répondu Dagenais, samedi après-midi, lorsqu’interrogé sur ses plans en vue de la prochaine saison de hockey.

« Mon plan, c’est de rester à Québec l’année prochaine. D’apprendre à jouer dans différents scénarios, plus défensivement, puis je pense que je suis à la bonne place avec ce “staff”-là, a-t-il continué. On vient d’avoir [Pierre-Cédric] Labrie (qui a été nommé entraîneur adjoint, NDLR), ce sont juste des personnes qui vont m’aider. Depuis deux ans, avec [l’entraîneur-chef] Éric Veilleux, je pense que je suis un joueur [transformé] et j’ai vraiment confiance en eux. L’année prochaine, on va avoir une bonne équipe et ça va m’aider en tant qu’athlète. »

La décision de Dagenais détonne assurément, étant donné que plusieurs espoirs présents cette semaine à Buffalo ont déjà annoncé depuis longtemps qu’ils tournaient le dos au hockey junior canadien afin de poursuivre leur développement en territoire américain. C’est notamment le cas du défenseur néo-brunswickois Charlie Morrison, coéquipier de Dagenais dans la Veille Capitale ces deux dernières campagnes. Morrison est répertorié au 39e échelon par la Centrale de recrutement de la LNH chez les patineurs nord-américains.

« J’ai vraiment connu deux saisons exceptionnelles avec les Remparts et tous les membres de l’organisation, mais la vie m’amène maintenant ailleurs, a expliqué celui qui a révélé à la fin avril qu’il grossirait les rangs des Huskies de l’Université du Connecticut en 2026-2027.

« Chaque joueur emprunte un chemin différent vers la Ligue nationale, mais notre objectif demeure exactement le même. Et comme plusieurs autres qui en sont venus à cette conclusion, c’est en jouant dans les rangs universitaires américains que je vais y parvenir. »

Le prochain niveau

Les joueurs ne perdant dorénavant plus leur admissibilité dans les rangs universitaires américains après avoir évolué dans les rangs juniors canadiens, une véritable boîte de Pandore s’est ouverte depuis le changement de réglementation au début de l’année 2025.

Mais en plus d’avoir la chance d’évoluer dans un circuit plus relevé en raison de la présence de joueurs plus âgés et ainsi plus matures physiquement, les athlètes ont aussi droit à une rémunération avec laquelle les formations juniors canadiennes ne pourront jamais rivaliser.

Cela dit, tous les athlètes ont confirmé que cette réalité n’avait que très peu d’importance.

Le défenseur de l’Armada de Blainville-Boisbriand Xavier Villeneuve n’a pas hésité un seul instant avant d’accepter l’offre de se joindre au prestigieux programme de l’Université de Boston, puisque c’est cette institution qui a formé les frères Lane et Cole Huston, deux joueurs qui inspirent grandement le petit, mais extrêmement talentueux arrière québécois.

« Ces gars-là (l’entraîneur-chef Jay Pandolfo, notamment, NDLR) savent ce que ça prend pour jouer au prochain niveau, a analysé Villeneuve. Ils ont réussi à renforcer Lane – il a toujours eu le talent – mais en allant-là, il s’est perfectionné. Ç’a influencé ma décision! »

Sans aller jusqu’à prétendre qu’il a senti qu’il avait plafonné à sa troisième campagne avec l’Armada, Villeneuve en est venu à la conclusion qu’il devait passer à un niveau supérieur.

« [La Ligue canadienne de hockey] va toujours rester la meilleure ligue de développement et faire son temps dans le junior, c’est primordial, a-t-il mentionné. Il faut que tu apprennes et ensuite, tu fais le “step”. Pour nous les joueurs [de la Ligue canadienne de hockey, jouer dans les rangs universitaires américains] est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. »

Un peu plus tôt cette semaine, Gavin McKenna et Carter Verhoff, qui ont fait le saut dans les rangs universitaires américains cette saison, avaient martelé qu’ils ne regrettaient pas un seul instant leur décision, même s’ils avaient reconnu que l’adaptation a été difficile.

« Le temps le dira dans mon cas, mais c’est en connaissant de l’adversité que nous finissons par progresser en tant que joueur, a déclaré le défenseur des Raiders de Prince Albert, Daxon Rudolph, 5e meilleur espoir chez les patineurs nord-américains qui évoluera avec les redoutables Pioneers de l’Université de Denver à compter de la saison prochaine.

« Je veux poursuivre mon développement, car mon objectif est de m’établir dans la Ligue nationale de hockey. Et en choisissant un programme comme celui de l’Université de Denver, je sais pertinemment que j’aurai l’occasion de gagner un championnat national. »

Le départ de plusieurs des joueurs les plus en vue du hockey junior canadien vers les États-Unis continuera vraisemblablement d’être un sujet chaud pour les années à venir. Il semble toutefois clair que les cas comme celui de Dagenais deviendront l’exception et non la règle.