MONTRÉAL – La création de la Ligue professionnelle de hockey féminin a permis aux joueuses de la génération actuelle de réaliser un rêve longtemps caressé par celles qui les ont précédées. Elle a aussi permis à plusieurs de ces anciennes joueuses de développer une carrière connexe dans le monde du sport.
Sans le crier sur tous les toits, Kim St-Pierre avait toujours nourri l’ambition de faire un jour partie de l’aventure de la LPHF. « Mais tu sais, des fois, c’est une question de timing. Comme dirait Martin St-Louis, il faut que la bonne chaise s’ouvre! », philosophait l’ancienne gardienne de but mardi, sa deuxième journée dans un nouveau poste qu’elle se pince encore d’avoir décroché.
St-Pierre est la nouvelle directrice principale des opérations commerciales de la Victoire de Montréal. Elle a officiellement succédé au cours des derniers jours à Marie-Christine Boucher, qui a obtenu une promotion au sein des opérations de la ligue après avoir occupé ce rôle pendant les deux dernières années.
La triple médaillée d’or olympique retrouvera chez la Victoire des visages familiers. Danièle Sauvageau, qu’elle considère comme une mentore, l’a dirigée aux Jeux de Salt Lake City en 2002. Caroline Ouellette, qui a été embauchée à temps plein comme entraîneuse-adjoint durant l’été, a été sa coéquipière pendant douze ans au sein de l’équipe nationale.
« J’ai vu l’affichage sur LinkedIn et pendant deux jours, je n’arrêtais pas d’y penser. J’adorais ce que je faisais avant, mais je ne pouvais pas passer à côté de ce poste-là. J’ai rempli le formulaire comme tout le monde. Je ne voulais pas de passe-droit, pour moi c’était important de bien faire les choses. »
Elle estime que le processus a duré entre quatre et six semaines et lui a demandé de se prêter à « quatre ou cinq » entrevues. « Plus tu avances là-dedans, plus tu entres dans le spécifique. Quand tu arrives au niveau de la ligue, ouf! Mais vu que le processus était long, j’ai continué à lire, à m’informer, à poser des questions. Je me bâtissais un peu tout le dossier pour être plus spécifique dans ce que je devais savoir. »
« C’était long, comme un camp d’entraînement. Mais quand j’ai eu la nouvelle à la fin, c’était fabuleux. »
St-Pierre veut déconstruire l’idée qu’elle aurait pu être embauchée simplement en raison de son nom ou de ses connexions. Oui, elle jouit d’une réputation étincelante dans le monde du sport au Québec. Oui, elle est membre du Temple de la renommée du hockey. Oui, elle a des affinités évidentes avec certaines de ses nouvelles collègues. Mais sa feuille de route ne laisse pas de doute sur ses compétences.
Diplômée de l’Université McGill, elle a passé presque six ans dans le secteur du développement des affaires chez Adidas. Plus récemment, elle travaillait pour la Fondation Bon départ de Canadian Tire.
« Souvent, on voit encore les joueurs dans le temps qu’ils jouaient, mais je suis quand même rendue à 46 ans! », lance-t-elle dans un grand éclat de rire.
« C’est sûr que [mon] parcours dans le hockey, c’est tout un atout. Savoir exactement ce qui se passe dans la tête des joueuses, dans la tête des coaches, dans la tête de Danièle, ça aide beaucoup le côté business selon moi. Ce que j’ai appris dans mes deux postes précédents, c’est le développement des relations, travailler avec les partenaires, faire des activations, assurer une présence dans la communauté. Ce sont toutes des choses sur lesquelles j’ai travaillé dans les dix dernières années. Et là en plus c’est relié au hockey, donc c’est encore plus facile pour moi. »
Des opportunités de croissance
Depuis qu’il a été levé de terre, le projet d’une équipe professionnelle féminine à Montréal est un franc succès. Le club a été capable de mobiliser une base de partisans imposante et fidèle pour réussir sa transition vers la Place Bell de Laval, les couleurs de l’équipe sont visibles partout en ville et la couverture médiatique dont elle profite est considérée comme la meilleure de la ligue.
Mais tout en louant le travail de ses collègues qui ont construit l’avion en plein vol, pour reprendre une image souvent utilisée dans les communications de la ligue, St-Pierre voit des opportunités de croissance claires.
« C’est sûr qu’on veut continuer le développement au niveau corporatif. On veut plus d’ententes avec les corporations et développer vraiment le marché local. Oui, on appartient à la ligue, mais on peut avoir nos partenariats à Montréal. Pour moi, c’est super important de faire connaître la Victoire au niveau corporatif, d’amener les groupes à avoir des ententes avec la Victoire, inciter les employés à venir voir les matchs. Je pense qu’une fois qu’on entre dans le building, on est conquis. »
St-Pierre se donne aussi comme mission d’augmenter l’achalandage aux matchs locaux programmés en semaine. L’an dernier, les quatre matchs présentés en fin de semaine à la Place Bell ont attiré des foules moyennes de 10 137 spectateurs. Pour les neuf parties présentées du lundi au jeudi, le chiffre baisse à 7589.
« Après, les partisans sont au cœur de tout, enchaîne-t-elle. Pour nous, c’est de continuer à développer les produits à notre effigie et développer la journée des matchs pour que l’expérience à l’aréna soit incroyable pour nos fans. On sait qu’on a des partisans de tous les âges, de tous les milieux. On veut être inclusifs avec les nouveaux arrivants. On sait que le Canadien prend beaucoup de place, mais on veut prendre la nôtre. On offre quelque chose de différent. On veut développement le niveau partisans dans les communautés, amener les joueuses dans les communautés, se faire découvrir. C’est important de faire connaître les joueuses de l’équipe. »
St-Pierre les connaît très bien, ces joueuses. Elle a suivi avec beaucoup d’attention l’évolution de la LPHF depuis sa création et sa connaissance des subtilités du jeu en feront toujours une observatrice plus avertie que la moyenne. Pourrait-elle se laisser tenter d’aller mettre son grain de sel du côté des opérations hockey? De quoi sera-t-il question lorsqu’elle s’assoira avec Danièle Sauvageau pour prendre un café dans les gradins de l’Auditorium de Verdun pendant un entraînement matinal? La question la fait sourire.
« C’est important de chacun avoir ses priorités et son département, mais je pense que ça prend une collaboration aussi. Je ne vais pas me mêler de leurs affaires et eux ne vont pas se mêler de ce qu’on fait, lâche-t-elle en s’esclaffant, mais ça prend une chimie. Je ne serai pas impliquée dans les décisions, mais des fois c’est le fun d’avoir l’opinion du côté business. Et je vais aller voir Danièle pour lui demander : “Ça, penses-tu que c’est une bonne idée?” »
« Je pense que ça va être vraiment dynamique entre nos deux départements. C’est important de faire la distinction entre les deux côtés, mais j’ai quand même une opinion, je sais ce qui se passe et puis j’ai hâte aussi d’apprendre tout ce côté-là. Je pense qu’on va faire un beau duo, Danièle et moi. »

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