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« Tu la mets dedans, sinon on ne te drafte pas »

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BUFFALO – Xavier Villeneuve avait hâte. Il voulait se faire « challenger » par les Canadiens.

Bien au fait de la réputation de l’équipe, qui a tendance à faire la vie dure aux espoirs qu’elle rencontre chaque année en marge de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH, l’attachant défenseur québécois n’a pas été déçu.

« Tout le long, j’avais le sourire », racontait-il vendredi, dans le lobby de l’hôtel de Buffalo où l’événement avait encore lieu cette année.

D’abord, il y a eu les questions habituelles des recruteurs. Où as-tu grandi? Où as-tu joué au hockey? Tes forces? Tes faiblesses… La poutine habituelle. Jusqu’à ce que le psychologue à l’emploi de l’organisation ne prenne le relai.

« Lui, il te pousse. »

Ainsi, Villeneuve a alors eu à commenter ses séries en demi-teinte avec l’Armada de Blainville-Boisbriand.

« Je lui ai répondu que ç’a été correct. »

Puis, peu après, le spectaculaire arrière qui se produira dès l’automne prochain dans la NCAA chez les Terriers de l’Université Boston s’est vu remettre une rondelle pour un petit jeu.

À une extrémité de la salle où se tient l’entrevue se trouve une poubelle. L’objectif s’impose de lui-même.

« Il me dit : “Tu te mets où tu veux, mais il faut que tu la mettes dedans, sinon on ne te drafte pas“. »

Challenge accepté. Villeneuve bombe alors le torse et choisit de se positionner « au fond, fond, fond de pièce » pour s’exécuter. Au point où il doit tasser des rideaux.

« Il m’écoeurait et me disait qu’il ne pensait pas que j’étais capable de le faire. Je lui ai répondu : “Tu vas voir…” Je la pitche et elle tombe en plein centre.

« Je te l’avais dit », n’a pu s’empêcher de répliquer l’espoir de première ronde.

« Tout le monde riait dans la pièce, je vais m’en rappeler longtemps. »

Ne voilà qu’une des nombreuses anecdotes savoureuses (d’autres un peu moins) entendues par le RDS.ca à Buffalo.

En voici quelques-unes.

Pas de fromage? Tu fais quoi?

Les Canadiens ne font pas que dans les jeux d’adresse. Les dilemmes en apparence impossible à trancher sont cette année encore prisés par l’organisation dans ses entretiens avec la relève.

L’an dernier, Caleb Desnoyers et plusieurs de ses compères avaient été confrontés au choix déchirant de tabasser ou non quelqu’un pour la dernière goutte d’eau disponible dans le désert.

Cette mise en situation a à nouveau été entendue cette semaine à Buffalo, mais une autre a été ajoutée au répertoire.

Tu es avec Martin St-Louis dans un restaurant et tu as commandé un sandwich avec fromage. Tu te rends ensuite compte qu’on a oublié d’ajouter le fromage. Que fais-tu?

« Je ne sais pas vraiment quelle est la bonne réponse », a partagé dans la bonne humeur l’un des meilleurs défenseurs de la cohorte 2026, Keaton Verhoeff.

« J’ai dit que j’y retournerais en demandant du fromage pour Marty et moi. »

Qui sait, le pilote des Canadiens est peut-être intolérant au lactose et Verhoeff est tombé en plein dans le piège…

Un bâton de son idole

Viggo Björck est débarqué au dernier Championnat du monde de hockey sénior avec un plan précis en tête.

Malgré son âge – il est devenu à 18 ans et 65 jours le plus jeune joueur de l’histoire à percer la formation suédoise – le joueur de centre comptait faire sa part pour le Tre Kronor. Ce qu’il a fait en récoltant 1 but et 5 passes en huit matchs et en passant près de 20 minutes par rencontre sur la patinoire.

De quoi solidifier son statut d’espoir de premier plan aspirant au top-10, un autre objectif.

Ne lui restait plus maintenant qu’à tenir parole et aller à la rencontre de son idole, Sidney Crosby.

« J’avais promis à mon frère que je lui demanderais de me donner un de ses bâtons si j’en avais la chance.

« J’ai fini par l’avoir. »

Björck a notamment croisé et échangé quelques mots avec la supervedette canadienne au moment de s’entretenir avec les médias après un duel entre les deux pays.

« Il joue avec assurance et c’est évident que c’est tout un compétiteur, a alors observé le célèbre no 87. Ce n’est pas le plus gros gars, mais il a une bonne vision, un bon lancer. C’est surtout son niveau de compétitivité que j’ai remarqué. Il joue avec autorité en possession de la rondelle. »

Une autre chambre d’hôtel

Liam Lefebvre n’enchaîne pas les nuitées loin de chez lui pour les mêmes raisons que Gildor Roy dans sa célèbre chanson, mais n’empêche, il s’ennuie de son lit.

À la conclusion de la série de tests physiques qui clôturaient samedi la Séance d’évaluation à Buffalo, l’attaquant québécois disait avoir passé les 18 dernières nuits à l’hôtel.

Au lendemain de l’élimination des Saguenéens de Chicoutimi en demi-finale de la Coupe Memorial à Kelowna en Colombie-Britannique, le robuste attaquant a pris la direction de Buffalo. Même pas le temps de participer à la parade des Sags avec la coupe Gilles-Courteau dans les rues de Chicoutimi.

Le nouveau membre des Eagles du Cap-Breton a la cote chez les recruteurs de la LNH, lui qui est passé du 70e au 38e rang dans le classement final de la Centrale de recrutement pour les patineurs évoluant en Amérique du Nord.

Son lit pouvait donc bien attendre encore un peu. Le temps d’aller chercher ses effets personnels à Chicoutimi et de rentrer ensuite sur la Rive-Nord de Montréal et il renouera avec son oreiller.

« Je suis capable de tout faire sur la patinoire » - Liam Lefebvre L'espoir des Saguenéens de Chicoutimi, Liam Lefebvre s'exprime à propos de l'entrevue qu'il a réalisé avec le CH au camp d'évaluation des espoirs de la LNH.

Pédaler jusqu’à en vomir

Le fameux « Wingate » continue d’être le test physique le plus redouté et éprouvant pour les espoirs participant à l’événement.

L’exercice, qui mesure les capacités anaérobiques, consiste à pédaler au maximum de ses capacités pendant 30 secondes contre une résistance ajustée en fonction de son poids, tout en ne soulevant pas ses fesses de la selle.

« Le bike, c’est quelque chose », a reconnu Verhoeff, un colosse de 6 pi 3 po et 212 lb.

« C’est pas mal une course au vomissement. Tu pousses le plus que tu peux, jusqu’à ton maximum, jusqu’à ta limite. Et la limite, c’est vomir. »

Verhoeff peut dire mission accomplie. Il a vomi.