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La Victoire peut-elle rester « parfaite » face au Frost?

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MONTRÉAL — Ç’a été dit depuis lundi; la Victoire de Montréal a connu une saison presque parfaite face au Frost du Minnesota, avec quatre victoires en autant de parties et une récolte de 10 points au classement sur une possibilité de 12. Toutefois, il existe un cliché, incontournable dans le sport professionnel : la saison et les séries éliminatoires représentent deux univers bien distincts.

L’entraîneuse-chef Kori Cheverie n’a probablement pas oublié le fait que ses joueuses n’ont concédé que trois buts au Frost cette saison, dont aucun lors des deux derniers duels. L’avantage numérique du Frost – le meilleur dans la LPHF – a également été blanchi lors de ses huit occasions contre la Victoire.

Mais Cheverie sait aussi que le Frost a dominé la Ligue professionnelle de hockey féminin en 2025-2026 avec 91 buts, et que la formation du Minnesota compte sur les trois meilleures marqueuses du circuit en Kelly Pannek (16-17-33), Taylor Heise (13-17-30) et Britta Curl-Salemme (11-18-29), et deux autres dans le top-8, dont Kendall Coyne Schofield, qui a trouvé le moyen de récolter 23 points en autant de matchs.

Cheverie en avait parlé en début de semaine, et elle l’a répété vendredi; elle s’attend à du jeu très serré où, de part et d’autre, il sera très important d’empêcher le club adverse d’obtenir des chances de marquer de qualité.

« Il faudra être attentives aux tendances de Heise, à ses percées vers le milieu (de la patinoire), à la vitesse de Coyne Schofield, au talent de Pannek près du filet et au jeu robuste de Curl-Salemme », a décrit Cheverie après la séance d’entraînement de la Victoire, sa troisième en quatre jours cette semaine sur la glace de l’Auditorium de Verdun.

« Nous devons nous représenter de la manière la plus réaliste possible l’équipe du Minnesota à laquelle nous allons faire face, a ajouté Cheverie. Et je pense que nous avons très bien réussi à anticiper l’équipe offensive que (le Frost) représente, tout en sachant que notre sens de la défense doit s’exprimer et qu’il faudra jouer un match très serré contre ce type d’attaque. »

À un peu plus de 24 heures, vendredi midi, du premier match de la série, Cheverie donnait l’impression qu’elle n’en pouvait plus d’attendre la première mise en jeu au centre de la patinoire de la Place Bell, prévue pour environ 14h. Surtout qu’elle semble avoir aimé le niveau d’énergie déployé par ses joueuses tout au long de la semaine.

« On doit donner le meilleur de nous-mêmes à l’approche du match, et j’ai trouvé qu’aujourd’hui, on a connu notre meilleur entraînement de la semaine. C’est exactement là où on veut être », a affirmé Cheverie.

« Ces deux dernières semaines, on a joué beaucoup de matchs importants pour nous. L’équipe adverse avait aussi des matchs importants », a ajouté Cheverie lorsqu’elle a été invitée à préciser son évaluation de cette semaine d’entraînement.

« Mais quand on sait que les séries éliminatoires approchent, c’est normal, naturel de vouloir y arriver. Et je pense que les joueuses se disent: ‘OK, ça y est, c’est enfin là. On le savait depuis longtemps, et maintenant c’est enfin là’. C’est comme la veille de Noël. »

Le fameux passé

Aborder le sujet des séries éliminatoires dans l’entourage de la Victoire, c’est aussi revenir sur de douloureux dénouements en demi-finale contre Boston il y a deux ans et l’an dernier face à la Charge d’Ottawa.

« Les joueurs de hockey disent souvent qu’il faut apprendre à perdre et que la défaite nous apprend à gagner », a fait remarquer la défenseuse Erin Ambrose.

« Et c’est en quelque sorte l’espoir qu’il faut avoir, l’état d’esprit qu’il faut adopter. Oui, ces deux dernières années ne se sont pas déroulées comme nous le voulions, mais ce sont les deux dernières années et elles appartiennent au passé. Donc, le point positif de ces deux dernières années, c’est qu’on a pu en tirer des leçons. Que ce soit de réaliser à quel point ça fait mal de perdre ces matchs, ou simplement d’apprendre à gérer les matchs des séries éliminatoires et à quel point c’est différent », a ajouté Ambrose.

Au-delà de l’apprentissage qui vient avec les défaites du passé, Cheverie estime que la mission de la Victoire était de faire grandir l’équipe au fur et à mesure que la saison avançait.

« C’est quelque chose dont nous sommes vraiment fiers cette année: nous nous sommes développées de l’intérieur, avec nos joueuses repêchées et nos jeunes joueuses qui ont joué dans toutes sortes de situations », a mentionné Cheverie.

« Nous avons disputé des matchs où nous avons eu l’occasion d’utiliser des joueuses à différents moments, que ce soit à cinq contre six, à six contre cinq, ou en prolongation, a-t-elle renchéri. Nous avons eu ces moments avec peut-être un peu de marge de manœuvre, ce qui nous a permis de faire jouer différentes joueuses dans différentes situations. Je suis vraiment fière de notre développement interne cette année. »