ST. PAUL – En demi-finale, la prudence est de mise dans les déclarations. Mais Équipe Canada junior ne veut rien savoir de perdre de nouveau contre la Tchéquie. « C’est la fierté canadienne que tu ne veux jamais perdre ».
Caleb Desnoyers a bien résumé la pensée de ses coéquipiers. Lors des deux dernières années, la Tchéquie a anéanti les espoirs canadiens de médaille d’or en quarts de finale.
Cette fois, le choc aura lieu au carré d’as, mais la réplique demeure essentielle.
« Évidemment, la rivalité est grande. On doit l’utiliser comme motivation. Jusqu’ici, on a joué de manière intelligente sans s’éloigner de notre identité canadienne avec le jeu physique », a indiqué l’attaquant Cole Beaudoin.
« Les émotions grimpent dans les grands matchs, mais il faut bien les utiliser. La Tchéquie déploie un style intense et la structure de leur équipe est bonne », a exposé le capitaine Porter Martone.
Desnoyers se fie sur le bagage de sa troupe pour éviter le piège de s’emporter.
« Avec l’expérience que tu acquiers, tu parviens à rester calme dans les grands moments. Oui, tu ressens de l’excitation, mais ça prend de la résilience tout au long du match », a-t-il souligné.
D’ailleurs, pour éviter d’attiser les tensions, Hockey Canada a refusé de rendre disponible Zayne Parekh aux médias. Plus tôt cette semaine, Parekh avait déclaré qu’il aimait afficher sa personnalité, pas comme les robots de la LNH.
Avec les déconfitures des deux éditions précédentes, ÉCJ s’était donnée comme mission de progresser de jour en jour et de match en match. Cette année, la recette semble mieux exécutée.
« On est vraiment prêts et on veut grandir avec l’expérience de chaque match. On apprend de nos erreurs », a noté Desnoyers.
Depuis le début du tournoi, les foules ont été décevantes pour les matchs qui n’impliquaient pas les États-Unis. Il sera intéressant d’observer si l’élimination des Américains provoquera une revente de billets incitant des Canadiens à venir en plus grand nombre pour appuyer leurs favoris.
En tant que capitaine, Martone a rappelé que sa troupe se motive avant tout par les millions de Canadiens regardant les matchs à RDS et TSN.
« Je crois qu’on peut les battre »
Ce que l’on comprend, en discutant avec les joueurs tchèques, c’est que l’aura d’invincibilité qui accompagnait le Canada jadis s’est évaporée.
Bien sûr, c’est attribuable aux deux éliminations canadiennes provoquées par la Tchéquie en 2024 et 2025.
« Je l’ai déjà dit, ce sont des équipes différentes cette année. Mais, évidemment, c’est bénéfique de savoir qu’on peut les battre. C’est un gros match, il y a aura des étincelles surtout en début de rencontre », a noté l’entraîneur de la Tchéquie, Patrik Augusta.
« Ce sera un match difficile, c’est excitant. La rivalité est plutôt grosse, on a déjà été en mesure de les battre et ils viennent de le faire (en phase préliminaire) », a commenté Petr Sikora, le capitaine tchèque.
« Le Canada est une très bonne équipe. Maintenant, on sait à quoi s’attendre d’eux et vice-versa. Je crois qu’on peut les battre », a soutenu Vojtech Cihar, un attaquant repêché par les Kings en deuxième ronde en 2025, qui connaît un excellent tournoi.
Même si ÉCJ n’a pas mérité l’or depuis le tournoi 2023, elle se déplace encore avec une cible dans le dos.
« Tout le monde est un rival du Canada et c’est toujours le plus gros match pour tous les pays », a convenu Augusta qui a joué quatre matchs dans la LNH dans les années 1990.
Pour tenir le coup contre le Canada cette fois, la Tchéquie a l’intention de mieux se débrouiller défensivement. La Slovaquie espérait la même chose, mais elle a été vaincue par le Canada 7-1 en quarts de finale.
« Notre équipe est composée de plusieurs joueurs talentueux, mais on a joué comme une équipe. On se donnerait une chance en jouant ainsi », a déclaré Augusta.
La Tchéquie a embêté le Canada au fil des dernières années car elle emploie un style ressemblant à celui d’ÉCJ. Mais surtout, car 16 de ses joueurs évoluent pour dans le hockey junior canadien.
« Ça les aide au niveau de la confiance. Ce n’est pas comme s’ils étaient confrontés à eux pour la première fois », a conclu Augusta.
On termine en vous invitant à observer le défenseur Tomas Galvas durant cet affrontement. La Tchéquie s’explique mal comment il a pu être ignoré deux ans de suite au repêchage. Ce serait difficile de contredire cette affirmation alors qu’il excelle avec huit points malgré son petit gabarit de cinq pieds dix pouces.






