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Tommy Bleyl : le joueur étoile

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BUFFALO – Depuis que le Conseil de la Division I de la NCAA permet aux athlètes ayant l’expérience de la Ligue canadienne de hockey de jouer pour des universités américaines, c’est sous l’angle de l’exode du talent d’ici vers les États-Unis que le sujet est souvent traité.

Normal, puisqu’à ce jour, ils seraient plus de 300 à avoir fait le saut, selon une compilation effectuée par College Hockey Insider. Cela dit, la vaste majorité de ces transfuges avaient fini leur stage junior et auraient de toute manière poursuivi leur carrière sous d’autres cieux.

Le changement de réglementation a également incité de nombreux joueurs américains à préférer l’une des trois ligues juniors canadiennes – LHJMQ, OHL ou WHL – à l’USHL, étant donné qu’ils ne perdraient pas leur admissibilité dans la NCAA s’ils traversaient la frontière.

Certains hockeyeurs ont ainsi profité de la tribune offerte par les plus grandes organisations de la LCH pour attirer l’attention avant le prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey et c’est précisément l’exploit qu’a accompli le défenseur Tommy Bleyl cette saison.

D’abord répertorié comme un espoir de catégorie « C » (de 4e ou 5e ronde, NDLR), Bleyl est maintenant considéré comme le 17e meilleur espoir chez les patineurs nord-américains, après avoir inscrit 13 buts et récolté 68 passes en 63 matchs avec les Wildcats de Moncton.

« Il y a une longue liste de raisons qui expliquent pourquoi [la Ligue canadienne] est un endroit idéal pour progresser, a mentionné Bleyl au sujet de sa décision de se joindre aux Wildcats, début juin, en marge de la Séance d’évaluation des espoirs organisée à Buffalo. C’est une ligue de haut niveau. On y affronte des joueurs de haut niveau. J’ai adoré y jouer.

« Je n’ai pas été surpris outre mesure par les succès que j’ai connus, car j’avais de grandes ambitions cette saison. Cela dit, je les ai largement dépassées. C’était donc peut-être un peu inattendu, mais avec de tels coéquipiers et entraîneurs, tout était vraiment possible. »

Reste que rien n’était gagné d’avance pour Bleyl, qui avait passé la majeure partie de la campagne précédente dans une école préparatoire. Plusieurs observateurs s’attendaient ainsi à ce que la marche soit trop haute, mais cela n’a pas du tout été le cas. Au contraire.

Il a été tellement dominant qu’il a remporté le trophée Émile-Bouchard, remis au défenseur de l’année – et le trophée Sidney-Crosby – remis à la recrue de l’année – devenant le premier joueur depuis Dmitry Kulikov en 2008-2009 à décrocher les deux honneurs la même année.

« Un des meilleurs patineurs de cette cuvée. Extrêmement agile sur ses lames, il sait se dégager de la pression et remonter la rondelle pour son équipe, a analysé un dépisteur d’un club de la LNH interrogé par Elite Prospects. Il est doté d’un arsenal très impressionnant. »

« À mes yeux, Bleyl est un peu plus constant d’une présence à l’autre sur la patinoire, mais il n’a évidemment pas la même dynamique en zone neutre et possiblement la même volonté de toujours se projeter vers l’avant que [Xavier] Villeneuve », a relativisé un autre dépisteur.

Celui que plusieurs intervenants du milieu comparent à Jamie Drysdale ou encore Samuel Girard se perçoit davantage comme un Mike Matheson et Bleyl aspire résolument à devenir un défenseur à l’image du vétéran des Canadiens de Montréal au paroxysme de sa carrière.

« C’est un joueur que j’observe depuis très longtemps, a dit Bleyl au sujet de Matheson. Il est excellent dans les deux sens du jeu. Il a un bon jeu de jambes et une excellente vision du jeu. Dès que j’atteindrai mon plein potentiel, je pense que je lui ressemblerai beaucoup.

« Je suis un défenseur complet. J’ai un bon jeu de jambes et une bonne intelligence du jeu. En zone défensive, je suis plutôt physique et combatif. Je sais aussi passer la rondelle. »

À 5 pieds 11 pouces et 170 livres, il est évidemment l’un des plus petits arrières admissibles à ce repêchage et c’est pourquoi il entend déjà parfaire ses habiletés avec l’Université d’État du Michigan en 2027-2028, institution où Torey Krug et John-Michael Liles ont été formés.

« Il y a plusieurs choses sur lesquelles je dois travailler, a reconnu Bleyl. Je dois améliorer mon physique, développer mon haut et mon bas du corps, mon explosivité, ce genre de choses… La constance est aussi un autre aspect que je dois regarder très attentivement. »

« Bleyl est un joueur très intéressant, car il a effectué des progrès significatifs cette saison, a avoué un dépisteur de la LNH à Elite Prospects. Bleyl est une valeur plus sûre que Villeneuve, mais le plafond de ce dernier est beaucoup plus élevé. Cela dit, Bleyl n’est pas un joueur parfait. Il doit peaufiner son jeu défensif, mais son coup de patin est formidable. »

Chose certaine, Bleyl n’a jamais douté de sa capacité à relever les défis, comme il l’a fait cette saison avec les Wildcats. Mais au-delà de tout ce qu’il peut donner sur la glace, il mentionne à qui veut l’entendre qu’il sera d’abord et avant tout un coéquipier exceptionnel.

« Lorsque les Canadiens m’ont demandé quel genre d’animal je suis sur et à l’extérieur de la patinoire, j’ai répondu un chien, a-t-il raconté. Mais pas un petit chien comme un chihuahua ou un chow-chow! Plutôt un golden retriever, loyal, assez agréable à vivre, social et joyeux. »